06 août 2008

PASCAL LAMY

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation

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(III Regard sur la Mondialisation)

14. Pascal Lamy

Pascal Lamy est le 8 avril 1947 à Levallois-Perret. Il est le fils de Jacques Lamy et Denise Dujardin, Pharmaciens.

Carrière professionnelle :

- Inspecteur des Finances à sa sortie de l'ENA (1975),

- Chargé de Mission à la Direction du Trésor (1979),

- Adjoint au Secrétaire général puis Secrétaire général du Comité Interministériel pour l'Aménagement des Structures Industrielles (CIASI) à la Direction du Trésor (1979-1981),

- Mai 1981 : Conseil technique (1981-1982), puis Directeur adjoint (Juin 1982) du Cabinet du Ministre de l'Economie et des Finances (Jacques Delors),

- Avril 1983 - Juillet 1984 : Directeur adjoint du Cabinet du Premier Ministre (Pierre Mauroy),

- Janvier 1985 - Avril 1994 : Directeur de Cabinet et sherpa au G7 du Président de la Commission des Communautés Européennes (Jacques Delors),

- 1994 : Membre de l'équipe chargée du redressement du Crédit Lyonnais (1999 : devient Directeur général),

- Commissaire Européen, chargé du Commerce International (1999-2004),

Septembre 2005 : Directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (mandat de quatre ans renouvelable une fois).

En 2004, Pascal Lamy a écrit "La démocratie-monde. Pour une autre gouvernance globale" (Le Seuil, Collection "La République des idées") : "Face à la globalisation des enjeux , il faut construire un pouvoir politique efficace et légitime directement à l'échelle mondiale : c'est le choix que je fais".

Interrogé par la magazine Le Point lors de la campagne référendaire 2005, Pascal Lamy déclare :

" (...) Le débat est légitime. Il ressemble à celui que nous avons sur le capitalisme. La question est celle-ci : l'Europe est-elle le meilleur moyen de réguler et de bâtir une social-démocratie ? Pour moi, c'est une évidence. Sur la Constitution, il y a des arguments pour le NON. Seulement, la question est de savoir, c'est OUI ou NON. Même si le texte est imparfait, je raisonne en syndicaliste de l'Europe : il faut adopter ce texte, puis l'améliorer. Je vais me battre pour le OUI afin de ne pas laisser le champ libre aux arguments populistes" (source : propos recueillis par Romain Gubert, Le Point, semaine du jeudi 10 mars 2005, n° 1695, p 30).

Dans Le Point, Romain Aubert écrivait en 2003 au sujet de Pascal Lamy :

" Volontiers froid et cassant, Pascal Lamy, qui se contente souvent d'un morceau de pain pour seul repas, n'est pas un bon orateur. Il déteste les ronds de jambe (...). En permanence à la recherche d'idées nouvelles, Pascal Lamy, dont l'étendue des réseaux surprend même ses plus proches collaborateurs (un anglais, un allemand, mais aussi des français...), n'a pourtant pas que Bruxelles en tête. Deux fois par an, il emmène son cabinet au Boisgeloup, près de Gisors, pour la journée. Histoire de faire un brainstorming champêtre dans cette petite commune de l'Eure ou Picasso a séjourné dans les années 30 et ou vit une partie de la famille Lamy. Mais certains, dans la gouvernement Raffarin, aimeraient savoir ce qui s'est dit dans la maison du Boisgeloup lorsque Robert Zoellick (alors Secrétaire américain au Commerce, il a participé aux négociations qui conduisirent à l'entrée de la Chine et de Taïwan dans l'OMC (www.wto.org) et fut le chef de cabinet de la Maison Blanche  sous le mandat de George Bush père de 1992 à 1993) y a récemment passé quelques heures ..." (source : Romain Aubert, Le Point, semaine du jeudi 15 août 2003, n° 1613).

 Pascal Lamy est surnommé "l'exocet" en raison de sa réputation à ne jamais rater sa cible. Mais le prestige de son parcours professionnel ne lui fut d'aucun secours lors des élections législatives de 1993 à Gisors (Eure), ou il échoua contre le Front national avec moins de 15% des voix.

Marié à Genevière Luchaire, Juriste, Pascal Lamy a trois enfants.

Capitaine de frégate de réserve dans le Corps des Officiers de Marine, il est décoré de la Croix de Grand Officier du Mérite de la République Fédérale Allemande (1991), de l'Ordre de l'Aigle Aztèque (2003) et de l'Ordre du Mérite Chilien (2004). Il a aussi été fait Commandeur de l'Ordre National du Mérite Luxembourgeois ((1995) et Officier de l'Ordre du Mérite Gabonais (2000).

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01 août 2008

L'INSTITUT ASPEN

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12. L'Institut Aspen

En 1949, l'industriel américain Walter Paepcke, fondateur de Container Corporation of America, rêve de faire d'Aspen, une station de ski naissante située dans le Colorado à 2 400 mètres d'altitude, un centre d'intellectuels. Il y organise d'abord un festival de musique classique à l'occasion de la célébration de la naissance du bicentenaire de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832). A cette occasion, il parvient à y amener Albert Schweitzer (1875-1965), lauréat du Prix Goethe en 1928, et le Philosophe espagnol Jose Orteha y Gasset (1883-1955), venus écouter le pianiste polonais Arthur Rubinstein (1887-1982), installés sous une sorte de tente de plus de 2 000 places, créée spécialement par l'Architecte finlandais Eero Saarinen.

Aussitôt après, Walter Paepcke réunit une cinquantaine d'intellectuels et hommes d'affaires et fonde l'Institut Aspen (1950) :

"Mêlant festival culturel, formation aux humanités et réflexion stratégique mondiale, l'Institut Aspen ne veut être ni un think tank, ni un Davos états-uniens, mais un club pour une élite raffinée. Cette prétention intellectuelle et artistique permet aussi d'attirer des dirigeants d'Europe et d'Asie que la vulgarité des nouveaux riches texans rebute" (source : Réseau Voltaire, 2 septembre 2004).

C'est un "forum ou se rassemblent les leaders les plus influents de la planète pour "dialoguer" sur la manière "d'améliorer la condition humaine" (...). Depuis, les savants, politiciens ou penseurs n'ont cessé de fréquenter le très beau campus dessiné par l'Architecte allemand Herbert Bayer dans le style du Bauhaus. Au fil des ans, l'institut a multiplié les programmes avec un festival des idées et des séminaires de développement personnel pour patrons, ou l'on étudie les philosophes, d'Aristotes à Vaclav Havel. Il a aussi ouvert un centre à Washington et des filiales dans le monde, dont en France, à Lyon" (source : Hélène Vissière, Le Point, semaine du 12 mai 2005, n°1704, p 88).

Ainsi est né The Aspen Institut (www.aspeninstitute.org). Depuis, l'Institut Aspen a marqué et enrichi la réflexion de plusieurs générations de dirigeants et a exercé son influence dans les grands débats internationaux.

The Aspen Institut a un double objectif :

- Aider les décideurs issus du monde économique, politique, universitaire, associatif, syndical et des médias à mieux identifier les défis qu'ils ont à relever en recherchant ensemble les solutions aux problèmes contemporain.

- Favoriser dans un cadre informel la rencontre entre dirigeants appartenant à des univers géographiques, culturels et professionnels différents.

L'Institut Aspen France est créé en 1983 par Olivier Mellerio. En 1994, sous l'impulsion de Raymond Barre qui préside le Conseil d'orientation, le siège de l'Institut Aspen France est établi à Lyon dans le cadre d'un partenariat avec les collectivités territoriales en Rhône-Alpes.

L'Institut Aspen France est affilié à The Aspen Institut dont le siège est à Washington D.C. Il s'inscrit au sein du réseau international avec les autres Instituts Aspen basés : à Berlin depuis 1974 (avec l'aide de Shepard Stone, ancien Haut-Commissaire des Etats-Unis en Allemagne, ancien responsable de la Fondation Ford et officier de la CIA), en Italie (Milan, Rome) depuis 1984, au Japon (Tokyo), en Inde (New Delhi) depuis 2004, en Roumanie (Bucarest).

Les membres de l'Institut Aspen France se rencontrent autour de la "table d'Aspen".

"Chaque programme de l'Institut Aspen France fait l'objet d'un long travail de préparation dans le cadre de comités de pilotages restreints animés par des membres du conseil, auxquels se joignent des intervenants extérieurs faisant autorité dans le domaine concerné. Le fonctionnement permanent de la structure s'opère dans le cadre d'un partenariat avec les collectivités de l'agglomération lyonnaise et de la région Rhône-Alpes, qui favorise leur rayonnement international.

Les programmes de l'Institut Aspen France (conférences internationales, séminaires, rencontres régionales...) font l'objet de financement accordés par de grandes organisations internationales, des fondations et le monde de l'entreprise. Les conférences de l'Institut Aspen France ne sont pas publiques. Les débats se tiennent sans autre public que des observateurs (ou auditeurs) invités de l'Institut Aspen : ceux-ci assistent aux débats sans toutefois y participer. L'Institut Aspen veille au respect de la confidentialité et de la spontanéité des propos échangés librement autour de la table.

En conséquence, les journalistes invités à assister aux travaux s'engagent à respecter la confidentialité des propos de chacun. Ils se sont autorisés à reproduire les débats et surtout à ne citer l'auteur d'une intervention qu'avec l'accord de celui-ci et l'autorisation de l'Institut Aspen. Les journalistes peuvent en revanche réaliser des interviews individuelles auprès des participants en dehors de l'enceinte des débats" (source : Institut Aspen France, www.aspenfrance.org).

Michel Pébereau (ex-Président de BNP Paribas) a été élu Président du Conseil d'orientation de l'Institut Aspen France par les membres du Conseil d'administration de l'Institut, à l'Assemblée générale qui s'est tenue le 19 novembre 2004 à Paris. Raymond Barre en avait été le Président d'honneur jusqu'à son décès en août 2007.

Pour le Réseau Voltaire : " (...) En 1978, l'Institut Aspen se vit offrir par de généreux mécènes le splendide domaine de Wye River (Maryland) qui lui sert désormais de siège. (...) Le domaine de Wye River devient un haut lieu de la politique internationale. En 1990, c'est là que George W Bush (père) et Lady Thatcher discutent du Nouvel Ordre Mondial avant que le Président ne prononce son discours sur le sujet au Congrès. En 1991, il abrite la réunion préparatoire du Sommet Mondial de Rio sur l'Environnement.

En 1998, le Président Bill Clinton y reçoit Yasser Arafat, Benjamain Netanyahu et le Roi Hussein de Jordanie pour négocier et signer l'accord de paix dit de "Wye River". C'est encore dans le domaine, qu'en 2000, le petit Elian Gonzalez trouve refuge alors que Washington et la Havanne se disputent sur son sort. (...) Aujourd'hui l'Institut Aspen est dirigé par Walter Issacson, ancien directeur de CNN, puis de Time Magazine. Des personnalités prestigieuses de la politique ou de "l'industrie culturelle " siègent au Conseil d'administration : le Prince Saoudien Bandar bin Sultan, l'ancienne Secrétaire d'Etat Madeleine K. Albright, Michael Eisner (Disney), le Secrétaire général adjoint de l'ONU, Olara A. Otunu, ou Jack Valenti, le patron du syndicat d'Hollywood. Le groupe de stratégie de l'Institut Aspen est co-présidé par l'ancien Conseiller de la Sécurité Nationale Brent Scowcroft et par le professeur Joseph S. Nye, doyen de l'école de gouvernement Harvard.

Le groupe est devenu un club secret sélect pour l'élite washingtonienne qui se targue d'humanisme et de culture. Le Secrétaire de l'Institut Aspen a longtemps été Philip D. Zelikow, qui était alors un intime de Condoleeza Rice. Elle l'a fait nommer depuis Secrétaire de la commission présidentielle sur le 11 septembre 2001" (source : Réseau Voltaire, 2 septembre 2004).

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25 juillet 2008

LE GROUPE CARLYLE

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10. Le Groupe Carlyle

Le Groupe Carlyle est un société mondiale de financement par capitaux propres domiciliée à Washington DC. Son nom s'inspire du Carlyle Hôtel de New York ou se déroulent la plupart des réunions du Groupe Carlyle. Ce fonds d'investissement américain est principalement présent dans les secteurs sensibles : industrie d'armement, télécommunications, hautes technologies, industrie pharmaceutique, presse et papeterie...

Depuis janvier 2003, Louis Gerstner l'ancien patron d'IBM est chargé de diriger le Groupe Carlyle en remplacement de Franck Carlucci.

Ce dernier n'est pas un inconnu : ancien Secrétaire d'Etat à la Défense sous Ronald Reagan entre 1987 et 1989 et ancien patron de la Central Intelligence Agency (CIA), son nom apparaît dans différents scandales de premier plan dont celui de la Bank of Crédits and Commerce International (BCCI), dans lequel 12 milliards de dollars se sont évaporés.

"Créée en 1987, le Groupe Carlyle commence à se développer massivement en 1989, après la nomination à sa tête d'un certain Franck Carlucci. Après avoir dirigé la CIA de 1977 à 1981, Franck Carlucci est nommé Directeur de la société Wackenhut, "une société de sécurité, communément décrite comme un paravent de la CIA, proche de l'extrême droite". D'après Pascal Dallecoste (Chercheur associé au laboratoire de recherche de l'Ecole de Guerre Economique), la société Wackenhut est spécialisée, entre autres, dans la sécurité des Ambassades et des Centrales Nucléaires américaines, ainsi que dans "la mise au point de centres de recherche quasi-clandestins sur les armes biologiques et chimiques". "La société Wackenhut fut également impliquée dans l'un des plus grands scandales d'espionnage industriel et technologique, l'affaire Promis: un logiciel commercialisé dans le monde entier auprès d'un grand nombre de forces de l'ordre, sociétés privées et services de renseignements, au profit du Pentagone, qui avait préalablement installé une "porte dérobée", de sorte de pouvoir accéder aux données soi-disant "sécurisées".

Conseiller pour la Sécurité Nationale de Ronald Reagan, Franck Carlucci est nommé en 1987 Secrétaire d'Etat à la Défense. Il en profite pour réformer les procédures d'appel d'offre de la Défense américaine. Fort de ses relations dans les milieux du Renseignements, de la Police et de l'Armée, il passe, en 1989 à la tête de Carlyle Group, qui réalisera dès lors l'essentiel de son chiffre d'affaires dans l'industrie militaire. Le grand mouvement de privatisation de la Sécurité Nationale se met alors en marche" explique Pascal Dallecoste. "Au milieu des années 90, le Carlyle Group participe de manière très active à la reconstruction du complexe militaro-industriel américain", au point que d'aucuns la surnomme la "CIA des affaires" (source : www.infoguerre.com, d'après le travail de Pascal Dallecoste, Chercheur associé au Laboratoire de recherche de l'Ecole de Guerre Economique).

Les liens noués par le Groupe Carlyle avec les dirigeants politiques et le milieu des affaires internationales sont particulièrement étroits. Avec par exemple en 2002, 13 milliards de dollars d'actifs en gestion et 16 milliards de dollars de revenus annuels (70 000 salariés), le Groupe Carlyle est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'élection présidentielle américaine. D'ou des conflits d'intérêts inévitables avec l'Administration Bush dans la mesure ou ce dernier lui est redevable. On trouve dans le Groupe Carlyle des Conseillers permanents ou occasionnels très influents (liste non exhaustive) :

- George BUSH père (ancien Président des Etats-Unis),

- Otto POHL (ancien Président de la Bundesbank),

- John MAJOR (ancien Premier Ministre de Grande-Bretagne),

- Arthur LEVITT (ancien Président de la Security Exchange Commission),

- James BAKER (ancien Secrétaire d'Etat de Georges Bush père),

- Karl Fidel RAMOS (ancien Président des Philippines),

- Park TAE-JOON (ancien Premier Ministre de la Corée du Sud),

- Anan PANYARACHUM (ancien Premier Ministre de Thaïlande),

- Alice ALBRIGHT (fille de Madeleine Albright, Secrétaire d'Etat de Bill Clinton),

- Frederic V. MALEK (ancien chef du personnel du Président Nixon, www.fredmalekblog.com),

- George SOROS (financier),

-Henri MARTRE (transfuge de Matra Aérospatiale),

- Mikhaïl KHODORKOVSKY (oligarche russe), 

- Afsaneh Mashayekhi BESHLOSS (ancienne trésorière en charge des investissements de la Banque Mondiale),

(source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002)

Co-patron de FIG Investment Banking, une division de la banque UBS à New York, Pierre-Olivier Sarkozy, le demi-frère du Président français, a rejoint en 2008 le Private Equity Carlyle créé en juin 2007 (76 milliards de dollars en gestion). Co-head et Managing director du Global Financial Services Group, le communiqué du Groupe Carlyle daté du 3 mars 2008, dit que Pierre-Olivier Sarkozy a été engagé pour "ses incroyables réseaux et expérience professionnelle, qui aideront Carlyle à capitaliser sur la dislocation du secteur des services financiers".

George Walker Bush, l'actuel Président des Etats-Unis, s'est retrouvé un temps au sein de la société Caterair, une filiale du Groupe Carlyle, spécialisée dans la fourniture de repas aux passagers d'une pléthore de compagnies aériennes américaines, en qualité de membre du Conseil d'administration. Il aurait servi à obtenir les autorisations fédérales en matière de régulation aérienne dont avait besoin Caterair pour se développer. Ses dirigeants étaient à l'époque Stephen Norris et David Rubenstein, ancien assistant en politique intérieure du Président Jimmy Carter (source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002).

Jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 des membres de la famille Ben Laden faisaient partie du Conseil d'Administration du Groupe Carlyle, celui-ci gérant l'essentiel des placements financiers du Saudi Binladen Group, dans lequel figurent douze membres directs de cette famille. "Contrairement à une idée reçue, Oussama Ben Laden n'est pas seulement un sous-traitant de la CIA, employé pour combattre le nationalisme arabe, puis l'URSS, au nom de l'Islam radical. Il a été et sa famille reste, l'un des principaux partenaires financiers de la famille Bush. S'il est exact, comme le prétendent de nombreux officiels américains, que la famille Ben Laden continue à entretenir des relations avec Oussama Biladen Group, il serait nécessairement impliqué dans des délits d'initiés. Georges Bush père serait alors l'un des heureux bénéficiaires des manoeuvres boursières du 11 septembre 2001. (...) En 1990, le Carlyle Group a été mis en cause dans une affaire d'extorsion de fonds. Un lobbyiste du Parti Républicain, Wayne Berman, avait racketté des fonds de retraite américains pour financer les campagnes électorales des Bush, l'un de ces fonds avait accepté de verser 1 million de dollars au Carlyle Group pour obtenir un contrat public dans le Connecticut" (source : Réseau Voltaire, 16 janvier 2001, www.voltaire.org/fr).

Le Groupe Carlyle contrôle plus de 160 sociétés (chiffre à revoir sans cesse à la hausse) réparties dans 55 pays dont la France. Le bureau français du Groupe Carlyle a attiré l'attention en juillet 1999, en prenant le contrôle de 40% de la holding financière du Figaro, via des opérations de conversion d'actions et d'obligations. Est-ce avec l'accord de la famille Dassault, propriétaire via la Socpresse du Figaro ?

"(...) Le Groupe Carlyle a investi dans l'immobilier de bureaux à Boulogne, Ivry, La Défense, Malakoff, Montrouge et Paris, avec une nette préférence pour les immeubles hébergeant des sociétés liées à l'armement" (source : Réseau Voltaire, 9 février 2004).

Jean Botella dans le magazine Capital de Juin 2006, qualifie le phénomène des fonds anglo-saxons de déferlement :

"C'est un déferlement. Les fonds anglo-saxons (Barclays Private Equity; Apax Partners; Texas Pacific Group; Duke Street Capital; Colony Capital) rachètent nos entreprises à tour de bras pour les gérer à la hussarde puis les revendre au plus haut. Aux commandes, des financiers très discrets. (...) Plus d'un millier d'entreprises, la plupart inconnues du grand public, sont ainsi tombées dans leur escarcelle. Le Fonds Carlyle vient même de racheter une trentaine d'anciennes succursales de la Banque de France pour 65 millions d'euros" (source : Jean Botella, Capital, Juin 2006, n°177, p 18-20). 

Les activités liées à l'armement et à la défense ont fait du Groupe Carlyle un des plus importants fournisseurs du Pentagone. Le gouvernement américain représente 80% des ventes de United Defense Industrie, contrôlée par le Groupe Carlyle. A la suite des attentats du septembre 2001 qui résonnent comme une aubaine pour ce Groupe, l'Armée américaine a comandé via le Congrès, un nouveau char Crusader pour 500 millions de dollars, fabriqué précisément par la United Defense Industrie. La famille Ben Laden venait à cette date d'investir 2 millions de dollars dans le fonds de participation Carlyle Partners II Fund, dans lequel figure la...United Defense Industrie.

"Le fonds d'investissement américain Carlyle a annoncé, lundi 9 Juillet 2007, le rachat de l'américain "Sequa", qui fabrique des pièces détachées pour l'aéronautique et l'automobile, pour environ 2,7 milliards de dollars en numéraire. (...) L'opération marque une nouvelle acquisition de Carlyle dans le secteur. C'est l'un des fonds d'investissement qui profite le plus de la fragilité du secteur automobile pour reprendre des pièces détachées. En mars dernier, le fabricant américain de pneumatiques Goodyear, en restructuration, lui a vendu sa division de pièces détachées pour 1,475 milliards de dollars. Et fin juin 2007, General Motors a vendu à Carlyle et au fonds canadien Onex, sa filiale Allison Transmission, l'un des principaux fabricants mondiaux de transmissions automatiques, pour environ 5,6 milliards de dollars" (source : Lemonde.fr avec AFP, 9 Juillet 2007, 19h07).

Le Groupe Carlyle n'est pas cotée en bourse ce qui représente quelques avantages. Hors du circuit boursier, le Groupe Carlyle n'est pas obligé de divulguer à la Security Exchange Commission (la commission américaine chargée de veiller à la régularité des opérations boursières, l'équivalent de la COB en France) le noms des associés, des actionnaires, pas plus que leurs parts respectives. Cela permet aussi de dissimuler les détails d'éventuelles opérations gênantes.

Cette volonté farouche de rester discret pour faire de lucratives affaires a été mise à mal par les révélations de deux Organismes Non Gouvernementaux (ONG) qui épluchent chaque année les textes du Congrès et les documents déclassifiés de la CIA et du FBI : Judicial Watch et Center for Public Integrity (source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002).

Mondialiste par essence, le Groupe Carlyle est étroitement lié au monde politique, ce qui est loin d'être une exception en Amérique, en Europe ou ailleurs, en aidant des hommes politiques à se faire élire, en finançant leurs travaux ou en les aidant à étoffer leur réseau.

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