27 novembre 2007

UNION POUR LA MEDITERRANEENNE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée.

Quel est votre avis sur la note "Union Méditerranéenne" ? par Pascal Jean Gimenez, mardi 27 novembre 2007.

Je serais heureux que certains d'entre vous trouvent le temps de lire cette note et je serais intéressé de connaître vos commentaires, réactions, avis, opinions et critiques, - Merci.

(catégorie : VI Regard sur le Dialogue en Mediterranée)

Nicolas Sarkozy a fait du projet d'Union Méditerranéenne l'un des axes de développement de la diplomatie française. Dimanche 6 mai 2006, le soir de sa victoire à l'élection présidentielle, salle Gaveau à Paris, Nicolas Sarkozy évoque une nouvelle fois ce chantier qui lui tient à coeur, ce qui démontre sa volonté de le voir aboutir pendant la durée de son mandat :

" Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c'est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne  qui sera un trait d'union entre l'Europe et l'Afrique ".

Nicolas Sarkozy a soumis cette idée :

- au Président Abdelaziz Bouteflika à Alger, le 10 juillet 2007.

- au Président Zine El Abidine Ben Ali à Tunis, le 10 juillet 2007.

- au Colonel Kadhafi à Tripoli, le 25 juillet 2007.

- au Président égyptien Mohamed Hosni Moubarak au palais de l'Elysée, le 10 août 2007.

- à Mohamed VI à Tanger, le 23 octobre 2007.

 

Dans le bassin méditerranéen, " Contre le choc des civilisations, essayons l'Union Méditerranéenne ", c'est ce qu'écrivent le 24 octobre 2007 dans Le Figaro (p 16), Christian de Boissieu, Président du Conseil d'Analyse Economique et Jean-Louis Reiffers, Président du conseil scientifique de l'Institut de la Méditerranée et du conseil scientifique du FEMISE (Forum Euro-Méditérranéen des Institutions des Sciences Economiques) :

" Nous pensons, avec beaucoup d'autres, que tenter de réaliser une Union Méditerranéenne est une grande et courageuse idée. Comment ne pas l'appuyer au moment ou l'on voit bien que malgré les efforts réalisés depuis plus de dix ans - notamment dans le cadre du partenariat de Barcelone - nous ne sommes pas dans un processus de convergence économique et sociale des pays de la rive Sud de la Méditerranée avec l'Europe?

(...) Pourquoi ne pas lancer à l'échelle de l'Union Méditerranéenne un Collège de la Méditerranée évoquant la Maison de la sagesse des anciens temps et fonctionnant sur un plan international comme le Collège de France ? L'Union Méditerranéenne, dans laquelle les pays méditerranéens de l'Europe se placeraient dans une logique de coopération renforcée, pourrait ainsi tenter ce que l'Union Européenne, elle-même, n'a pas su faire".

 

Rudy Salles, Député des Alpes-Maritimes et Vice-Président de l'Assemblée Nationale, se félicite également de la création de l'Union Méditerranéenne. Rudy Salles a expliqué sur son blog le 22 septembre 2007 :

" J'étais hier à Rabat pour une réunion du Bureau de l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée. Cette institution me tient particulièrement à coeur puisque j'en suis à l'origine, que j'y ai été désigné par l'ensemble des parlementaires de la Méditerranée, Président Fondateur. Désormais ce Parlement est au travail. Sa mission principale est de rechercher les points qui unissent les Méditerranéens et non ceux qui les divisent et de faire travailler ensemble tous les parlementaires des pays riverains. C'est un objectif ambitieux et qui est entré dans les faits. J'en suis fier et heureux car je suis convaincu que la solution aux problèmes les plus difficiles à résoudre passe par des plateformes de dialogue telles que celle-ci.

Mais je veux ajouter que la France est encore plus respectée et plus écoutée depuis quelque temps, c'est à dire depuis la volonté affichée par le Président de créer une union politique de la Méditerranée. Cette initiative intéresse en effet l'ensemble des pays du pourtour Méditerranéen car ils ont conscience qu'il faut, en la matière, une initiative forte. Or il se trouve que le Parlement de la Méditérranée était précurseur en la matière. En effet, lorsque nous avions lancé cette idée en 2003, nous avions l'impression de prêcher dans le désert ou dans l'indifférence. Quel changement d'ambiance autour de cette réalisation aujourd'hui ! Cela nous encourage à aller plus vite et plus loin pour que la Méditerranée constitue enfin un trait d'union entre les peuples plutôt qu'une ligne de fracture comme cela a été depuis trop longtemps. Certes tous les problèmes ne sont pas résolus, loin s'en faut. Mais quelque chose me dit que ce Parlement peut contribuer à trouver des solutions durables" (source : www.rudy-salles.com/blog).

A SUIVRE...

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26 novembre 2007

PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée.

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(catégorie : VI Regard sur le Dialogue en Méditerranée)

3. Partenariat Euro-Méditerranéen

L'Union Européenne considère que la région formée par le Sud et l'Est de la Méditerranée, ainsi que le Moyen-Orient est stratégique pour elle. Cette région fait partie de ses priorités depuis plusieurs années. La politique de proximité de l'Union Européenne à l'égard de la région méditerranéenne est régie par le Partenariat Euro-Méditerranéen.

Les 27 et 28 novembre 1995, les quinze Ministres des Affaires Etrangères des Etats membres de l'Union Européenne et les douze pays méditerranéens : Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne, ont décidé d'établir un projet de Partenariat Euro-Méditerranée, dit Processus de Barcelone, qui s'articule autour de trois volets :

- le volet politique de sécurité a pour objectif la définition d'un espace commun de paix et de stabilité,

- le volet économique et financier doit permettre la construction d'une zone de prospérité partagée,

- le volet social, culturel et humain vise à développer les ressources humaines et favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges au sein des sociétés civiles.

Ces décisions découlent des orientations définies préalablement par les Conseils Européens de Lisbonne (juin 1992); Corfou (juin 1994); Essen (décembre 1994) et celles de la Commission Européenne.

L'Union Européenne a octroyé 4,685 milliards d'euros de subventions à la région méditerranéenne entre 1995 et 1999 et 5,3 milliards au cours de la période 2000-2006. La Banque Européenne d'Investissement a de son côté prêté 4,6 milliards d'euros de 1995 à 1999. Par ailleurs les Etats membres ont apporté une aide considérable aux partenaires méditerranéens dans le cadre du Programme de coopération bilatérale.

Les projets financés par MEDA (mesures d'accompagnement financières et techniques) dans le domaine de la transition économique ont pour objectif :

- modernisation du secteur industriel (Algérie, Egypte, Jordanie),

- accélération du processus de privatisation (Tunisie, Algérie),

- restructuration du secteur financier (Egypte, Maroc),

- mise à nouveau de l'administration (Turquie, Syrie),

- développement des infrastructures clés (Cisjordanie et Bande de Gaza, Maroc).                                            (source : Rapport annuel du Programme MEDA, 1999, p 18, 67).         

La déclaration de Barcelone de 1995 énonce, au chapitre III, la nécessité d'établir un Dialogue entre les Cultures et les Civilisations.

Lancé lors de la conférence de Valence des 22 et 23 avril 2002, le projet de Fondation Euro-Méditerranée Anna Lindh pour le Dialogue entre les Cultures et les Civilisations est finalisé les 2 et 3 décembre 2003 à la conférence de Naples. La Fondation sera inaugurée en avril 2005 à Alexandrie (Egypte).

Objectif :

- s'appuyer sur des réseaux nationaux pour développer les échanges entre les sociétés civiles,

- rapprocher les personnes et les organisations des deux rives de la Méditerranée dont la jeunesse est considérée comme le groupe prioritaire,

- les échanges et la coopération sont encouragés dans un esprit de tolérance, de compréhension et de solidarité.

En France, par exemple, Thierry Fabre, responsable du pôle Euromed de la Maison Méditerranée des Sciences de l'Homme à l'Université d'Aix-en-Provence, dirige le réseau national de la Fondation Euro-Méditerranée Anna Lindh pour le Dialogue entre les Cultures et les Civilisations.

La perspective de créer une zone de libre-échange en 2010 a entraîné la signature de neuf accords d'association.

- les accords sont tous entrés en vigueur à l'exception de celui avec le Liban (dont les relations sont actuellement régies par un accord intérimaire).

- les accords d'association ont permis de développer les échanges entre l'Union Européenne et les pays méditerranéens, contribuant de manière significative au développement de ces derniers.

Les contacts entre entreprises ont été facilités et se sont multipliés, notamment grâce à la constitution de l'ASCAME (Association des Chambres de Commerce et d'Industrie de la Méditerranée).

Les programmes de coopération entre PME ont permis de mettre en relation 6500 PME des pays méditerranéens avec des homologues de l'Union Européenne.

Nicolas Sarkozy considère cependant que le Partenariat Euro-Méditerranéen est un échec, faute d'avoir atteint ses objectifs pour plusieurs raisons :

- la priorité de l'Europe était à l'Est.

- le commerce a pris seul le pas sur tout le reste alors que la coopération aurait dû être la priorité absolue.

- le dialogue entre le Nord et le Sud constitue une frontière invisible qui coupe depuis trop longtemps la Méditerranée, opposant ses deux rives au lieu de les unir.

Ce Partenariat Euro-Méditerranéen ne peut donc réussir en faisant uniquement dialoguer l'Union Européenne avec l'Afrique du Nord, même si pour Nicolas Sarkozy, le dialogue entre l'Europe et la Méditerranée est capital.

Nicolas Sarkozy propose de traiter le problème autrement. Il souhaite que ce soit d'abord les pays méditerranéens qui prennent eux-mêmes en main leur propre destinée.

Nicolas Sarkozy a expliqué à ce sujet lors d'une réunion publique à Toulon le 07 février 2007 que :

" C'est à la France, européenne et méditerranéenne à la fois, de prendre l'initiative, - avec le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et Chypre -, d'une Union Méditerranée, comme elle pris jadis l'initiative de construire l'Union Européenne.

Cette Union Méditerranéenne aura vocation à travailler étroitement avec l'Union Européenne. Elle aura vocation un jour, à avoir avec elle, des institutions communes, parce que la Méditerranée et l'Europe auront pris conscience que leurs destins sont liés". (source : réunion publique de Nicolas Sarkozy à Toulon, le 07 février 2007).

A SUIVRE...

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16 novembre 2007

LE "MINI-TRAITE" SORTIRA T-IL L'UNION EUROPENNE DE LA CRISE ?

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe.

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(Catégorie : II Regard sur l'Europe) 

Le "mini-traité" ou "traité simplifié" ou encore "traité modificatif" n'est que la reprise sous une autre forme de la Constitution Européenne élaborée par la "Convention sur l'avenir de l'Europe" présidée par Valéry Giscard d'Estaing, mais massivement rejeté par les français lors du référendum du 29 mai 2005.

Avec l'adhésion de dix nouveaux pays en 2004 et celle de la Bulgarie et de la Roumanie en 2007, l'Union Européenne ne pouvait plus fonctionner comme auparavant. La "Convention sur l'avenir de l'Europe" a donc été chargée de trouver les solutions juridiques appropriées.

Remanié après l'échec du référendum en France et aux Pays-Bas par les juristes de Bruxelles au sein de la conférence intergouvernementale mise en place en juin 2007, ce "mini-traité" exige de la part de tous ceux qui souhaitent le lire et le comprendre de se reporter aux traités de Rome (1957), de Maastricht (1992), d'Amsterdam (1997) et de Nice (2001) et nécessité quelques connaissances sur le mode de fonctionnement des Institutions Européennes. Il est regrettable de rédiger des textes aussi difficiles d'accès. La politique concerne tous les citoyens et le langage utilisé doit rester simple.

Ce "mini-traité" peut donner le sentiment désagréable au lecteur de vouloir le décourager avec ses 3000 pages et ses références incessantes aux traités antérieurs auxquels s'applique le catalogue des amendements qui le parsèment.

Sa différence avec le traité Constitutionnel rédigé par la "Convention sur l'avenir de l'Europe" est presque anecdotique: le mot Constitution et les symboles de l'Union Européenne comme le drapeau et l'hymne de Beethoven ont été supprimés (?). Mais l'essentiel a été sauvegardé : création d'une Présidence stable du Conseil Européen (pour 2 ans et demi); création d'un Haut représentant pour les affaires étrangères membre de la Commission et du Conseil des Ministres et disposant d'un service diplomatique; charte des droits fondamentaux; personnalité juridique de l'Union Européenne...

Même s'il a été approuvé au Sommet de Lisbonne le 19 octobre 2007 par les chefs d'Etats et de Gouvernements, il reste à le faire adopter dans tous les pays membres.

Mais Nicolas Sarkozy ne veut pas entendre parler de référendum, effrayé à l'idée que les Français le rejettent à nouveau. Dans la mesure ou ce texte est presque identique au précédent traité, il y a peu de chance en effet que les Français l'acceptent. Si tel n'était pas le cas, le Président de la République aurait déjà réussi grâce à ses talents personnels à les convaincre du bien fondé de ce texte.

En réalité l'Europe est en panne. Elle vit une grave crise politique et ne sait plus dans quelle direction aller. Une Europe à deux vitesses se met en place. Exemple: les multiples "concessions" accordées au Royaume Uni quand les autres Etats acceptent de respecter les règles de Bruxelles.

Il est prématuré de parler de sortie de crise. Si Nicolas Sarkozy devait passer en force sur ce sujet, des réactions très virulentes pourraient voir le jour à la première crise importante dans l'hexagone et toucher durement sa majorité au moment des élections. Il est dangereux d'aller ainsi à l'encontre du suffrage universel, surtout lorsque celui-ci s'est exprimé sans ambiguïté lors du référendum 2005.

L'heure est peut-être de repenser l'Europe. Si elle a réalisé de grandes choses jusqu'à présent, d'autres enjeux l'attendent. Un nouveau souffle reste à trouver.

L'Union Méditerranée abordée pour la première fois par Nicolas Sarkozy à Toulon le 07 février 2007, représente un défi majeur pour l'Europe. Confrontée à des vagues d'immigrations incontrôlées, l'Europe doit résoudre ce problème. Tant que la misère persistera en Afrique, il y a peu de chance que des lois françaises parviennent à endiguer seules ce fléau lié à la tragédie vécue par des millions d'individus sur la planète. Ce problème concerne autant l'Europe du Nord que l'Europe du Sud. Si nous ne tenons pas compte de la pauvreté dans le monde et surtout en Afrique et si nous ne développons pas des échanges constructifs pour tenter de la réduire, l'Europe est condamnée à plus ou moins courte échéance. Les questions d'environnement ou d'approvisionnement en eau doivent notamment nous convaincre de la nécessité de travailler ensemble afin de les solutionner.

En résumé, ce n'est pas le "mini-traité" qui pourrait permettre de sortir l'Europe de la crise mais le projet de l'Union Méditerranée.

A partir du moment ou il a été demandé une première fois aux Français  de se prononcer par référendum sur le projet de Constitution Européenne, il serait insultant de ne pas faire de même au sujet du "mini-traité". Si la plupart des autres pays européens avaient eux aussi choisi la voie référendaire en 2005, les résultats auraient peut-être été les mêmes qu'en France et aux Pays-Bas. L'Europe inspire la défiance. Faire adopter ce "mini-traité" autrement que par référendum ne résoudra rien. L'Europe pourrait alors devenir le bouc émissaire de tous les maux et hypothéquer durablement son avenir.

Sur une question aussi importante, il serait judicieux de consulter les Français. Car la plupart d'entre eux risquent de ne pas avoir oublié qu'en 2005 le parlement français n'était pas en phase avec eux sur ce point. Le seul moyen de ne pas susciter à nouveau le doute malgré les récentes élections législatives, consisterait à organiser un nouveau référendum.

C'est cependant la procédure parlementaire qui semble avoir été choisi pour ratifier ce traité. La victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle et celle de nombreux députés aux élections législatives de juin 2007, ne constitue pas pour autant un blanc-seing pour ratifier le "mini-traité". Dans un souci d'apaisement et de rassemblement, le référendum pourrait s'imposer. S'il était positif, le pouvoir de Nicolas Sarkozy en sortirait renforcé.

Sur un enjeu aussi crucial, ce n'est pas la légitimité des parlementaires qui est en cause, mais le ressentiment vivace d'une partie de la population vis à vis de ce texte. Le doute n'est pas permis. Le Président de la République doit pouvoir trancher la question.

A SUIVRE...

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