27 janvier 2012

LE DOUBLE LANGAGE DU PREMIER MINISTRE ITALIEN

III Regard sur L'EUROPE

La presse européenne se fait l'écho depuis plusieurs jours de la volonté de Monsieur Mario Monti, Président du Conseil italien depuis le 13 novembre 2011, de lutter contre la fraude fiscale dans son pays qui ferait perdre plus de 300 milliards d'euros chaque année au Trésor Public de la Péninsule.  

Les exemples de contribuables indélicats avec le fisc italien s'étalent dans les colonnes des journaux à grand renfort de publicité, ce qui a pour effet pervers de souligner les louables intentions de Marion Monti en la matière, présenté par comparaison, à un chevalier blanc. Les cas mentionnés ne peuvent qu'indigner les honnêtes gens, même si une impression de malaise peut donner le vertige au lecteur en lui faisant prendre conscience à quel point la fraude est un sport national dans ce pays chargé d'Histoire. 

Mais si l'ampleur du pillage organisé de ce pays par un trop grand nombre de ses citoyens est loin d'être minimisé par les journalistes, c'est oublier un peu vite que Monsieur Mario Monti lui-même fait partie de la sulfureuse banque d'affaires new-yorkaise Goldman Sachs, en sa qualité de membre de l'International Advisory Board, ce que la presse se garde bien de rappeler à chaque article.

Pourquoi ? Parce que la banque Goldman Sachs a été poursuivie en avril 2010 par le gendarme de la Bourse américaine, la Securities and Exchange Commission (SEC), pour une fraude liée aux subprimes, les crédits immobiliers à risque jugés en partie responsable de la crise financière. La banque Goldman Sachs n'a pas hésité à faire des déclarations trompeuses et à dissimuler des faits essentiels sur certains produits financiers liés aux prêts subprimes (?). Goldman Sachs a également spéculé au cours de l'été 2011 sur la crise financière qui secoue actuellement l'Europe, entraînant de très graves dommages financiers en Grèce et dans la zone euro. 

Il va être très difficile à Mario Monti de faire respecter la loi dans son pays alors qu'il appartient à une banque qui s'affranchit de toutes les règles, qui se moque des frontières des Etats, qui joue avec les paradis-fiscaux, qui adopte une attitude criminelle en spéculant sur la dette des Etats, bref, qui a délibérément volé par des moyens détournés depuis qu'elle existe, bien plus que les 300 milliards d'euros que perd chaque année le Trésor Public italien.

26 janvier 2012

PLAN NATIONAL VELO

I Regard sur LA PLANETE ET SON ENVIRONNEMENT ECOLOGIQUE

Le ministre des Transports, Thierry Mariani, a présenté aujourd'hui une série de mesures pour favoriser l'usage du vélo dans le cadre du "Plan National Vélo".  Lancé le 13 juillet 2011 sous son impulsion, un groupe de travail présidé par le Député Philippe Goujon (UMP) a réuni a plusieurs reprises des élus, des associations d'usagers, des constructeurs et des représentants des ministères concernés. Objectif : proposer à l'Etat un Plan national vélo pour les politiques publiques nationales afin d'inciter les Français à utiliser davantage le vélo. Je trouve cette initiative très intéressante, même si je regrette l'absence de certains associations de cyclistes qui ont décliné l'invitation à venir participer à ces travaux pour des raisons incompréhensibles à mes yeux. 

En France, 3% des Français font du vélo : 8% dans la communauté urbaine de Strasbourg; 2% à 3% pour les villes de Paris, Lyon et Lille; 5% à 6% à Grenoble et à Nantes; 8% au coeur de Bordeaux. Plus de 40% des Français pratiquent le vélo, 22 millions le pratiquent pour les loisirs et le tourisme. Plus de 3,1 à 3,2 millions de vélos sont vendus chaque année. Le chiffre d'affaires de l'ensemble des acteurs économiques liés au vélo est de 4,5 milliards d'euros pour 35 000 emplois. En Europe, la pratique moyenne du vélo aux Pays-Bas est de 27%; au Danemark 18%; 10% à 20% dans de nombreuses villes allemandes, suisses, flamandes (Belgique), scandinaves.

Le Plan National Vélo vise à aplanir les disparités territoriales criantes. La ville de Lorient fait figure de pionnière, avec 96% des voies aménagées pour les cycles. A Strasbourg, avec 35% des voies aménagées, plus de 9% des déplacements s'effectuent en vélo. A Bordeaux et Lyon, l'utilisation du vélo représente 6% des déplacements, contre 5% à Paris. Les déplacements à vélo sont loin d'être inintéressants pour la santé et le porte monnaie. Le prix d'un vélo neuf côute en moyenne 200 euros. Le coût d'une voiture s'élèverait en moyenne à 3 700 euros d'après le bureau d'études au service des politiques alternatives, et à 5 744 euros selon l'Automobile Club Association.

Les mesures proposées sont

Développement des aménagement et infrastructures

·        garages à vélo obligatoires dans les constructions neuves (d’une surface minimale de 1,5 m² par appartement pour un T3 et +)

·        développement du réseau des véloroutes et voies vertes : accroissement de 50% de la contribution de l’Etat (+ 1,5 millions d’euros)

Incitation à l’usage quotidien du vélo

·        évaluation d’une indemnité kilométrique pour les déplacements domicile-travail comparable à celle dont bénéficient les automobilistes

·        clarification du cumul de prise en charge de l’abonnement au transport collectif et
de celui au vélo en libre service

·        développement de l’intermodalité entre vélo et transports collectifs

Amélioration de la sécurité

·        mise en oeuvre du « tourne-à-droite » qui autorise les cyclistes à ne pas marquer l’arrêt au feu rouge, dès lors qu’ils respectent la priorité accordée aux autres usagers

·        encouragement de l’apprentissage du vélo (vélo-écoles notamment)

·        marquage des vélos pour lutter contre le vol et le recel : partenariat entre l’Etat et
le système de marquage Bicycode de la Fédération française des Usagers de la Bicyclette
(FUB)

Exemplarité de l’Etat

·        mise en place de relais vélos dans les directions départementales des territoires (DDT) et dans les Directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL)

Une meilleure perception de l’image du vélo par les Français

·        mise en place d’un programme de communication national

·        pérennisation des Rencontres nationales du vélo, tous les deux ans

Pour mieux garantir la réussite de l’ensemble de ces actions, les crédits mis à la disposition du Coordonnateur Interministériel pour le développement de l’usage du vélo seront augmentés.

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Plan_nat...

25 janvier 2012

DROIT DE GRÈVE REMODELÉ DANS LE SECTEUR AERIEN

I Regard sur LA FRANCE

Il était temps ! Cette nuit, la proposition de loi déposée par Eric Diard (UMP), membre de la Droite populaire, qui encadre les conflits sociaux dans le secteur du transport aérien, a enfin été votée. Le Sénat sera à son tour chargé de l'examen de ce texte le 15 février 2012.

Si cette loi devait être définitivement adoptée, il sera obligatoire pour les salariés, sous peine de sanction, de faire une déclaration individuelle de participation à une grève 48 heures avant son déroulement, et pour les employeurs, de faire des prévisions de trafic au plus tard 24 heures avant la perturbation annoncée. Les salariés renonçant à participer à une grève ou décidant de reprendre leur service devront également, sous peine de sanctions disciplinaires, en informer eux aussi leur employeur, au plus tard 24 heures avant leur participation ou reprise prévue.

Outre le secteur aérien, cette obligation d'informer l'employeur d'un changement d'avis s'appliquera aussi aux transports terrestres. Le ministre du Travail a par exemple expliqué que dans les transports terrestres, certains salariés avaient "trouvé le moyen de contourner la loi de 2007 en se déclarant grévistes puis en changeant d'avis dans le but de désorganiser le service". Il ne sera donc plus possible de parler improprement de loi sur le "service minimum" dans la mesure ou cette proposition de loi ne prévoit pas de réquisition. La loi de 2007 n'y faisait pas non plus référence.

Il était inacceptable d'être pris en otage à l'aéroport ou dans les gares par des grévistes fanatisés qui ne défendent le droit de grève que lorsqu'il touche leurs seuls intérêts. Il ne s'agit pas d'une mise à mort du droit grève comme tentent de le faire croire certains syndicats qui n'ont pas peur du ridicule. Mais à force d'être de plus en plus tyrannique à l'égard des usagers des transports publics, le droit de grève doit être encadré dans les mêmes proportions.