31 octobre 2008

LE CLUB DE ROME

Blog de pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation

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(catégorie : Regard sur la Mondialisation)

4. LE CLUB DE ROME

Etabli dans le domaine privé de Bellagio (Italie), propriété de la famille Rockefeller , le Club de Rome est une association de droit français créé le 8 avril 1968 par Aurelio Peccei (1908-1984), membre du Groupe Bilderberg et numéro deux à l'époque du Groupe FIAT (famille Agnelli), et par l'écossais Alexandre King (1909-2007, www.clubofrome.at/peccei/career.html), chimiste de profession, Directeur général des affaires scientifiques à l'OCDE en 1968, et Président de l'International of Institutes of Advanced Study au moment des faits.

Hautement stratégique, le Club de Rome invite ses membres à étudier l'activité humaine dans son ensemble et à l'échelle mondiale, afin d'appréhender les maux qui affectent la planète. Les conclusions qu'ils tirent de leurs travaux sont habilement suggérés aux responsables politiques, aux organismes internationaux et aux décideurs publics et privés, dans le sens des solutions qu'ils jugent nécessaires.

Le Club de Rome a par exemple servi à mettre en place le mouvement environnemental à l'échelle mondiale. De nombreux rapports sur les problèmes environnementaux faisant état d'une situation de crise furent publiés sous son égide. Membre du conseil de la célèbre association écologiste Friends of Earth (Les Amis de la Terre, www.amisdelaterre.org), Aurelio Peccei est parvenu à anticiper l'évolution exponentielle des nombreux mouvements écologistes apparus à partir des années soixante-dix. Friends of Earth (www.foe.org) est représenté dans 68 pays, compte plus de 5 500 adhérents et sympathisants, et lutte officiellement pour protéger l'homme et l'environnement sous toutes ses formes. 

Les conclusions du rapport publié en 1972 par le Club de Rome, intitulé "Limits to growth" de D. Meadows (Halte à la croissance), a durablement marqué par les esprits. Il s'agit d'une étude de prospective reposant sur l'interaction et l'interdépendance de cinq facteurs critiques comme l'explosion démographique, la production alimentaire, l'industrialisation, l'épuisement des ressources naturelles et la pollution jusqu'à l'horizon de la fin du XXIe siècle. Tous les scénarios envisagés à la suite de cette analyse, grâce à l'aide précieuse d'un nouveau modèle informatique élaboré par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), indiquent que nous connaîtront à plus ou moins longue échéance des pénuries en ressources alimentaires et en matières premières, c'est-à-dire ce que nous commençons concrètement à vivre actuellement.

Si la vision pessimiste qui s'en dégage et les chiffres avancés furent parfois décriés ou contestés, le premier choc pétrolier va surprendre la plupart des pays européens et déstabiliser leur économie. Est-ce un hasard ? Existe t-il un lien de cause à effet avec ce rapport ?

Ce premier choc pétrolier va engendrer en France une situation économique très difficile. Lorsque le 16 octobre 1973, les pays membres de l'Organisation des Pays exportateurs de Pétrole (OPEP) augmentent subitement le prix du baril de pétrole, de 3 à 12 dollars, le nombre des faillites en France bondit de 17 %, et l'inflation atteint 15 %.

Financé par la Fondation Volkswagen (www.volkswagenstiftung.de), ce rapport, qui envisageait par exemple une pénurie probable de l'énergie fossile, - n'était-il pas destiné à préparer les esprits récalcitrants à accepter l'idée d'utiliser l'énergie nucléaire ? Ce rapport a t-il pesé sur les consciences, en amenant progressivement les citoyens à se conformer aux plans préétablis...en coulisses ?

Le premier choc pétrolier va permettre au lobby nucléaire qui avançait jusque-là sous couvert de la commission consultative, Production d'Electricité d'Origine Nucléaire (PEON), d'obtenir du gouvernement français ce qu'il défendait depuis le début des années soixante, c'est-à-dire le lancement du programme nucléaire (1974), consistant principalement à construire des centrales nucléaires. Il sera ensuite imposé par les responsables politiques pour accroître l'indépendance énergétique du pays.

Le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) créé en 1945, a dressé début 2006 un bilan élogieux de son activité : "En France, 76% de l'électricité est d'origine nucléaire. C'est l'une des plus compétitives d'Europe. Grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d'indépendance énergétique proche de 50%, lui garantissant une grande stabilité d'approvisionnement. Actuellement, l'énergie nucléaire représente 16% de la production mondiale d'électricité" (source : CEA, www.cea.fr).

Le Groupe Rockefeller finance le Club de Rome. Ses participations dans de nombreuses compagnies pétrolières lui ont permis d'échapper aux conséquences du premier choc pétrolier : la Standard Oil of New Jersey devenue Exxon (première compagnie pétrolière mondiale), Mobil Oil, Socal, Standard Oil of Indiana... 

Dans son livre intitulé "A century of war : anglo-american oil politics and the new world war" ("Un siècle de guerre : la politique anglo-américaine sur les hydrocarbures et la nouvelle guerre mondiale"), F. William Engdahl contredit la version officielle liée au premier choc pétrolier. Il impute la responsabilité de cette crise aux plans occultes de Groupe Bilderberg réuni en Suède en 1973 :

"Ce que les puissants, regroupés dans le Bilderberg, avaient décidé de façon évidente en ce mois de mai, était de lancer un assaut colossal contre la croissance industrielle dans le monde, afin de faire pencher la balance du pouvoir une nouvelle fois à l'avantage des intérêts financiers anglo-américains et du dollar. Pour ce faire, ils ont décidé d'utiliser leur arme la plus prisée, le contrôle des flux mondiaux de pétrole. La politique du Bilderberg était de déclencher un embargo mondial sur le pétrole, pour forcer une augmentation radicale des prix mondiaux des hydrocarbures. Depuis 1945, le pétrole mondial a été fixé en dollars, selon une habitude internationale, puisque les sociétés pétrolières américaines dominaient le marché de l'après-guerre. Une augmentation importante et soudaine des prix des hydrocarbures signifiait, par conséquent, une augmentation radicale équivalente de la demande mondiale en dollars pour payer les achats nécessaires en hydrocarbures. Les pétrodollars saoudiens se sont alors déplacés vers les "bonnes" banques à Londres et à New York pour financer les déficits du gouvernement américain. Jeu, set et match pour le Bilderberg, ou les mandarins de la finance internationale gagnent toujours".

C'est ainsi que des responsables politiques qui semblent en apparence incompatibles aux yeux des profanes, se retrouvent dans les mêmes cercles de pouvoir pour servir les mêmes intérêts. Pour l'économiste britannique Will Hutton : "Le consensus atteint à chaque réunion du Bilderberg constitue la toile de fond de la politique mondiale. Ce que le Bilderberg décide à toutes les chances d'être mis en application par la réunion du G8 et par les décisions du FMI et de la Banque Mondiale". Bien entendu, si le Groupe Bilderberg n'est pas le Club de Rome, ils sont tous les deux très influents et fonctionnent sur le même principe.

 Le Club de Rome fut présidé successivement par :

- Aurelio PECCEI (1969-1984)

- Alexandre KING (1984-1990)

- Ricardo DIEZ-HOCHLEITNER (1990-2000) : www.idea.int/about/board/diez-hochleitner.cfm

- El Hassan BIN TALAL (2000-2006) : www.elhassan.org

Depuis deux Vice-Présidents se partagent la direction du Club de Rome :

- Ashok KHOSLA : www.khosla.in ; http://cmsdata.iucn.org/custom/elections/president_1_fr.pdf

- Eberhard von KOERBER : Chairman and CEO de Eberhard von Koerber AG, une société internationale de conseil basée à Zurich. Dr Eberhard von Koerber est un observateur au plus haut niveau du secteur des infrastructures au niveau mondial. Il a été Vice-Président exécutif d'ABB Ltd Zurich, en charge de l'Europe, l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient et l'Afrique. Il est présent également au sein de fondations d'éthiques et culturelles allemandes : cofondateur du Centre Wittenberg d'Ethique Globale (www.wcge.org) et Président de la Fondation Mondiale du Scoutisme (http://world.scout.org).

Sous la présidence de Ricardo Diez Hochleitner (1990-2000), l'UNESCO et le Club de Rome ont signé un accord de coopération qui visait à renforcer les liens existants entre les deux organisations : "En favorisant des échanges de vues réguliers et en mettant à la disposition de l'UNESCO les résultats des réflexions et des enquêtes menées par le Club de Rome en coopération avec l'ensemble de la communauté scientifique et intellectuelle" (source : www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/98-220f.htm).

Son Altesse Royale le Prince El Hassan bin Talal (né le 20 mars 1947 à Amman, Jordanie) s'est rendu à Bruxelles le 28 novembre 2008, missionné par le Club de Rome, pour aller présenter aux membres du Parlement Européen et remettre à son Président, Hans-Gert Pöttering, un livre blanc intitulé : "L'énergie verte des déserts - Le concept DESERTEC appliqué à l'énergie, l'eau et la sécurité climatique", - dans lequel les auteurs traitent de "l'immense potentiel des déserts en ce qui concerne la production d'une énergie sûre, propre et abordable pour l'Europe, le Moyen-orient et l'Afrique (EU-MENA)". Le Club de Rome propose un plan d'action international pour régler ce problème et réclame 10 milliards d'euros pour financer la mise en oeuvre du concept DESERTEC.

sources :

Communiqué de presse du Club de Rome Allemagne : www.desertec.org/downloads/articles/press_release_fr_05.pdf

Version PDF préliminaire du livre blanc et du plan d'action : www.desertec.org/downloads/summary_fr.pdf

Version PDF du livre blanc (en anglais) : www.desertec.org/downloads/articles/trec_white_paper.pdf

Le prince El-Hassan bin Talal du Royaume hachémite de Jordanie, ancien Président du Club de Rome (2000-2006), s'est fait connaître du grand public au décès de son frère, le Roi Hussein de Jordanie (1935-1999), lorsqu'il est brutalement écarté de la succession au trône le 25 janvier 1999. Rentré précipitamment des Etats-Unis ou il était soigné pour un cancer en phase terminale, le Roi Hussein désigne subitement son fils aîné Abdallah (né le 30 janvier 1962 à Amman) pour lui succéder, treize jours avant sa mort. Intronisé le 7 février 1999, le nouveau souverain désigné sous le nom d'Abdallah II, est l'époux de la ravissante palestinienne Rania Al-Yassin, née au Koweït.

Le Club de Rome dispose de cellules dans différents pays : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Colombie, Espagne, Finlande, Italie, Maroc, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Russie, Slovaquie, Tchéquie, Ukraine, Venezuela et ex-Yougoslavie. Des organismes lui sont directement affiliés : l'Institut International pour les Applications de l'Analyse des Systèmes, le Centre d'Analyses des Systèmes de Cleveland, l'Institut de Technologie de Hanovre...Certains de ses membres travaillent directement au service du Club de Rome en créant à titre personnel des structures adaptés, comme l'a fait par exemple le français Thierry de Montbrial... 

Le Club de Rome n'admet en son sein que ceux qui lui sont utiles. La liste ci-dessous (non exhaustive) de ses membres d'honneur, donne une idée du degré d'influence dont il bénéficie pour atteindre ses objectifs. Tous ses membres oeuvrent dans la même direction, indépendamment des partis politiques auxquels ils appartiennent respectivement.

Liste (non exhaustive) des membres honoraires du Club de Rome (source : www.clubofrome.org) :

 - Jacques DELORS (ancien Ministre des Finances)

- Raymond BARRE (ancien Premier Ministre français, décédé en 2007)

- Valdas ADAMKUS (Président de la République de Lituanie depuis 1998)

- Frederik WILLEM DE KLERK (Président d'Afrique du Sud de 1989 à 1994)

- Arpad GÖNCZ (Président de la République de Hongrie de 1990 à 2000)

- Vaclav HAVEL (Président de la République Tchèque de 1990 à 2003)

- Le Roi Juan CARLOS Ier d'Espagne

- Mauno KOIVISTO (Président de la République de Finlande de 1982 à 1994)

- Luis LACALLE HERRERA (Président de l'Uruguay de 1990 à 1995)

- Rud LUBBERS (Chef du Gouvernement des Pays-Bas de 1982 à 1994, Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés de 2001 à 2005)

- Rigoberta MENCHU TUM (Prix Nobel de la paix en 1992, guatémaltèque, défend les droits des peuples indigènes)

- Le Prince Philippe de Belgique (premier dans l'ordre de succession au trône)

- La Reine Beatrix des Pays-Bas (règne depuis 1980, épouse de Claus von Amsberg un des fondateurs du Groupe Bilderberg)

- Sophie de Grèce (fille de Paul Ier de Grèce, a épousé le 14 mai 1962 à Athènes le futur Roi d'Espagne, Juan Carlos de Borbon y Borbon)

- Edouard CHEVARDNADZE (ancien Ministre des Affaires Etrangères de Michaël Gorbatchev et ancien Président de la République de Géorgie)

- Karan SINGH (homme politique aux multifonctions, Président of the India Concil for Cultural Relations (ICCR) depuis août 2005)

- Richard von WEIZSÄCKER (Président de la République Fédérale d'Allemagne de 1984 à 1994, Maire CDU de Berlin de 1981 à 1984).

A SUIVRE ...

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Commentaires

Je ne vois pas en quoi les "puissants" n'auraient pas le droit légitime de réfléchir aux destinées du monde et d'influer sur sa politique. Bien sûr ils défendent aussi leurs intérêts. Mais n'est-ce pas le cas de toute organisation humaine ? Les "faibles" s'organisent-ils syndicalement en oubliant leurs avantages acquis ? La dernière grève des pilotes d'Air France était-elle dans l'intérêt public ?

Ne soyons pas trop naïfs.

Ecrit par : Giard | 21 novembre 2008

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