24 octobre 2008

FRITS BOLKESTEIN ET LA DIRECTIVE BOLKESTEIN

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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(catégorie : Regard sur l'Europe)

3. FRITS BOLKESTEIN ET LA DIRECTIVE BOLKESTEIN

Frits Bolkestein

Le néerlandais Frederik Bolkestein, dit Frits Bolkestein (né en 1933 à Amsterdam, Pays-Bas) est connu en France depuis la polémique liée à la directive européenne de libéralisation des services portant initialement son nom. S'il a donné son nom à la directive Bolkestein, il a accusé ceux qui l'ont rejetée de faire preuve de xénophobie.

Frits Bolkestein (www.fritsbolkestein.com) a trois enfants de sa première épouse aujourd'hui décédée. Il s'est remarié en France avec une ancienne actrice dans le petit village de Ramousies (département du Nord), ou il possède une gentilhommière achetée il y a plus de trente ans.

Membre du Bilderberg et du Royal Institut of international Affairs (RIIA) (www.chathamhouse.org.uk) , Frederik Bolkestein a une Maîtrise de droit passée à l'Université de Leyde en 1965 (ou il enseigne actuellement), - connue aux Pays-Bas pour former l'élite intellectuelle conservatrice. Il possède un diplôme en mathématiques de l'Oregon State College (1951-1953, USA), un diplôme d'économie de l'Université de Londres (1954), un diplôme en mathématiques et physique et un diplôme de philosophie et de grec de l'Université de Gemeentelijke (1955-1959) d'Amsterdam.

Le grand-père de Frits Bolkestein, instituteur, fut Ministre du cabinet de guerre des Pays-Bas à Londres pendant la Seconde Guerre Mondiale. Lorsqu'il était jeune, Frederik Bolkestein aurait été marqué par le sort que l'Allemagne réserva à son père, déporté comme otage pendant quatre ans, et qui, une fois libéré en 1944, "apporta le vent d'hiver dans la famille" Devenu Président de la Cour d'Appel d'Amsterdam, son père lui a dit : "Tout européen a deux patries : la sienne et la France" (source : Judith Perrigon, Libération, 25 avril 2005).

Cadre au sein du groupe Shell de 1960 à 1976, Frits Bolkestein a travaillé au Honduras, au Salvador, en Afrique, en Indochine, puis en France de 1973 à 1976 (directeur de Shell Chimie France (www.shell.com/home/content/fr-fr/about_shell/shell_en_fra...) , il habite à l'angle de la rue Vavin et du boulevard Raspail à Paris), avant que le tremplin pétrolier ne le propulse à partir de cinquante-cinq ans dans la vie politique de son pays : Député du VVD, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (1978-1982), Secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur (1982-1986), puis Ministre de la Défense (1988-1989).

Héraut des libéraux de son pays, se référant à la pensée libérale du XIXe siècle, Frits Bolkestein est convaincu que le marché doit régner en maître et que l'Etat doit avoir son champ d'intervention limité au minimum. Il a publié en 2006 un essai sur l'influence des intellectuels sur la politique mondiale, un livre dont le sujet le préoccupait depuis cinquante ans : "De twe lampen van de staatsman" Prometheus. D'après Frits Bolkestein, tout ce qu'il a publié antérieurement, notamment une réflexion sur les frontières de l'Union européenne, n'auraient été que des "échauffements".

Voici un extrait du portrait de Frits Bolkestein dressé par Judith Perrigon dans le journal Libération du 25 avril 2005 : "(...) En 1991, alors qu'il devient patron du parti libéral, il écrit une longue tribune sur l'immigration dans un journal de centre-gauche. Il parle d'intégration ratée, de dérive communautaire, de l'obligation pour tous de parler la langue néerlandaise, de l'égalité homme-femme mise à mal par la culture musulmane. Pas un mot qui dérape, mais un pavé dans les eaux dormantes : "Pour ça j'ai été honni". L'année d'après, l'historien Mohammed Arkoun, spécialiste de l'Islam, est de passage. Frits Bolkestein demande à la voir. Il reste un livre de leurs multiples rencontres. "J'ai souvenir d'un homme qui est à la fois très politique et sensible aux contacts avec les intellectuels et les scientifiques. C'est rare", raconte Mohammed Arkoun. Aujourd'hui, le parti socialiste néerlandais a repris les mots de Bolkestein. La société néerlandaise s'est crispée sur ses échecs. Pim Fortuyn, populiste d'extrême droite, l'a dévastée de ses slogans. Assassiné en 2002, il menaçait de devenir Premier Ministre (...). Des livres en quatre langues tapissent les murs (de son bureau à Amsterdam). Ici, c'est le rayon de la France. Il y a là, parmi beaucoup d'autres, Rousseau, Michelet et son "Histoire de la Révolution Française", Guy Sorman et "La solution libérale". Il y a même le Général (...)"

Frits Bolkestein a fait un voyage éclair de deux jours à Paris et à ses frais (a t-il précisé), mardi 5 et mercredi 6 avril 2005, pour rencontrer une centaine de journalistes au Centre d'Accueil de la Presse Etrangères (www.capefrance.com/fr/conferences/2005/4/658.html), afin de défendre à la fois son nom et sa directive. Il a dit ne pas comprendre ce que l'on peut reprocher à la directive qui "malheureusement porte son nom" D'ailleurs, tout au long de son élaboration, ni lui ni la Commission européenne n'ont "eu vent d'une démarche formelle du gouvernement français qui laisse entendre qu'il rejetait le texte. (...) Cette directive ne crée aucun droit qui n'existe déjà. Relisez le Traité de Rome ! La liberté de circulation des services est l'une des libertés fondamentales de l'Union Européenne. On ne peut l'en retirer ! J'ai vu des études d'impact, toutes prévoient qu'après adoption, cette directive aura des effets très positifs sur la croissance et l'emploi". Il est persuadé que : "La France, qui est la quatrième exportatrice de services du monde, a tout à y gagner. Je ne comprends pas cette attitude défensive, d'ou vient cette peur ?".

Pour Frits Bolkestein : "(...) La démocratie n'est pas pour les gens peureux". Il n'est pour les référendums, car il croit à "la démocratie représentative (par les élus), pas à la démocratie directe". Il a voté OUI au référendum au Pays-Bas (source : Judith Perrigon , Libération, 25 avril 2005).

Frits Bolkestein a jugé "inouï" que son texte puisse être complètement retiré alors qu'il applique une des quatre libertés de circulation fondamentale du Traité de Rome. Il a tenté de convaincre que le principe très controversé du "pays d'origine", selon lequel un prestataire se Services ne doit être soumis qu'à la loi du pays dans lequel il est établi, ne constitue pas un risque de "dumping social". Il a rappelé que la directive (adoptée le 12 décembre 2006, qui régit 50 % de l'économie européenne), ne concernera que les travailleurs indépendants, ceux-ci tombant dans le cadre de la loi du pays d'accueil s'ils y créent une entreprise.

"Pour Frits Bolkestein, la France est foutue, le seul moyen "d'éviter la décadence est de travailler plus, plus longtemps, de modérer les salaires et rejeter l'aspiration autodestructrice protectionniste française, qui s'incarne dans le patriotisme économique". Le néerlandais fait toujours dans la dentelle. Pour afficher la couleur, il avait posé devant lui le livre de Nicolas Baverez, chef de file des déclinistes, "La France qui tombe". Et qui semble lui servir de viatique, voire de Bible sur l'état de la société française" (source : Muriel Gremillet, Libération, 10 octobre 2006).

Que contient la directive Bolkestein devenue la directive Services, finalement adoptée en décembre 2006 ?

Consulter : http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/06/st03/st0366...

Relayant l'horreur qu'inspire une telle directive à nombre de français, le site Internet "Europe & Us" (premier média européen interactif) a diffusé le 11 octobre 2006, la réaction indignée Francis Wurtz www.francis-wurtz.eu), Député communiste français au Parlement Européen, intitulée : "AU SECOURS, BOLKESTEIN REVIENT !" (www.europeus.org/archive/2006/10/11/au-secours-bolkestein...).

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