09 avril 2008
L'UNION INTERPARLEMENTAIRE (UIP)
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue Politique.
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(catégorie : V Regard sur le Dialogue Politique)
4. L'UNION INTERPARLEMENTAIRE (UIP)
Créée en 1889 à Paris, l'Union Interparlementaire est l'organisation des Parlements des Etats souverains dans le monde et la plus ancienne des institutions internationales à caractère politique. Elle oeuvre pour la paix, la coopération entre les peuples et l'affermissement de la démocratie représentative. Depuis 1921, le siège de l'Union Interparlementaire Genève (Suisse), après avoir changé à trois reprises :
- 1892/1911 : Berne (Suisse)
- 1911/1914 : Bruxelles (Belgique)
- 1914/1920 : Oslo (Norvège)
L'Union Interparlementaire (UIP) est actuellement présidée par Pier Ferdinando Casini (né à Bologne le 3 décembre 1955), ancien Président de la Chambre des députés italienne, ancien Président du Centre Chrétien Démocrate (CCD), et ancien député européen (1994-2001). Elu à ce poste pour un mandat de trois ans le 19 octobre 2005, il quittera ses fonctions en octobre 2008.
Le souvenir des campagnes napoléoniennes et les tensions liées à la montée des nationalismes favorisèrent l'émergence de cette structure dans le contexte des idées pacifistes en vogue au XIXe siècle. L'idée de réunir les parlementaires de tous les pays a séduit, entre 1870 et 1890, les pacifistes de nombreux pays pour promouvoir la paix et le principe de l'arbitrage international.
" L'idée de créer une structure permettant de réunir régulièrement des parlementaire de tous les pays pour faire progresser l'application de ce que l'on appelait alors l'arbitrage international fut d'abord lancée, semble-t-il, par le député autrichien Robert de Walterdkircher puis reprise en Espagne, en Allemagne, en Italie et en Belgique. Mais ce sont deux députés, français et britannique, qui la concrétisèrent : Frédéric Passy (1822-1912) et William Randal Cremer (1828-1908). (...) Ils se fixèrent un même but : la mobilisation des parlements au service de la paix".
Frédéric Passy, - neveu d'Hippolyte Passy (1793-1880), Ministre de Louis Philippe et de Louis Napoléon -, était " juriste, économiste, brillant conférencier, libéral convaincu opposé au socialisme, adversaire déclaré du régime impérial, fondateur en 1867 de la "Ligue Internationale de la Paix" qui devint plus tard la "Société Française pour l'Arbitrage entre Nations". Auréolée dès cette époque, du titre d'Apôtre de la paix, il contribua à la création de l'Institut de droit international et participa à tous les congrès internationaux de la paix. Membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques en 1877, député de la Seine de 1881 à 1889, il siégea à gauche mais fit preuve d'une très grande indépendance à l'égard des partis, refusant de s'inscrire à un groupe et d'obéir à des consignes de vote".
William Randal Cremer se voua quant à lui entièrement à la cause de l'arbitrage. "Proche des idées socialistes, il fut membre de la Chambre des Communes de 1885 à 1895, puis de 1900 à 1908. En 1888, William Randal Cremer, qui avait pris le relais de l'action de Henry Richard, fondateur en 1816 en Angleterre de la "Société de la Paix", et avait notamment lancé en 1871 un projet de Haute Cour des Nations, prit contact avec Frédéric Passy, qui venait, avec quarante-quatre de ses collègues députés, de demander au gouvernement français de négocier avec d'autres pays les moyens de régler les conflits internationaux à l'aide de l'arbitrage et de la médiation. Il lui proposa une rencontre entre parlementaires français et britanniques".
Le 31 octobre 1888 au Grand Hôtel à Paris, une délégation de neuf parlementaires britanniques conduite par William Randal Cremer rencontre une délégation de 24 députés français menée par Frédéric Passy, pour parler de l'arbitrage et jeter les bases d'une organisation dont ce serait la mission.
La 1ère Conférence Interparlementaire se tint les 29 et 30 juin 1889 à l'Hôtel Continental à Paris, en présence d'une centaine de parlementaires de neuf pays (dont 55 français, 28 anglais, 5 italiens, 1 belge, 1 espagnol, 1 danois, 1 hongrois, 1 américain et un membre du Libéria). "Si faible que fût la participation étrangère, elle était suffisante pour donner à la conférence un caractère international. Au lieu de se laisser décourager, on résolut de faire des Conférences Interparlementaires une institution permanente. On peut donc considérer cette décision du 30 juin 1889 comme l'acte de création des Conférences Interparlementaires et, par là même, indirectement de l'Union Interparlementaire".
Les parlementaires y adoptèrent des résolutions en faveur de la juridiction arbitrale et décidèrent de se réunir chaque année dans l'un des pays représentés. "L'Union Interparlementaire était née. Elle ne trouva sa dénomination actuelle qu'en 1905, après s'être appelée "Conférence Parlementaire de l'Arbitrage", "Conférence Interparlementaire de l'Arbitrage International", puis "Union Interparlementaire de l'Arbitrage et de la Paix", ces changements successifs traduisant l'évolution des buts et de la vocation d'une institution qui ne tarda pas à élargir son champ de réflexion au désarmement, à l'étude de questions économiques et financières, à la responsabilité des Etats vis-à-vis des colonies et à la protection des minorités nationales. Couronnant l'action à laquelle les fondateurs de l'Union Interparlementaire consacrèrent leur vie, le Prix Nobel de la Paix fut décerné à Frédéric Passy en 1901 (...); en 1903, le Prix fut attribué à William Randal Cremer".
La naissance de l'Union Interparlementaire (UIP) fut le premier forum permanent de négociations politiques multilatérales. Elle est à l'origine de la création de l'Organisation des Nations Unies et de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye. Si l'Union Interparlementaire travaille en étroite collaboration avec l'Organisation des Nations Unies, elle coopère aussi avec les organisations internationales régionales, les organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales qui s'inspirent des mêmes idéaux.
Depuis la fondation de l'Union Interparlementaire, deux parlementaires français ont assuré sa présidence: Fernand Bouisson de 1928 à 1933 et André Chandernagor de 1968 à 1973.
En 2008, cent quarante-six Parlements Nationaux sont membres de l'Union Interparlementaire (UIP).
L'Assemblée de l'Union Interparlementaire, principal organe statuaire de l'Union, exprime ses positions sur les questions politiques. Elle réunit des parlementaires qui se penchent sur les grandes questions internationales et formulent des recommandations sur des mesures concrètes.
(source : Assemblée Nationale Française)
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