25 juillet 2008
LE GROUPE CARLYLE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation.
Quel est votre avis sur la note : "Le Groupe Carlyle" ?
Je serais heureux que certains d'entre vous trouvent le temps de lire cette note et je serais intéressé de connaître vos commentaires, réactions, avis, opinions et critiques..., Merci.
(catégorie : Regard sur la Mondialisation)
10. LE GROUPE CARLYLE
Le Groupe Carlyle est un société mondiale de financement par capitaux propres domiciliée à Washington DC. Son nom s'inspire du Carlyle Hôtel de New York ou se déroulent la plupart des réunions du Groupe Carlyle. Ce fonds d'investissement américain est principalement présent dans les secteurs sensibles : industrie d'armement, télécommunications, hautes technologies, industrie pharmaceutique, presse et papeterie...
Depuis janvier 2003, Louis Gerstner l'ancien patron d'IBM est chargé de diriger le Groupe Carlyle en remplacement de Franck Carlucci.
Ce dernier n'est pas un inconnu : ancien Secrétaire d'Etat à la Défense sous Ronald Reagan entre 1987 et 1989 et ancien patron de la Central Intelligence Agency (CIA), son nom apparaît dans différents scandales de premier plan dont celui de la Bank of Crédits and Commerce International (BCCI), dans lequel 12 milliards de dollars se sont évaporés.
"Créée en 1987, le Groupe Carlyle commence à se développer massivement en 1989, après la nomination à sa tête d'un certain Franck Carlucci. Après avoir dirigé la CIA de 1977 à 1981, Franck Carlucci est nommé Directeur de la société Wackenhut, "une société de sécurité, communément décrite comme un paravent de la CIA, proche de l'extrême droite". D'après Pascal Dallecoste (Chercheur associé au laboratoire de recherche de l'Ecole de Guerre Economique), la société Wackenhut est spécialisée, entre autres, dans la sécurité des Ambassades et des Centrales Nucléaires américaines, ainsi que dans "la mise au point de centres de recherche quasi-clandestins sur les armes biologiques et chimiques". "La société Wackenhut fut également impliquée dans l'un des plus grands scandales d'espionnage industriel et technologique, l'affaire Promis: un logiciel commercialisé dans le monde entier auprès d'un grand nombre de forces de l'ordre, sociétés privées et services de renseignements, au profit du Pentagone, qui avait préalablement installé une "porte dérobée", de sorte de pouvoir accéder aux données soi-disant "sécurisées".
Conseiller pour la Sécurité Nationale de Ronald Reagan, Franck Carlucci est nommé en 1987 Secrétaire d'Etat à la Défense. Il en profite pour réformer les procédures d'appel d'offre de la Défense américaine. Fort de ses relations dans les milieux du Renseignements, de la Police et de l'Armée, il passe, en 1989 à la tête de Carlyle Group, qui réalisera dès lors l'essentiel de son chiffre d'affaires dans l'industrie militaire. Le grand mouvement de privatisation de la Sécurité Nationale se met alors en marche" explique Pascal Dallecoste. "Au milieu des années 90, le Carlyle Group participe de manière très active à la reconstruction du complexe militaro-industriel américain", au point que d'aucuns la surnomme la "CIA des affaires" (source : www.infoguerre.com, d'après le travail de Pascal Dallecoste, Chercheur associé au Laboratoire de recherche de l'Ecole de Guerre Economique).
Les liens noués par le Groupe Carlyle avec les dirigeants politiques et le milieu des affaires internationales sont particulièrement étroits. Avec par exemple en 2002, 13 milliards de dollars d'actifs en gestion et 16 milliards de dollars de revenus annuels (70 000 salariés), le Groupe Carlyle est l'un des principaux bailleurs de fonds de l'élection présidentielle américaine. D'ou des conflits d'intérêts inévitables avec l'Administration Bush dans la mesure ou ce dernier lui est redevable. On trouve dans le Groupe Carlyle des Conseillers permanents ou occasionnels très influents (liste non exhaustive) :
- George BUSH père (ancien Président des Etats-Unis),
- Otto POHL (ancien Président de la Bundesbank),
- John MAJOR (ancien Premier Ministre de Grande-Bretagne),
- Arthur LEVITT (ancien Président de la Security Exchange Commission),
- James BAKER (ancien Secrétaire d'Etat de Georges Bush père),
- Karl Fidel RAMOS (ancien Président des Philippines),
- Park TAE-JOON (ancien Premier Ministre de la Corée du Sud),
- Anan PANYARACHUM (ancien Premier Ministre de Thaïlande),
- Alice ALBRIGHT (fille de Madeleine Albright, Secrétaire d'Etat de Bill Clinton),
- Frederic V. MALEK (ancien chef du personnel du Président Nixon, www.fredmalekblog.com),
- George SOROS (financier),
-Henri MARTRE (transfuge de Matra Aérospatiale),
- Mikhaïl KHODORKOVSKY (oligarche russe),
- Afsaneh Mashayekhi BESHLOSS (ancienne trésorière en charge des investissements de la Banque Mondiale),
(source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002)
Co-patron de FIG Investment Banking, une division de la banque UBS à New York, Pierre-Olivier Sarkozy, le demi-frère du Président français, a rejoint en 2008 le Private Equity Carlyle créé en juin 2007 (76 milliards de dollars en gestion). Co-head et Managing director du Global Financial Services Group, le communiqué du Groupe Carlyle daté du 3 mars 2008, dit que Pierre-Olivier Sarkozy a été engagé pour "ses incroyables réseaux et expérience professionnelle, qui aideront Carlyle à capitaliser sur la dislocation du secteur des services financiers".
George Walker Bush, l'actuel Président des Etats-Unis, s'est retrouvé un temps au sein de la société Caterair, une filiale du Groupe Carlyle, spécialisée dans la fourniture de repas aux passagers d'une pléthore de compagnies aériennes américaines, en qualité de membre du Conseil d'administration. Il aurait servi à obtenir les autorisations fédérales en matière de régulation aérienne dont avait besoin Caterair pour se développer. Ses dirigeants étaient à l'époque Stephen Norris et David Rubenstein, ancien assistant en politique intérieure du Président Jimmy Carter (source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002).
Jusqu'aux attentats du 11 septembre 2001 des membres de la famille Ben Laden faisaient partie du Conseil d'Administration du Groupe Carlyle, celui-ci gérant l'essentiel des placements financiers du Saudi Binladen Group, dans lequel figurent douze membres directs de cette famille. "Contrairement à une idée reçue, Oussama Ben Laden n'est pas seulement un sous-traitant de la CIA, employé pour combattre le nationalisme arabe, puis l'URSS, au nom de l'Islam radical. Il a été et sa famille reste, l'un des principaux partenaires financiers de la famille Bush. S'il est exact, comme le prétendent de nombreux officiels américains, que la famille Ben Laden continue à entretenir des relations avec Oussama Biladen Group, il serait nécessairement impliqué dans des délits d'initiés. Georges Bush père serait alors l'un des heureux bénéficiaires des manoeuvres boursières du 11 septembre 2001. (...) En 1990, le Carlyle Group a été mis en cause dans une affaire d'extorsion de fonds. Un lobbyiste du Parti Républicain, Wayne Berman, avait racketté des fonds de retraite américains pour financer les campagnes électorales des Bush, l'un de ces fonds avait accepté de verser 1 million de dollars au Carlyle Group pour obtenir un contrat public dans le Connecticut" (source : Réseau Voltaire, 16 janvier 2001, www.voltaire.org/fr).
Le Groupe Carlyle contrôle plus de 160 sociétés (chiffre à revoir sans cesse à la hausse) réparties dans 55 pays dont la France. Le bureau français du Groupe Carlyle a attiré l'attention en juillet 1999, en prenant le contrôle de 40% de la holding financière du Figaro, via des opérations de conversion d'actions et d'obligations. Est-ce avec l'accord de la famille Dassault, propriétaire via la Socpresse du Figaro ?
"(...) Le Groupe Carlyle a investi dans l'immobilier de bureaux à Boulogne, Ivry, La Défense, Malakoff, Montrouge et Paris, avec une nette préférence pour les immeubles hébergeant des sociétés liées à l'armement" (source : Réseau Voltaire, 9 février 2004).
Jean Botella dans le magazine Capital de Juin 2006, qualifie le phénomène des fonds anglo-saxons de déferlement :
"C'est un déferlement. Les fonds anglo-saxons (Barclays Private Equity; Apax Partners; Texas Pacific Group; Duke Street Capital; Colony Capital) rachètent nos entreprises à tour de bras pour les gérer à la hussarde puis les revendre au plus haut. Aux commandes, des financiers très discrets. (...) Plus d'un millier d'entreprises, la plupart inconnues du grand public, sont ainsi tombées dans leur escarcelle. Le Fonds Carlyle vient même de racheter une trentaine d'anciennes succursales de la Banque de France pour 65 millions d'euros" (source : Jean Botella, Capital, Juin 2006, n°177, p 18-20).
Les activités liées à l'armement et à la défense ont fait du Groupe Carlyle un des plus importants fournisseurs du Pentagone. Le gouvernement américain représente 80% des ventes de United Defense Industrie, contrôlée par le Groupe Carlyle. A la suite des attentats du septembre 2001 qui résonnent comme une aubaine pour ce Groupe, l'Armée américaine a comandé via le Congrès, un nouveau char Crusader pour 500 millions de dollars, fabriqué précisément par la United Defense Industrie. La famille Ben Laden venait à cette date d'investir 2 millions de dollars dans le fonds de participation Carlyle Partners II Fund, dans lequel figure la...United Defense Industrie.
"Le fonds d'investissement américain Carlyle a annoncé, lundi 9 Juillet 2007, le rachat de l'américain "Sequa", qui fabrique des pièces détachées pour l'aéronautique et l'automobile, pour environ 2,7 milliards de dollars en numéraire. (...) L'opération marque une nouvelle acquisition de Carlyle dans le secteur. C'est l'un des fonds d'investissement qui profite le plus de la fragilité du secteur automobile pour reprendre des pièces détachées. En mars dernier, le fabricant américain de pneumatiques Goodyear, en restructuration, lui a vendu sa division de pièces détachées pour 1,475 milliards de dollars. Et fin juin 2007, General Motors a vendu à Carlyle et au fonds canadien Onex, sa filiale Allison Transmission, l'un des principaux fabricants mondiaux de transmissions automatiques, pour environ 5,6 milliards de dollars" (source : Lemonde.fr avec AFP, 9 Juillet 2007, 19h07).
Le Groupe Carlyle n'est pas cotée en bourse ce qui représente quelques avantages. Hors du circuit boursier, le Groupe Carlyle n'est pas obligé de divulguer à la Security Exchange Commission (la commission américaine chargée de veiller à la régularité des opérations boursières, l'équivalent de la COB en France) le noms des associés, des actionnaires, pas plus que leurs parts respectives. Cela permet aussi de dissimuler les détails d'éventuelles opérations gênantes.
Cette volonté farouche de rester discret pour faire de lucratives affaires a été mise à mal par les révélations de deux Organismes Non Gouvernementaux (ONG) qui épluchent chaque année les textes du Congrès et les documents déclassifiés de la CIA et du FBI : Judicial Watch et Center for Public Integrity (source : "Carlyle, la pieuvre", Politis, n°722 et "Carlyle a t-il réellement abandonné Yeslam ?", Intelligence Online, 25 avril 2002).
Mondialiste par essence, le Groupe Carlyle est étroitement lié au monde politique, ce qui est loin d'être une exception en Amérique, en Europe ou ailleurs, en aidant des hommes politiques à se faire élire, en finançant leurs travaux ou en les aidant à étoffer leur réseau.
A SUIVRE ...
REAGISSEZ A CET ARTICLE SUR
BLOG://pascaljeangimenez.hautetfort.com/about.html
PS : Pensez à revenir sur ce blog, il est régulièrement mis à jour.
20:38 Publié dans III Regard sur LA MONDIALISATION | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Pour pousser encore plus loin votre présentation, voici un site très bien documenté (documents disponibles sur le site), même si il a un parti pris certain contre le groupe Carlyle et qu'il n'est plus mis à jour
http://stopcarlyle.ifrance.com
Écrit par : Bertrand D | 05 août 2008
Écrire un commentaire