01 octobre 2008
JACQUES ATTALI
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation
Quel est votre avis sur la note : "Jacques Attali" ?
Je serais heureux que certains d'entre vous trouvent le temps de lire cette note et je serais intéressé de connaître vos commentaires, réactions, avis, opinions et critiques, - Merci.
(catégorie : III Regard sur la Mondialisation)
1. JACQUES ATTALI
A l'université du MEDEF organisée les 29, 30 et 31 août 2005 sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Essonne), Jacques Attali, invité à participer à la réunion de clôture sur le thème "La terre peut elle tourner sans utopies ?", a expliqué au sujet du référendum sur le projet de Constitution européenne : "(...) D'abord, il ne faut pas renoncer. Ce n'est pas parce que qu'on a échoué une fois. Ceux qui ont voté NON au référendum se sont trompés ou ont menti. Malheureusement beaucoup de dirigeants politiques qui ont proposé le NON ne se sont pas trompés, ils ont menti. Il faut continuer et convaincre que la construction plus vaste de l'Europe est un progrès et non pas un recul, parce qu'il s'agit d'une construction politique qui équilibre le marché. Il faut donc le faire non seulement en recommençant ce qui a été fait, mais aussi en cherchant d'autres voies. Je pense en particulier à une voie d'accélération de l'intégration franco-allemande, à la mise en place de grands programmes sociaux européens. En particulier dans le domaine de l'éducation ou des réformes de type LMD, dont j'ai été un des initiateurs, démontrent que l'on peut avancer dans la vie quotidienne des européens de façon extrêmement rapide, positive et concrète. Il faut maintenant montrer aux européens que l'Europe est un plus et non un moins" (source : le magazine de l'université d'été 2005 du MEDEF, p 16, www.medef.fr/staging/medias/upload/82833_FICHIER.pdf).
Jacques Attali (né le 01 novembre 1943 à Alger, Algérie) a exercé différentes fonctions : professeur, écrivain, conseiller d'Etat honoraire, conseiller spécial auprès du Président de la République (1981-1991). Il est le fondateur et le premier président de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) à Londres (1991-1993). Il préside actuellement A&A (Attali & Associés, un cabinet conseil spécialisé dans le conseil stratégique, l'ingénierie financière et les fusions-acquisitions) et PlaNet Finance (une organisation internationale à but non lucratif qui rassemble l'ensemble des institutions de microfinance du monde). Jacques Attali a fondé en 1980 Action contre la Faim, puis en 1984, le programme européen Eurêka (programme majeur européen sur les nouvelles technologies qui a inventé entre autres le MP3). Il lance en 1989 un programme international d'action contre les inondations catastrophiques au Bangladesh et conseille le Secrétaire général des Nations Unies sur les risques de prolifération nucléaire. Il est aussi à l'origine de la réforme de l'Enseignement supérieur dite LMD qui harmonise tous les diplômes européens. Docteur d'Etat en sciences économiques, diplômé de l'Ecole Polytechnique, de l'Ecole des Mines, de l'Institut d'Etudes Politiques et de l'Ecole Nationale de l'Administration (ENA), Jacques Attali a enseigné l'économie théorique à l'Ecole Polytechnique, à l'Ecole des Ponts et Chaussées et à l'Université Paris-Dauphine. Chroniqueur à L'Express, il est l'auteur de quarante livres, traduits dans vingt langues et diffusés à plus de six millions d'exemplaires dans le monde entier : des essais (traitant de sujets variés allant de l'économie mathématique à la musique), des romans, des contes pour enfants, des biographies et des pièces de théâtre (source : www.attali.com).
Christine Bierre, rédactrice en chef du bimensuel Nouvelle Solidarité (publié par le parti politique français Solidarité et Progrès, www.solidariteetprogres.org) écrit en 2006 au sujet de Jacques Attali :
"(...) Après son rôle de conseiller spécial de François Mitterrand, ou il a côtoyé pendant plus de dix ans tous les grands de ce monde, Jacques Attali est aujourd'hui l'un des plus beaux carnets d'adresses des cercles de pouvoir en France. Plusieurs ouvrages parus ces derniers temps révèlent les relations étroites de Jacques Attali avec certains groupes financiers et les relations d'intérêt qui ont pu se nouer à l'abri du pouvoir.
Les ouvrages de Laurent Chemineau, "L'incroyable histoire de Lazard Frères", et de Martine Orange, "Ces messieurs de Lazard Frères", mettent en relief ses relations avec ce redoutable groupe de banquiers d'affaires. Maison très ancienne, fondée à la Nouvelle Orléans dans les années 1840 par deux familles alsaciennes, les Lazard et les Weill, son style l'a toujours distinguée des autres. C'est toujours dans l'ombre et dans les interstices du pouvoir que cette banque a aimé exercer ses talents. Banque de conseil et d'intermédiation, elle s'est insinuée auprès des politiciens, de droite comme de gauche, auprès des grandes banques et industries ou, en échange de ses conseils, elle exige de siéger dans leurs comités d'administration. Intermédiaires entre secteur public et privé pour les privatisations ou les investissements infrastructurels, elle s'est introduite dans la haute administration. Ces relations croisées lui ont permis de tisser une véritable mise en coupe réglée des sociétés du CAC 40 et du système politique français.
Nationalisations de 1981 - "la divine surprise" pour Lazard ! Les deux livres révèlent le rôle décisif joué par Jacques Attali auprès de François Mitterrand, pour faire en sorte que la "Maison Lazard" soit épargnée dans la nationalisation de trente-cinq grands établissements financiers opérée par la gauche au pouvoir! Laurent Chemineau révèle dans son ouvrage l'amitié d'Attali avec Michel-David Weill, à la tête de la Maison Lazard jusqu'en 2004, ainsi qu'avec Patrick Gerschell, petit-fils d'André Meyer qui dirigea la branche américaine. Martine Orange rapporte le lobbying mené par les banquiers auprès des dirigeants socialistes avant même que François Mitterrand ne soit élu, afin d'éviter la nationalisation de leur banque, Jacques Attali, proche de Lazard, est sollicité à plusieurs reprises.
Et voici ce que déclare Daniel Lebègue, alors conseiller technique à Matignon, sous Pierre Mauroy : "Jacques Attali savait qu'il était inutile de se battre pour Rothschild. C'était un nom trop symbolique. Politiquement indéfendable. Jamais le parti communiste n'aurait accepté de le laisser hors du champ des nationalisations. Lazard, en revanche, personne ne connaissait en dehors des milieux d'affaires. Il s'est fixé comme objectif d'éviter la nationalisation. C'était un de ses buts. Il l'a atteint". Martine Orange souligne que bien que la banque n'ait rien donné à Jacques Attali en échange, "sa main" protectrice ne s'est jamais éloignée de lui : "Comme premier Président de la BERD, il aura toutes les idées, l'expertise, les entrées des équipes de la Maison pour l'aider dans sa mission. Par la suite, elle sera toujours prête à le soutenir pour le financement de ses fonds d'investissement de micro-crédits en Afrique (PanetFinance) ou le développement technologique (A&A)". Martine Orange (ancienne journaliste du journal "Le Monde", actuellement rédactrice en chef du magazine "Challenges") souligne enfin comment Felix Rohatyn, l'ancien associé-gérant de Lazard à New York, a fortement investi dans le parti démocrate, ajoutant "qu'en France, fidèle à sa stratégie de deux fers au feu, le boulevard Haussmann, lui, s'est préparé de longue date à la prochaine éléction présidentielle. Il misait sur un duel Sarkozy-Strauss-Kahn au deuxième tour". Avant de se mettre à la disposition de de Ségolène Royal, dans une interview à John Paul Lepers, et ailleurs, Jacques Attali avait déclaré être prêt à jouer les conseillers du prince auprès de Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin, à droite, et de Strauss-Kahn, Fabius et Ségolène Royal, à gauche. Tant que les citoyens ne mettront pas fin à cette corruption, telles des sauterelles, ces financiers, dont les Lazards ne sont qu'une variété un peu originale, iront jusqu'au bout dans le pillage de la substance productive des Nations et des populations. Pour changer cela, il faut ne pas avoir trempé dans ces années "fric" du XXe siècle et être prêt à déployer un grand volontarisme pour changer le cours des choses (source : www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_artic...).
Jacques Attali est autant l'ami de Ségolène Royal que de Nicolas Sarkozy : "(...) Les hasards de la vie font que je suis l'ami personnel de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal qui a été ma collaboratrice et que j'ai eu le privilège de faire rentrer dans la vie politique en 1981. Comme je l'ai fait pour Laurent Fabius qui était mon assistant en 1975. Dominique Strauss-Kahn est un ami très proche. Aucun de ceux-là n'est suspect sur la question juive et sur celle d'Israël. Donc, les juifs de France ne peuvent se déterminer sur la relation des candidats avec Israël ou le peuple juif. Ils sont tous de ce point de vue absolument parfaits. Moi, je suis de gauche. Je ne suis membre d'aucun parti mais , naturellement, je voterait pour le candidat de gauche, pas pour Nicolas Sarkozy" (source : Interview de Jacques Attali par Yves Azéroual, Tribune Juive, novembre 2006, p 12).
Lucide sur la réalité de nos institutions démantelées et le rôle dérisoire joué par les hommes politiques, Jacques Attali a expliqué au quotidien Le Monde pourquoi les énarques ne voulaient plus se lancer en politique aujourd'hui : "(...) Un : c'est mal payé. Deux : c'est beaucoup moins intéressant que par le passé. Avec l'Euro, il n'y a plus de politique économique. Avec les privatisations, il n'y a plus de politique industrielle. Avec la décentralisation, il n'y a plus de politique d'équipement. Avec la fin de l'Union Soviétique, il n'y a plus de politique militaire et stratégique. Et avec la globalisation, il n'y a plus de politique de rien. Le Président de la république a infiniment moins de pouvoir qu'il y a vingt ans, les Ministres n'en ont quasiment plus. Les énarques l'ont compris. Ils vont là ou il y a de la lumière : dans les entreprises, dans les banques, dans les régions...Entrer en politique pour ne prendre que des coups ou servir d'assistante sociale est devenu un sacerdoce. Les énarques qui continuent à en faire me font penser à ces personnages de Tex Avery qui continuent à courir dans le vide après franchi la falaise" (source : propos recueillis par Annick Cojean, Le Monde, 16 juin 2007).
A SUIVRE ...
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