31 octobre 2008

LE CLUB DE ROME

Blog de pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation

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4. LE CLUB DE ROME

Etabli dans le domaine privé de Bellagio (Italie), propriété de la famille Rockefeller , le Club de Rome est une association de droit français créé le 8 avril 1968 par Aurelio Peccei (1908-1984), membre du Groupe Bilderberg et numéro deux à l'époque du Groupe FIAT (famille Agnelli), et par l'écossais Alexandre King (1909-2007, www.clubofrome.at/peccei/career.html), chimiste de profession, Directeur général des affaires scientifiques à l'OCDE en 1968, et Président de l'International of Institutes of Advanced Study au moment des faits.

Hautement stratégique, le Club de Rome invite ses membres à étudier l'activité humaine dans son ensemble et à l'échelle mondiale, afin d'appréhender les maux qui affectent la planète. Les conclusions qu'ils tirent de leurs travaux sont habilement suggérés aux responsables politiques, aux organismes internationaux et aux décideurs publics et privés, dans le sens des solutions qu'ils jugent nécessaires.

Le Club de Rome a par exemple servi à mettre en place le mouvement environnemental à l'échelle mondiale. De nombreux rapports sur les problèmes environnementaux faisant état d'une situation de crise furent publiés sous son égide. Membre du conseil de la célèbre association écologiste Friends of Earth (Les Amis de la Terre, www.amisdelaterre.org), Aurelio Peccei est parvenu à anticiper l'évolution exponentielle des nombreux mouvements écologistes apparus à partir des années soixante-dix. Friends of Earth (www.foe.org) est représenté dans 68 pays, compte plus de 5 500 adhérents et sympathisants, et lutte officiellement pour protéger l'homme et l'environnement sous toutes ses formes. 

Les conclusions du rapport publié en 1972 par le Club de Rome, intitulé "Limits to growth" de D. Meadows (Halte à la croissance), a durablement marqué par les esprits. Il s'agit d'une étude de prospective reposant sur l'interaction et l'interdépendance de cinq facteurs critiques comme l'explosion démographique, la production alimentaire, l'industrialisation, l'épuisement des ressources naturelles et la pollution jusqu'à l'horizon de la fin du XXIe siècle. Tous les scénarios envisagés à la suite de cette analyse, grâce à l'aide précieuse d'un nouveau modèle informatique élaboré par le Massachusetts Institute of Technology (MIT), indiquent que nous connaîtront à plus ou moins longue échéance des pénuries en ressources alimentaires et en matières premières, c'est-à-dire ce que nous commençons concrètement à vivre actuellement.

Si la vision pessimiste qui s'en dégage et les chiffres avancés furent parfois décriés ou contestés, le premier choc pétrolier va surprendre la plupart des pays européens et déstabiliser leur économie. Est-ce un hasard ? Existe t-il un lien de cause à effet avec ce rapport ?

Ce premier choc pétrolier va engendrer en France une situation économique très difficile. Lorsque le 16 octobre 1973, les pays membres de l'Organisation des Pays exportateurs de Pétrole (OPEP) augmentent subitement le prix du baril de pétrole, de 3 à 12 dollars, le nombre des faillites en France bondit de 17 %, et l'inflation atteint 15 %.

Financé par la Fondation Volkswagen (www.volkswagenstiftung.de), ce rapport, qui envisageait par exemple une pénurie probable de l'énergie fossile, - n'était-il pas destiné à préparer les esprits récalcitrants à accepter l'idée d'utiliser l'énergie nucléaire ? Ce rapport a t-il pesé sur les consciences, en amenant progressivement les citoyens à se conformer aux plans préétablis...en coulisses ?

Le premier choc pétrolier va permettre au lobby nucléaire qui avançait jusque-là sous couvert de la commission consultative, Production d'Electricité d'Origine Nucléaire (PEON), d'obtenir du gouvernement français ce qu'il défendait depuis le début des années soixante, c'est-à-dire le lancement du programme nucléaire (1974), consistant principalement à construire des centrales nucléaires. Il sera ensuite imposé par les responsables politiques pour accroître l'indépendance énergétique du pays.

Le Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) créé en 1945, a dressé début 2006 un bilan élogieux de son activité : "En France, 76% de l'électricité est d'origine nucléaire. C'est l'une des plus compétitives d'Europe. Grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d'indépendance énergétique proche de 50%, lui garantissant une grande stabilité d'approvisionnement. Actuellement, l'énergie nucléaire représente 16% de la production mondiale d'électricité" (source : CEA, www.cea.fr).

Le Groupe Rockefeller finance le Club de Rome. Ses participations dans de nombreuses compagnies pétrolières lui ont permis d'échapper aux conséquences du premier choc pétrolier : la Standard Oil of New Jersey devenue Exxon (première compagnie pétrolière mondiale), Mobil Oil, Socal, Standard Oil of Indiana... 

Dans son livre intitulé "A century of war : anglo-american oil politics and the new world war" ("Un siècle de guerre : la politique anglo-américaine sur les hydrocarbures et la nouvelle guerre mondiale"), F. William Engdahl contredit la version officielle liée au premier choc pétrolier. Il impute la responsabilité de cette crise aux plans occultes de Groupe Bilderberg réuni en Suède en 1973 :

"Ce que les puissants, regroupés dans le Bilderberg, avaient décidé de façon évidente en ce mois de mai, était de lancer un assaut colossal contre la croissance industrielle dans le monde, afin de faire pencher la balance du pouvoir une nouvelle fois à l'avantage des intérêts financiers anglo-américains et du dollar. Pour ce faire, ils ont décidé d'utiliser leur arme la plus prisée, le contrôle des flux mondiaux de pétrole. La politique du Bilderberg était de déclencher un embargo mondial sur le pétrole, pour forcer une augmentation radicale des prix mondiaux des hydrocarbures. Depuis 1945, le pétrole mondial a été fixé en dollars, selon une habitude internationale, puisque les sociétés pétrolières américaines dominaient le marché de l'après-guerre. Une augmentation importante et soudaine des prix des hydrocarbures signifiait, par conséquent, une augmentation radicale équivalente de la demande mondiale en dollars pour payer les achats nécessaires en hydrocarbures. Les pétrodollars saoudiens se sont alors déplacés vers les "bonnes" banques à Londres et à New York pour financer les déficits du gouvernement américain. Jeu, set et match pour le Bilderberg, ou les mandarins de la finance internationale gagnent toujours".

C'est ainsi que des responsables politiques qui semblent en apparence incompatibles aux yeux des profanes, se retrouvent dans les mêmes cercles de pouvoir pour servir les mêmes intérêts. Pour l'économiste britannique Will Hutton : "Le consensus atteint à chaque réunion du Bilderberg constitue la toile de fond de la politique mondiale. Ce que le Bilderberg décide à toutes les chances d'être mis en application par la réunion du G8 et par les décisions du FMI et de la Banque Mondiale". Bien entendu, si le Groupe Bilderberg n'est pas le Club de Rome, ils sont tous les deux très influents et fonctionnent sur le même principe.

 Le Club de Rome fut présidé successivement par :

- Aurelio PECCEI (1969-1984)

- Alexandre KING (1984-1990)

- Ricardo DIEZ-HOCHLEITNER (1990-2000) : www.idea.int/about/board/diez-hochleitner.cfm

- El Hassan BIN TALAL (2000-2006) : www.elhassan.org

Depuis deux Vice-Présidents se partagent la direction du Club de Rome :

- Ashok KHOSLA : www.khosla.in ; http://cmsdata.iucn.org/custom/elections/president_1_fr.pdf

- Eberhard von KOERBER : Chairman and CEO de Eberhard von Koerber AG, une société internationale de conseil basée à Zurich. Dr Eberhard von Koerber est un observateur au plus haut niveau du secteur des infrastructures au niveau mondial. Il a été Vice-Président exécutif d'ABB Ltd Zurich, en charge de l'Europe, l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient et l'Afrique. Il est présent également au sein de fondations d'éthiques et culturelles allemandes : cofondateur du Centre Wittenberg d'Ethique Globale (www.wcge.org) et Président de la Fondation Mondiale du Scoutisme (http://world.scout.org).

Sous la présidence de Ricardo Diez Hochleitner (1990-2000), l'UNESCO et le Club de Rome ont signé un accord de coopération qui visait à renforcer les liens existants entre les deux organisations : "En favorisant des échanges de vues réguliers et en mettant à la disposition de l'UNESCO les résultats des réflexions et des enquêtes menées par le Club de Rome en coopération avec l'ensemble de la communauté scientifique et intellectuelle" (source : www.unesco.org/bpi/fre/unescopresse/98-220f.htm).

Son Altesse Royale le Prince El Hassan bin Talal (né le 20 mars 1947 à Amman, Jordanie) s'est rendu à Bruxelles le 28 novembre 2008, missionné par le Club de Rome, pour aller présenter aux membres du Parlement Européen et remettre à son Président, Hans-Gert Pöttering, un livre blanc intitulé : "L'énergie verte des déserts - Le concept DESERTEC appliqué à l'énergie, l'eau et la sécurité climatique", - dans lequel les auteurs traitent de "l'immense potentiel des déserts en ce qui concerne la production d'une énergie sûre, propre et abordable pour l'Europe, le Moyen-orient et l'Afrique (EU-MENA)". Le Club de Rome propose un plan d'action international pour régler ce problème et réclame 10 milliards d'euros pour financer la mise en oeuvre du concept DESERTEC.

sources :

Communiqué de presse du Club de Rome Allemagne : www.desertec.org/downloads/articles/press_release_fr_05.pdf

Version PDF préliminaire du livre blanc et du plan d'action : www.desertec.org/downloads/summary_fr.pdf

Version PDF du livre blanc (en anglais) : www.desertec.org/downloads/articles/trec_white_paper.pdf

Le prince El-Hassan bin Talal du Royaume hachémite de Jordanie, ancien Président du Club de Rome (2000-2006), s'est fait connaître du grand public au décès de son frère, le Roi Hussein de Jordanie (1935-1999), lorsqu'il est brutalement écarté de la succession au trône le 25 janvier 1999. Rentré précipitamment des Etats-Unis ou il était soigné pour un cancer en phase terminale, le Roi Hussein désigne subitement son fils aîné Abdallah (né le 30 janvier 1962 à Amman) pour lui succéder, treize jours avant sa mort. Intronisé le 7 février 1999, le nouveau souverain désigné sous le nom d'Abdallah II, est l'époux de la ravissante palestinienne Rania Al-Yassin, née au Koweït.

Le Club de Rome dispose de cellules dans différents pays : Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Bulgarie, Canada, Colombie, Espagne, Finlande, Italie, Maroc, Pays-Bas, Pologne, Roumanie, Russie, Slovaquie, Tchéquie, Ukraine, Venezuela et ex-Yougoslavie. Des organismes lui sont directement affiliés : l'Institut International pour les Applications de l'Analyse des Systèmes, le Centre d'Analyses des Systèmes de Cleveland, l'Institut de Technologie de Hanovre...Certains de ses membres travaillent directement au service du Club de Rome en créant à titre personnel des structures adaptés, comme l'a fait par exemple le français Thierry de Montbrial... 

Le Club de Rome n'admet en son sein que ceux qui lui sont utiles. La liste ci-dessous (non exhaustive) de ses membres d'honneur, donne une idée du degré d'influence dont il bénéficie pour atteindre ses objectifs. Tous ses membres oeuvrent dans la même direction, indépendamment des partis politiques auxquels ils appartiennent respectivement.

Liste (non exhaustive) des membres honoraires du Club de Rome (source : www.clubofrome.org) :

 - Jacques DELORS (ancien Ministre des Finances)

- Raymond BARRE (ancien Premier Ministre français, décédé en 2007)

- Valdas ADAMKUS (Président de la République de Lituanie depuis 1998)

- Frederik WILLEM DE KLERK (Président d'Afrique du Sud de 1989 à 1994)

- Arpad GÖNCZ (Président de la République de Hongrie de 1990 à 2000)

- Vaclav HAVEL (Président de la République Tchèque de 1990 à 2003)

- Le Roi Juan CARLOS Ier d'Espagne

- Mauno KOIVISTO (Président de la République de Finlande de 1982 à 1994)

- Luis LACALLE HERRERA (Président de l'Uruguay de 1990 à 1995)

- Rud LUBBERS (Chef du Gouvernement des Pays-Bas de 1982 à 1994, Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés de 2001 à 2005)

- Rigoberta MENCHU TUM (Prix Nobel de la paix en 1992, guatémaltèque, défend les droits des peuples indigènes)

- Le Prince Philippe de Belgique (premier dans l'ordre de succession au trône)

- La Reine Beatrix des Pays-Bas (règne depuis 1980, épouse de Claus von Amsberg un des fondateurs du Groupe Bilderberg)

- Sophie de Grèce (fille de Paul Ier de Grèce, a épousé le 14 mai 1962 à Athènes le futur Roi d'Espagne, Juan Carlos de Borbon y Borbon)

- Edouard CHEVARDNADZE (ancien Ministre des Affaires Etrangères de Michaël Gorbatchev et ancien Président de la République de Géorgie)

- Karan SINGH (homme politique aux multifonctions, Président of the India Concil for Cultural Relations (ICCR) depuis août 2005)

- Richard von WEIZSÄCKER (Président de la République Fédérale d'Allemagne de 1984 à 1994, Maire CDU de Berlin de 1981 à 1984).

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29 octobre 2008

NEESLIE KROES : COMMISSAIRE EUROPEEN A LA CONCURRENCE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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12. NEELIE KROES : COMMISSAIRE EUROPEEN EN CHARGE DE LA CONCURRENCE

La nomination de Neelie Kroes (née le 19 juillet en 1941 à Rotterdam, Pays-Bas) dans l'équipe de José Manuel Barroso, a suscité une vive controverse au Parlement Européen.

"Alors que les députés européens auditionnent à partir du 28 septembre 2004 les 25 membres de la nouvelle Commission, tous les regards se braquent déjà vers Neelie Kroes. La néerlandaise, à qui a échu le portefeuille décisif de la Concurrence, est attendue au tournant par les élus de gauche. Plus que ses convictions ultralibérales ou son passage remarqué au gouvernement de La Haye (ou elle a mené tambour battant la privatisation de la poste), ce sont les liens de Neelie Kroes avec le monde des affaires qui ont suscité la polémique. Son CV, rendu public comme l'exigent les règlements de Bruxelles, a des allures de guide michelin des grandes entreprises européennes, elle est au conseil d'administration du suédois "Volvo", siège chez le français "Thalès", touche des jetons de présence chez le britannique "P&O" ou le néerlandais "Ballast Nedam". En tout une douzaine de sociétés exerçant dans des domaines aussi variés que l'électronique, la construction, les transports et les télécommunications.

 Amenée à valider ou a rejeter les fusions, mais aussi les aides publiques, la néerlandaise jure ses grands dieux qu'elle pourra se prononcer "en toute indépendance". Elle est résolue à abandonner tous ses mandats privés, à compter du 1er septembre 2004 et a même dû promettre, face à la polémique croissante, de ne pas se relancer dans le business après la fin de son mandat. (...) A Bruxelles, le cas Neelie Kroes continue à faire des vagues. Tout en affirmant qu'il n'y avait pas de "conflit d'intérêt" entre la passé de la Commissaire et ses futures fonctions, les services juridiques de la Commission Européenne lui ont conseillé de déléguer aux autres Commissaires tous les dossiers touchant les firmes ou elle a siégé et leurs rivales. Le champ est large. Avant même son entrée en fonction le 1er novembre 2004, voici l'une des Commissaires les plus influentes, menacée d'être mise sur la touche. Et l'indépendance proclamée de l'équipe Barroso par rapport aux grandes multinationales sérieusement écornée" (source : Paul Falzon, L'Humanité, 24 septembre 2004).

Audition de Madame Neelie Kroes par la Commission des Affaires économiques et monétaires le 28 septembre 2004 : www.europarl.europa.eu/press/audicom2004/resume/040928_kr...

Site Internet de Neelie Kroes à la Commission Européenne : http://ec.europa.eu/commission_barroso/kroes/index_fr.html

Le magazine L'Express du 6 décembre 2004 s'est lui aussi interrogé sur le cas de la Commissaire Européenne à la Concurrence : "Sera t-elle à la hauteur ? Alors que Neelie Kroes, 63 ans, vient le 22 novembre 2004, de succéder à "super Mario" Monti comme Commissaire Européen à la Concurrence, la question, à Bruxelles et ailleurs, est dans tous les esprits. Véritable star aux Pays-bas, cette fille d'un négociant de Rotterdam, qui a rapidement gravi les marches du pouvoir, reste peu connue de son pays. Et ses intentions, ainsi que sa capacité à les mener à bien, ne le sont pas davantage. En tout cas, une chose est sûre : sa marge de manoeuvre sera limitée. Une quinzaine de jour à peine après son entrée en fonction, elle a déjà été contrainte, pour éviter d'éventuels conflits d'intérêts, de se décharger de cinq dossiers concernant des entreprises avec lesquelles elle se trouvait liée. Car, si cette membre du parti libéral (doite), connue pour son opiniâtreté, est d'abord un formidable animal politique (elle fut députée à 31 ans, Secrétaire d'Etat à 36 ans et Ministre des Transports à 40) elle est également très proche du "big business"; avant son arrivée à Bruxelles, elle présidait la plus grande université privée néerlandaise et faisait partie des conseils d'administrations d'une vingtaine d'entreprises. Et pas n'importe lesquelles : Volvo, Lucent Technologies, Thales, P&O Nedloyd, pour ne citer que les plus connues. C'est précisément cette double casquette qui a séduit José Manuel Barroso (...), soucieux de nommer des commissaires européens proches du terrain" (source : Benjamin Masse-Stamberger, L'Express, semaine du 6 décembre 2004).

José Manuel Barroso a confié à Charlie Mc Creevy, Commissaire Européen en charge du Marché Intérieur et des Services (http://ec.europa.eu/commission_barroso/mccreevy/index_fr....), les dossiers dont s'est dessaisie Neelie Kroes conformément au code de "bonne conduite" édicté lors de son investiture.

Même Daniel Cohn-Bendit, Co-Président du Groupe des Verts/ALE au Parlement Européen s'est offusqué dans un communiqué du comportement de la Commissaire chargée de la Concurrence, lorsqu'elle a appelé à voter en faveur d'Angela Merkel en septembre 2005 : "La recommandation faite par la Commissaire à la Concurrence en faveur de'Angela Merkel dans une contribution personnelle pour le quotidien néerlandais "Trow", est une interférence sans précédent dans une campagne électorale nationale.

Il est certes compréhensible qu'il y ait des affinités entre Mme Neelie Kroes, ancienne femme d'affaires dont le passé comporte des zones d'ombre avec un parti qui a eu recours à des caisses noires.

Mais un Commissaire de l'Union Européenne a le devoir de rester neutre, sa recommandation est donc scandaleuse. Neelie Kroes, confirmée comme Commissaire Européen avec d'énormes réserves par le Parlement Européen démontre à l'évidence qu'elle n'est pas à sa place. Si elle veut faire de la politique de manière partisane, elle devrait retourner aux Pays-Bas" (source : http://verts-europe-sinophe.net/article307.html).

Sur son blog, Jean Quatremer, le correspondant du journal Libération à Bruxelles, affirme, jeudi 11 mai 2006, que la Commissaire Européenne chargée de la Concurrence côtoie des individus jugés peu fréquentables : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/05/ne... .

Quelques jours plus tard Jean Quatremer récidivait tout en publiant le droit de réponse demandé par Neelie Kroes :  http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2006/05/ne... 

Neelie Kroes est l'épouse à la ville de l'ancien Maire socialiste de Rotterdam (1982-1998) et ancien Ministre de l'intérieur (1998-2000) : Abraham (Bram) Peper (né le 13 février 1940) : www.parlement.com/9291000/modulesf/g0zwnzja?n=02901

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27 octobre 2008

LE MAROC ET L'EUROPE

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13. LE MAROC ET L'EUROPE

En novembre 1988, Son Altesse Royale du Maroc, le Prince héritier Mohamed Ben El Hassan Alaoui (né le 21 août 1963 à Rabat, Maroc), a effectué un stage de plusieurs mois au sein du cabinet de Jacques Delors, Président de la Commission Européenne (CEE), ou il s'est familiarisé aux arcanes de l'administration de Bruxelles. Ce stage a permis au fils aîné d'Hassan II d'obtenir le 29 octobre 1993, le titre de docteur en droit de l'Université de Nice Sophia-Antipolis, pour sa thèse sur "La coopération entre l'Union Européenne et les pays du Maghreb" (publiée aux Editions Nathan en 1994, collection "Références internationales"). 

Créé lors de la Conférence de Barcelone des 27-28 novembre 1995, le Partenariat Euro-Méditerranéen, dit Processus de Barcelone, regroupe les 25 Etats membres de l'Union Européenne et 10 Etats du Sud et de l'Est de la méditerranée : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, Israël, Autorité Palestinienne, Jordanie, Liban, Syrie et Turquie.

Le Partenariat Euro-Méditerranéen est la seule enceinte qui réunit depuis plus de dix ans l'ensemble des pays riverains de la Méditerranée. Un climat de confiance et de dialogue s'est instauré entre arabes, européens, israéliens et turcs, et a bénéficié à la présence extérieure de l'Union Européenne. Mais plus de dix ans après son lancement, le bilan du Processus de Barcelone est mitigé, la Déclaration de Barcelone n'ayant pas encore été intégralement mise en application. Dans le cadre de la Politique Européenne de Voisinage (PEV, http://ec.europa.eu/world/enp/index_fr.htm) qui vise depuis 2003 à permettre un rapprochement plus ciblé de l'Union Européenne avec les pays situés à ses frontières, des plans d'action ont été négociés avec la Jordanie, la Tunisie, le Maroc, l'Autorité Palestinienne et Israël. La Commission Européenne poursuit ses efforts en vue de la réalisation de la zone de libre-échange entre l'Union Européenne et ses partenaires Euro-Méditerranéens. Suite aux conclusions de la conférence de Luxembourg en mai 2005, la Commission Européenne a présenté des projets de mandats de négociation pour la libéralisation des services et du droit d'établissement et pour la libéralisation des produits agricoles et produits transformés de l'agriculture et de la pêche). 

Au Maroc, le Processus de Barcelone aboutira à la signature d'un accord d'association Euro-Méditerranéen dans le cadre du Programme de Coopération pour le Partenariat Méditerranéen (MEDA, http://europa.eu/scadplus/leg/fr/lvb/r15006.htm), composé principalement de subventions et mis en oeuvre par l'Union Européenne. Signé le 26 février 1996 à Bruxelles, et entré en vigueur le 1er mars 2000, il établit une association bilatérale entre l'union Européenne et le Maroc.

Fin 2003, le Maroc avait déjà bénéficié d'un total de 1,181 milliard d'euros en crédits d'engagement dans le cadre du programme MEDA : 656 millions d'euros sous MEDA I (1995-1999) et 524,5 millions d'euros sous MEDA II (2000-2003). Quand à la Banque Européenne d'Investissement (BEI, www.bei.org), le volume de ses prêts en faveur du Maroc pour la période 1995-2000 s'est élevé à plus de 1,220 milliards d'euros.

A l'occasion de la septième session du Conseil d'Association entre l'Union Européenne et le Maroc qui s'est tenue à Luxembourg, lundi 13 octobre 2008, l'Union Européenne a approuvé une série de mesures visant à renforcer le partenariat avec le Maroc. C'est une première dans la région. Le Maroc est aujourd'hui le seul pays avec lequel l'Union Européenne entretient des relations durables.

Ces mesures concernent en particulier la coopération en matière politique et de sécurité, la préparation d'un accord de libre échange global et approfondi, l'intégration progressive du Maroc dans plusieurs politiques sectorielles de l'Union Européenne, et le développement des échanges entre les peuples. Elles visent à appuyer concrètement le processus de modernisation et de transition démocratique entrepris par le Maroc depuis plusieurs années et pour lequel le Maroc demande un appui conséquent.

Dans le domaine politique, les propositions concernent notamment la mise en place, sur une base ad-hoc, d'un Sommet Union Européenne - Maroc de mécanismes, de mécanismes de concertation au niveau ministériel, l'invitation du Maroc en marge de certaines réunions ministérielles ou de certains groupes du Conseil de l'Union Européenne (par exemple les réunions des Ministres des Affaires Etrangères ou des Ministres des Transports, les groupes du Maghreb - Mashrek ou Afrique du Conseil), la négociation d'un accord cadre pour la participation du Maroc aux opérations de gestion des crises, etc. En matière économique et sectorielle, les propositions visent à l'harmonisation législative et réglementaire, suivant une méthode graduelle et qui concerne d'abord des secteurs prioritaires. En outre, il est proposé d'approfondir les relations commerciales à travers un accord de libre échange global et approfondi, qui couvre de nouveaux domaines (marchés publics, droits de la propriété intellectuelle, mouvements des capitaux, concurrence, développement durable, etc...)

Sources :

http://ec.europa.eu/external_relations/morocco/index_fr.htm

www.ue2008.fr/PFUE/cache/offonce/lang/fr/accueil/PFUE-10_...

www.ue2008.fr/PFUE/site/PFUE/lang/fr/conseil_d_associatio...

www.ue2008.fr/webdav/site/PFUE/shared/import/1013_UE_Maro...

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24 octobre 2008

FRITS BOLKESTEIN ET LA DIRECTIVE BOLKESTEIN

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3. FRITS BOLKESTEIN ET LA DIRECTIVE BOLKESTEIN

Frits Bolkestein

Le néerlandais Frederik Bolkestein, dit Frits Bolkestein (né en 1933 à Amsterdam, Pays-Bas) est connu en France depuis la polémique liée à la directive européenne de libéralisation des services portant initialement son nom. S'il a donné son nom à la directive Bolkestein, il a accusé ceux qui l'ont rejetée de faire preuve de xénophobie.

Frits Bolkestein (www.fritsbolkestein.com) a trois enfants de sa première épouse aujourd'hui décédée. Il s'est remarié en France avec une ancienne actrice dans le petit village de Ramousies (département du Nord), ou il possède une gentilhommière achetée il y a plus de trente ans.

Membre du Bilderberg et du Royal Institut of international Affairs (RIIA) (www.chathamhouse.org.uk) , Frederik Bolkestein a une Maîtrise de droit passée à l'Université de Leyde en 1965 (ou il enseigne actuellement), - connue aux Pays-Bas pour former l'élite intellectuelle conservatrice. Il possède un diplôme en mathématiques de l'Oregon State College (1951-1953, USA), un diplôme d'économie de l'Université de Londres (1954), un diplôme en mathématiques et physique et un diplôme de philosophie et de grec de l'Université de Gemeentelijke (1955-1959) d'Amsterdam.

Le grand-père de Frits Bolkestein, instituteur, fut Ministre du cabinet de guerre des Pays-Bas à Londres pendant la Seconde Guerre Mondiale. Lorsqu'il était jeune, Frederik Bolkestein aurait été marqué par le sort que l'Allemagne réserva à son père, déporté comme otage pendant quatre ans, et qui, une fois libéré en 1944, "apporta le vent d'hiver dans la famille" Devenu Président de la Cour d'Appel d'Amsterdam, son père lui a dit : "Tout européen a deux patries : la sienne et la France" (source : Judith Perrigon, Libération, 25 avril 2005).

Cadre au sein du groupe Shell de 1960 à 1976, Frits Bolkestein a travaillé au Honduras, au Salvador, en Afrique, en Indochine, puis en France de 1973 à 1976 (directeur de Shell Chimie France (www.shell.com/home/content/fr-fr/about_shell/shell_en_fra...) , il habite à l'angle de la rue Vavin et du boulevard Raspail à Paris), avant que le tremplin pétrolier ne le propulse à partir de cinquante-cinq ans dans la vie politique de son pays : Député du VVD, le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (1978-1982), Secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur (1982-1986), puis Ministre de la Défense (1988-1989).

Héraut des libéraux de son pays, se référant à la pensée libérale du XIXe siècle, Frits Bolkestein est convaincu que le marché doit régner en maître et que l'Etat doit avoir son champ d'intervention limité au minimum. Il a publié en 2006 un essai sur l'influence des intellectuels sur la politique mondiale, un livre dont le sujet le préoccupait depuis cinquante ans : "De twe lampen van de staatsman" Prometheus. D'après Frits Bolkestein, tout ce qu'il a publié antérieurement, notamment une réflexion sur les frontières de l'Union européenne, n'auraient été que des "échauffements".

Voici un extrait du portrait de Frits Bolkestein dressé par Judith Perrigon dans le journal Libération du 25 avril 2005 : "(...) En 1991, alors qu'il devient patron du parti libéral, il écrit une longue tribune sur l'immigration dans un journal de centre-gauche. Il parle d'intégration ratée, de dérive communautaire, de l'obligation pour tous de parler la langue néerlandaise, de l'égalité homme-femme mise à mal par la culture musulmane. Pas un mot qui dérape, mais un pavé dans les eaux dormantes : "Pour ça j'ai été honni". L'année d'après, l'historien Mohammed Arkoun, spécialiste de l'Islam, est de passage. Frits Bolkestein demande à la voir. Il reste un livre de leurs multiples rencontres. "J'ai souvenir d'un homme qui est à la fois très politique et sensible aux contacts avec les intellectuels et les scientifiques. C'est rare", raconte Mohammed Arkoun. Aujourd'hui, le parti socialiste néerlandais a repris les mots de Bolkestein. La société néerlandaise s'est crispée sur ses échecs. Pim Fortuyn, populiste d'extrême droite, l'a dévastée de ses slogans. Assassiné en 2002, il menaçait de devenir Premier Ministre (...). Des livres en quatre langues tapissent les murs (de son bureau à Amsterdam). Ici, c'est le rayon de la France. Il y a là, parmi beaucoup d'autres, Rousseau, Michelet et son "Histoire de la Révolution Française", Guy Sorman et "La solution libérale". Il y a même le Général (...)"

Frits Bolkestein a fait un voyage éclair de deux jours à Paris et à ses frais (a t-il précisé), mardi 5 et mercredi 6 avril 2005, pour rencontrer une centaine de journalistes au Centre d'Accueil de la Presse Etrangères (www.capefrance.com/fr/conferences/2005/4/658.html), afin de défendre à la fois son nom et sa directive. Il a dit ne pas comprendre ce que l'on peut reprocher à la directive qui "malheureusement porte son nom" D'ailleurs, tout au long de son élaboration, ni lui ni la Commission européenne n'ont "eu vent d'une démarche formelle du gouvernement français qui laisse entendre qu'il rejetait le texte. (...) Cette directive ne crée aucun droit qui n'existe déjà. Relisez le Traité de Rome ! La liberté de circulation des services est l'une des libertés fondamentales de l'Union Européenne. On ne peut l'en retirer ! J'ai vu des études d'impact, toutes prévoient qu'après adoption, cette directive aura des effets très positifs sur la croissance et l'emploi". Il est persuadé que : "La France, qui est la quatrième exportatrice de services du monde, a tout à y gagner. Je ne comprends pas cette attitude défensive, d'ou vient cette peur ?".

Pour Frits Bolkestein : "(...) La démocratie n'est pas pour les gens peureux". Il n'est pour les référendums, car il croit à "la démocratie représentative (par les élus), pas à la démocratie directe". Il a voté OUI au référendum au Pays-Bas (source : Judith Perrigon , Libération, 25 avril 2005).

Frits Bolkestein a jugé "inouï" que son texte puisse être complètement retiré alors qu'il applique une des quatre libertés de circulation fondamentale du Traité de Rome. Il a tenté de convaincre que le principe très controversé du "pays d'origine", selon lequel un prestataire se Services ne doit être soumis qu'à la loi du pays dans lequel il est établi, ne constitue pas un risque de "dumping social". Il a rappelé que la directive (adoptée le 12 décembre 2006, qui régit 50 % de l'économie européenne), ne concernera que les travailleurs indépendants, ceux-ci tombant dans le cadre de la loi du pays d'accueil s'ils y créent une entreprise.

"Pour Frits Bolkestein, la France est foutue, le seul moyen "d'éviter la décadence est de travailler plus, plus longtemps, de modérer les salaires et rejeter l'aspiration autodestructrice protectionniste française, qui s'incarne dans le patriotisme économique". Le néerlandais fait toujours dans la dentelle. Pour afficher la couleur, il avait posé devant lui le livre de Nicolas Baverez, chef de file des déclinistes, "La France qui tombe". Et qui semble lui servir de viatique, voire de Bible sur l'état de la société française" (source : Muriel Gremillet, Libération, 10 octobre 2006).

Que contient la directive Bolkestein devenue la directive Services, finalement adoptée en décembre 2006 ?

Consulter : http://register.consilium.europa.eu/pdf/fr/06/st03/st0366...

Relayant l'horreur qu'inspire une telle directive à nombre de français, le site Internet "Europe & Us" (premier média européen interactif) a diffusé le 11 octobre 2006, la réaction indignée Francis Wurtz www.francis-wurtz.eu), Député communiste français au Parlement Européen, intitulée : "AU SECOURS, BOLKESTEIN REVIENT !" (www.europeus.org/archive/2006/10/11/au-secours-bolkestein...).

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22 octobre 2008

JACQUES BARROT

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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2. JACQUES BARROT

Jacques Barrot (né en 1937 à Yssingeaux, Haute-Loire), Vice-président de la Commission européenne, chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité, depuis mai 2008, a durement fustigé les partisans du NON au référendum 2005 sur l'Europe, lors d'un entretien accordé au quotidien régional Le Progrès (Rhône-Alpes), publié le 22 avril 2005. Extrait :

Le Progrès : "Le OUI va mal. Fallait-il vraiment un référendum le 29 mai 2005 ?

Jacques Barrot : "Je n'étais pas un ardent partisan du référendum. Je l'avais dit car, s'agissant d'une Constitution et d'une organisation des pouvoirs, le Parlement (français) pouvait dans ce cas là jouer parfaitement son rôle. Maintenant, pour l'instant, nous sommes devant une campagne de désinformation ou le mensonge l'emporte parfois, tout simplement parce qu'il est de bon ton de dire NON. C'est snob de dire NON ! Tout ceci parce que les forces les plus conservatrices de ce pays ont su amalgamer les peurs pour faire monter le NON, au risque de porter atteinte à la crédibilité de la France".

Le Progrès : "Et l'affaire Bolkestein ?"

Jacques Barrot : "La désinformation est complète. La proposition Bolkestein était une proposition de l'ancienne Commission Prodi. A ma demande, la nouvelle Commission européenne avait accepté de la revoir en profondeur, notamment à la lumière des propositions du Parlement européen qui est seul, avec le Conseil des Ministre Européen, apte à décider. C'est ce qui est en train de se passer. Le texte respectera la directive des salariés détachés. Cette directive Bolkestein qui, elle a déjà été votée en 1996 sous la présidence française de l'Union Européenne, prévoit que les travailleurs d'autres Etats-membres de l'Union, employés sur un chantier lyonnais, sont assujettis au droit social français. Au printemps de 1996, je présidais le Conseil des Ministres Européens ou j'ai pu adopter cette disposition contre le dumping social".

Le Progrès : "Ce poste de Commissaire européen, c'est un peu votre bâton de Maréchal ?"

Jacques Barrot : "Je ne dirai pas cela. Terminer ma vie politique à la Commission européenne est plus qu'un honneur. C'est une mission très importante pour moi qui ait toujours milité pour une Europe forte. Je dois vous avouer que j'avis laissé entendre à François Mitterrand mon désir d'être nommé Commissaire européen, mais il fallait que j'abandonne tous mes mandats électifs. Jacques Chirac a bien voulu me faire confiance pour siéger comme Vice-président à la commission européenne. C'est un nouvel engagement, d'autant plus passionnant que la politique des transports est une politique européenne au plein sens du terme, c'est-à-dire avec un vrai pouvoir d'action".

Il semble que Jacques Barrot n'a pas été jugé suffisamment habile à séduire les électeurs à la télévision, au moment charnière ou les sondages commençaient à montrer que les français penchaient plutôt vers le NON. Il sera écarté médiatiquement, et son passage dans l'émission de Christine Ockrent en avril 2005 sera brutalement annulé : "Décidément, les Commissaires européens n'ont pas de chance avec les médias. Hier, José Manuel Barroso n'était plus invité à "100 minutes pour convaincre", aujourd'hui, c'est "France Europe Express" qui a annulé son rendez-vous avec Jacques Barrot, "le français de la Commission", relavait dans Le Point, Charles Jaigu (source : Le Point, semaine du jeudi 21 avril 2005, n° 1701, p 67).

Dans un communiqué daté du 30 mars 2005, la Société Des Journalistes (SDJ) de France 2 a regretté que la chaîne ait "défrayé la chronique" pour de "très mauvaises raisons", citant le report de l'émission d'Arlette Chabot, "100, minutes pour convaincre" avec le Président de la Commission européenne, prévue initialement jeudi 21 avril 2005. Cette émission n'aura finalement jamais lieu. Officiellement, cette décision a été prise dans le souci d'éviter toute polémique sur l'appréciation des temps de parole entre les différents partis politiques et les partisans du OUI et du NON, a t-on expliqué à France Télévision. 

L'hebdomadaire L'Express a affirmé quant à lui dans son édition du 26 mars 2005, que la cabinet du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin "s'est chargé de demander aux responsables de France Télévision de renoncer" à cette émission, à la suite de la "colère" du Président de la République Jacques Chirac, qui aurait été provoquée par cette invitation. "A l'heure ou la chaîne entend jouer un rôle pédagogique en expliquant le projet de Constitution européenne, il est paradoxal de se priver d'un acteur central dans ce dossier" a estimé pour sa part la Société Des Journalistes. Et d'ajouter : "France 2 donne l'impression qu'elle est aux ordres. (...) Notre rédaction n'est en rien responsable dans cette affaire qui a été négociée sans elle. (...) Malheureusement, le téléspectateur ne fait pas la différence, et une fois de plus c'est l'image du journalisme pratiqué à France 2 qui en pâtit". La CFDT Radio Télé s'est également émue de l'ajournement de l'invitation de José manuel Barroso, évoquant dans un communiqué "un cas de censure comme on en connaît plus depuis l'ancien Ministre de l'Information Alain Peyrefitte".

Jacques Barrot a également été au sein de l'Union Européenne (http://ec.europa.eu/commission_barroso/barrot/mybackgroun...) :

- Vice-président de la Commission européenne, chargé des transports, de novembre 2004 à mai 2008.

- Commissaire européen chargé de la politique régionale, d'avril 2004 à novembre 2004).

Jacques Barrot est le mentor en politique de Laurent Wauquiez (né en 1975 à Lyon). D'abord suppléant de Jacques Barrot, Laurent Wauquiez (www.wauquiez.net) devient député de Haute-Loire en 2004, lorsque Jacques Barrot est nommé Commissaire européen. En juin 2007, Laurent Wauquiez s'est fait réélire dès le premier tour des élections législatives, avec 58,13 % des voix. Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre François Fillon et porte-parole du gouvernement de mai 2007 à mars 2008, Laurent Wauquiez est nommé Secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi auprès de la Ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi (www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/biographie_5/laurent...). Lors des éléctions municipales de mars 2008, Laurent Wauquiez est devenu le Maire de la Ville du Puy-en-Velay (www.mairie-le-puy-en-velay.fr).

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20 octobre 2008

LE MOUVEMENT EUROPEEN INTERNATIONAL (MEI)

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14. LE MOUVEMENT EUROPEEN INTERNATIONAL (MEI)

Cette association internationale a son siège à Bruxelles. Le Mouvement Européen International (www.europeanmovement.org) fédère des associations et des particuliers désireux d'oeuvrer à la construction d'une Europe unie. Peu connue des profanes, le Mouvement Européen International a cependant joué un rôle déterminant dans la construction de l'Europe.

Le "Congrès de La Haye", appelé à l'époque "Congrès de l'Europe", a rassemblé du 7 au 10 mai 1948, 750 délégués européens sous la présidence de Winston Churchill, auxquels se sont joints des observateurs canadiens et américains et les souverains des Pays-Bas. Parmi les participants se trouvaient douze anciens Premiers Ministres (dont les français Paul Ramadier et Paul Reynaud), de nombreux Ministres et Parlementaires (dont François Mitterrand), et des personnalités de toutes disciplines : des hommes de lettres (Salvador de Madariaga, Denis de Rougemont, Raymond Aron), des philosophes (Bertrand Russel), des Prix Nobel, des artistes, des personnalités de la résistance, et l'économiste Ernesto Rossi.

Frédéric Charpier explique dans son livre "La CIA en France, 60 ans d'ingérence dans les affaires françaises" (Seuil,2008) : "A l'échelon politique, Washington appuie et finance donc les courants de pensée proeuropéens, alors représentés par les fédéralistes et les partisans d'une Union Européenne. Il s'agit en fait de donner une substance politique à l'esprit de reconquête, de consolider le bloc occidental qui, en cas de conflit, sera naturellement en première ligne. (...) En novembre 1947, se crée un comité de coordination qui rassemble l'Union Européenne des Fédéralistes (UEF) présidée par Henri Frenay, l'United Europe Movement de Winston Churchill, le Mouvement pour les Etats-Unis socialistes de l'Europe de Jean Monnet et les Nouvelles Equipes Internationales. (...) Trois ans seulement après l'armistice en Europe, ce congrès marque la naissance du Mouvement Européen, qui n'existera officiellement que le 5 janvier 1949, à la suite d'une réunion solennelle qui se tiendra à New York sous les auspices de la Fondation Woodrow Wilson, du nom de l'ancien Président des Eats-Unis.

Présidées par l'anglais Enthony Eden et le hollandais Paul van Zeeland, les séances plénières (du Congrès de Mai 1948), se déroulent dans un ancien relais de chasse, la Ridderzaal, dite salle des chevaliers du château de La Haye. Dix-sept pays sont représentés, dont la France, la Grande Bretagne, la Belgique, les Pays-Bas, l'Italie et l'Allemagne, les mêmes qui vont en 1949 créer l'OTAN et signer le Pacte Atlantique. Quelques fonds du plan Marshall ont servi à l'organisation du Congrès de La Haye, couvrant les frais d'hébergement des 750 participants. Mais s'il veut s'inscrire dans la durée, Le Mouvement Européen a besoin d'aides financières importantes, régulières et d'un camouflage approprié pour ses canaux de financement.

Ainsi apparaît en 1949 le Comité Américain pour l'Europe Unie (CAEU). Son staff dirigeant comprend notamment plusieurs anciens pontes du renseignement comme William Donovan (ex-patron de l'OSS, ancêtre de la CIA) (...). A partir du printemps 1949, la machine se met en place. Les subventions pleuvent sur les mouvements proeuropéens. Le Comité et la CIA, son principal bailleurs de fond, débloquent une première tranche d'un peu moins de 14 millions de francs, qui permet de financer les premières réunions du Conseil de l'Europe de Strasbourg. Peu à peu par le biais de circuits financiers labyrinthiques, les proeuropéens empochent entre 1949 et 1951 l'équivalent de 5 millions d'euros (source : Frédéric Charpier, La CIA en France, 60 ans d'ingérence dans les affaires françaises, Seuil, 2008).  

Les origines du Mouvement Européen International remontent à juillet 1947. La cause d'une Europe unie était alors soutenue par des personnalités comme Winston Churchill et Duncan Sandys à travers l'United European Movement, une plateforme de coordination des organisations créée au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. C'est sous l'impulsion de Winston Churchill et Ducan Sandys que le Congrès du Committee for the Coordination of the European Mouvement fut organisé à Paris du 17 au 20 juillet 1947, regroupant la Ligue Européenne de Coordination Economique (LECE), l'Union Européenne des Fédéralistes (UEF), l'Union Parlementaire Européenne (UEP), ainsi que les comités anglais et français de l'United European Movement. Ils se réunissent à Paris le 10 novembre 1947 et prennent le nom de Joint International Committee for European Unity, qu'ils conservent jusqu'à la fin du Congrès de La Haye en 1948.

Organisé par le Joint International Committee for the European Unity, le Congrès de La Haye (1948) appela de ses voeux la création d'une Europe unie ainsi que la naissance d'une Charte européenne des droits de l'homme, d'une Cour de justice européenne et d'une Assemblée européenne.

Le Mouvement Européen International est né officiellement le 25 octobre 1948 à l'issue du Congrès de La Haye, avec pour Président Ducan Sandys, et pour Présidents d'honneur : Léon Blum, Winston Churchill, Alcide de Gaspari et Paul-Henri Spaak. Des années cinquante aux années quatre-vingt dix, le Mouvement Européen International (MEI) oeuvre principalement à la création de cercles de réflexion ("think tank") et d'un réseau de mobilisation dans tous les pays européens, qu'ils soient soumis à des régimes démocratiques ou totalitaires.

Le Mouvement Européen International est l'initiateur du Conseil de l'Europe créé le 5 mai 1949, et de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a aussi contribué à la naissance du Collège d'Europe de Bruges (www.coleurop.be) et du Centre Européen de la Culture à Genève (www.ceculture.org). Ses réflexions et ses projets ont fortement inspiré Jean Monnet, lorsque celui-ci proposa à Robert Schuman en avril 1950, la création de la Communauté Economique du Charbon et de l'Acier (CECA), première pierre de l'Europe communautaire. Ce mouvement pluraliste présent dans toute l'Europe (41 pays européens) a lutté pour que l'élection du Parlement européen se déroule au suffrage universel direct, et pour l'élaboration d'une Constitution européenne. Il regroupe aussi 22 associations internationales. Son objectif est désormais l'établissement d'une Europe fédérale (source : www.europeanmovement.org/index.php?id=6028).

En 1947, Richard Nikolaus de Courdenhove Kalergi (1894-1972), fondateur à Gstaad (Suisse) de l'Union Parlementaire Européenne, a également milité au Congrès de l'Europe de La Haye en 1948, pour la Création d'un Conseil de l'Europe et d'un Parlement européen.

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17 octobre 2008

LE MOUVEMENT EUROPEEN FRANCE ET LES MAISONS DE L'EUROPE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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15. LE MOUVEMENT EUROPEEN FRANCE ET LES MAISONS DE L'EUROPE

L'organisation française du Mouvement Européen (www.mouvement-européen.eu) est créée en 1949. Le bureau du Mouvement Européen France (MEF) est composée de personnes appartenant à différents partis politiques, dont l'objectif prioritaire est de servir ensemble une certaine conception de l'Europe. Mais fin 2006 le changement de Président s'est déroulé dans un climat tendu.

Si Pierre Moscovici (né en 1957 à Paris) a présidé le Mouvement Européen France de 2004 à 2006, il espérait pouvoir rester encore en place quelque temps. Pierre Moscovici (http://moscovici.typepad.fr/blognational) a d'abord milité à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) dirigée par Alain Krivine, avant de rejoindre en 1986 le parti socialiste, grâce auquel sa carrière va être lancée. En 1989, Pierre Moscovici devient chargé de mission au cabinet de Lionel Jospin, Ministre de l'Education Nationale. Et lorsque ce dernier deviendra Premier Ministre, il le nommera Ministre délégué chargé des Affaires Européennes (1997-2002). Pierre Moscovici est également secrétaire national du parti socialiste pour les affaires internationales. Il est issu d'une famille juive de Roumanie. Son père, Serge Moscovici (né en 1928 à Braïla, Roumanie, www.serge-moscovici.fr/curriculum.html), psychologue social, dirige le Laboratoire européen de psychologie sociale (www.leps.msh-paris.fr) qu'il a contribué à créer en 1975. Sa mère, Marie Bromberg, est psychanalyste.

Sylvie Goulard (www.sylvie-goulard.eu) préside désormais le Mouvement Européen France : "Sylvie Goulard ancienne collaboratrice de Romano Prodi à Bruxelles, énarque et germaniste, a été élue samedi 9 décembre 2006 à la présidence du Mouvement Européen France (...). A 42 ans, elle a battu le socialiste Pierre Moscovici, (...) qui bénéficiait pourtant d'une alliance avec le député (UMP) Pierre Lequillier. Tous deux avaient proposé un plan d'action pour que le Mouvement Européen France devienne "le porte-voix des proeuropéens". Opposante à l'adhésion de la Turquie, Mme Goulard (parrainée par Robert Badinter et Jean-François Poncet) a défendu l'idée que la relance du Mouvement Européen France ne pouvait venir que de la société civile. "Nous avons fait le constat que les hommes politiques n'ont pas le temps de s'occuper du mouvement" affirme Mme Goulard, qui entend occuper la fonction à plein temps. "Après le NON au référendum, il est particulièrement important de pouvoir faire entendre des voix indépendantes des partis sur l'Europe. L'enjeu des prochains mois est de savoir si nous allons interpeller les candidats à la présidentielle. C'est plus facile si on n'est pas dans les officines de campagnes" déclare Mme Goulard" (source : Henri de Bresson, Le Monde, 12 décembre 2006).

"Traditionnellement, la présidence du Mouvement Européen, créé en 1948 pour défendre la cause fédéraliste européenne et qui s'appuie sur un réseau de sections en France, était cooptée entre centristes et socialistes. Cet ancrage bipartite dans la scène politique en a fait sa spécificité. Pierre Moscovici (...) a fait alliance avec le député UMP Pierre Lequillier pour défendre cette tradition, tout en s'engageant à une relance" (source : Henri de Bresson, Le Monde, 8 décembre 2006).

En charge des questions européennes à l'UMP, Alain Lamassoure (né en 1944 à Pau) a été le vice-président du Mouvement Européen France de 2002 à 2005. Au sein du bureau du Mouvement Européen France (MEF), Alain Lamassoure (www.alainlamassoure.eu) travaille aux côtés de Catherine Lalumière (née en 1935 à Rennes), ancien Ministre socialiste.

Catherine Lalumière a été successivement : Maître de conférence auprès des Universités de 1960 à 1981 (Rennes, Bordeaux, Paris I), Députée de Gironde (1981-1989), plusieurs fois Secrétaire d'Etat de 1981 à 1986 (dont Secrétaire d'Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives du gouvernement de Pierre Mauroy I; Secrétaire d'Etat auprès du Ministre de l'Economie, des Finances et du Budget, chargé de la Consommation du gouvernement de Pierre Mauroy II; Secrétaire d'Etat chargée des Affaires Européennes dans le gouvernement de Laurent Fabius), Député au Parlement Européen (1994-2004), Vice-président du Parlement Européen (2001-2004), membre et vice-président du Parti Radical de Gauche (PRG), Vice-président du Mouvement Européen France, Président de Relais-Culture Europe (www.relais-culture-europe.org) et Président de la Maison de l'Europe de Paris.

Catherine Lalumière a été élue le 29 mars 2008, Présidente de la Fédération française des Maisons de l'Europe (www.maisondeleurope.org), regroupant les Maisons de l'Europe en France. Son adresse est celle de la Maison de l'Europe de Paris (www.paris-europe.eu), située dans le quartier du Marais, à l'hôtel Coulanges, monument historique datant du XVIIe siècle, acquis en 1972 par la ville de Paris. Fondée en 1956 par Marcelle Lazard, ardente militante européenne, la Maison de l'Europe a été successivement présidée par des personnalités du monde diplomatique : André-François Poncet, Maurice Schumann, Roger Reynaud, François Seydoux de Clausone, Michel Junot.

La Maison de l'Europe a pour objectif de permettre aux citoyens de vivre l'Europe au quotidien, en leur offrant des services (informations, conseils pratiques), et en favorisant les contacts entre les autres pays européens. Il s'agit également d'un lieux de conférence et de débat sur les grands dossiers européens. Il existe une vingtaine de Maisons de l'Europe réparties sur le territoire français et regroupées au sein de la Fédération française des Maisons de l'Europe. Celles-ci interviennent auprès de leurs publics cibles (les jeunes, les professionnels, les associations, les collectivités...) par des actions appropriées, telles que des conférences, des débats, des expositions, des stands d'information, des émissions de radios, des séminaires européens de sensibilisation, d'information ou de formation. Il est à noter que les autres pays membres de l'Union Européenne disposent eux aussi de Maisons de l'Europe.

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15 octobre 2008

"L'HOMME EUROPEEN" DU FRANCAIS DOMINIQUE DE VILLEPIN ET DE L'ESPAGNOL JORGE SEMPRUN

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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11. "L'HOMME EUROPEEN" DU FRANCAIS DOMINIQUE DE VILLEPIN ET DE L'ESPAGNOL JORGE SEMPRUN

L'essai de Dominique de Villepin et de Jorge Semprun, "L'Homme Européen" (Plon, 2005), a bénéficié dans le magazine Paris-Match du 11 au 20 avril 2005, de trois pages de promotion sous forme d'entretien. En préambule de leur article, Gilles Martin-Chauffier et Benjamain Locoge notent : "La campagne pour le référendum sur la Constitution européenne aura suscité des mariages inattendus. Les tartuffes ont fait mine de s'indigner que François Hollande et Nicolas Sarkozy posent côte à côte pour défendre le OUI. Les mêmes pousseraient des cris d'orfraie si on accolait sur la même affiche Laurent Fabius et Jean-Marie Le Pen ou Henri Emmanuelli et Philippe de Villiers. Ne parlons pas des phrases que ces deux socialistes prononcèrent à l'époque du Traité de Maastricht : leur cohérence intellectuelle est aussi hasardeuse que leur ton dogmatique est invariable. Mais les occasions inattendues peuvent se révéler fécondes. Ainsi le projet commun de Jorge Semprun et de Dominique de Villepin. Ensemble, ils publient "L'homme européen", un manifeste en faveur de la Constitution européenne. Rien de politicien dans ce texte qui parle de Charles Quint et de Montesquieu, d'Ortega y Gasset et d'Husserl. Ils ne polémiquent pas, ils argumentent en faveur d'un rêve, celui d'une Europe redevenue assez puissante pour guider le monde et donner à notre continent un espoir. 

Paris-Match : "Et si le NON l'emportait le 29 mai prochain ?"

Dominique de Villepin : "Une victoire du NON serait un signal donné à la peur, à l'inquiétude, à la frivolité et au repli de soi. La France se retrouverait alors plus petite, dans les yeux des autres, plus petite dans ses propres yeux. Nous aurions subitement le sentiment d'avoir un pays rapetissé. Je ne suis pas sûr que les français vivent avec l'idée d'être assis sur un strapontin au fond de la classe. Ce serait donner un chèque en blanc aux forces du libéralisme absolu. Exactement ce que les français ne souhaitent pas..." (source : Gilles Martin-Chauffier et Benjamin Locoge, Paris-Match, semaine du 11 au 20 avril 2005, n° 2917, p 3 à 5).

 

Depuis les français se sont exprimés majoritairement en faveur du NON et Dominique de Villepin est devenu Premier Ministre. Lors de sa déclaration de politique générale à l'Assemblée Nationale, mercredi 8 juin 2005, il a déclaré vouloir "réconcilier les deux France, celle du OUI et celle du NON", en proposant d'assumer et de réaffirmer le rôle du politique.

La presse n'a pas toujours été tendre avec lui : "(...) Sa nomination à la tête du gouvernement (...) avait pourtant été accueilli fraîchement par les milieux économiques. On raillait son manque d'expérience dans ce domaine. Sa phrase favorite: "Ce pays doit marcher sur deux jambes, une de liberté et l'autre de solidarité", faisait au mieux sourire, au pire s'indigner, tant la grandiloquence semblait masquer l'absence de pensée. N'avait-il pas été nommé par défaut, ultime joker d'un Président à bout de souffle, avant tout préoccupé de barrer la route à Nicolas Sarkozy ? " (source : Ivan Best et Daniel Fortin, Challenges, semaine du 8 au 14 septembre 2005, n°2, p 14).

Cette campagne référendaire fut en quelque sorte un test grandeur nature pour mesurer la capacité des électeurs à dépasser progressivement le clivage gauche-droite, cette opposition constituant un frein à la mise en place de la Mondialisation. Car cette dernière ne pourra se mettre définitivement en place que lorsque les frontières des Etats disparaîtront définitivement dans les faits et dans les têtes.

Le duo formé de Dominique de Villepin (www.premier-ministre.gouv.fr/acteurs/premier_ministre/his...) et de Jorge Semprun (www.academie-goncourt.fr/m_semprun.htm) relève en quelque sorte de cette démarche. Désireux de participer au débat sous la forme d'une "conversation par écrit" et de nous donner leur propre vision de l'Europe basée sur la paix et la réconciliation, ils voulaient aussi démontrer que deux acteurs politiques originaires de deux pays différents, engagés en politique dans des camps opposés, pouvaient avoir la même vision de l'Europe : celle de la paix et de la démocratie. Le message subliminal qui émane de ce livre renforce l'image d'une Europe forte, indifférente aux clivages partisans.

Dominique de Villepin et Jorge Semprun sont convaincus que l'Europe et la peur sont étroitement liées : "(...) La peur a toujours habité l'Europe. Elle est l'un des démons qui ressurgit aux moments des plus grandes angoisses, lorsque les repères s'effacent et qu'une brume épaisse semble gagner les consciences. OUI, la peur est maître de l'Europe, parce que notre continent à connu les guerres, les affrontements, les querelles religieuses et leurs millions de morts à travers le continent. (...) Nous sommes des peuples de la tourmente. Nous sommes les hôtes de l'intranquilité.

(...) Mais la peur européenne obéit aussi à des mécanismes plus complexes, alimentés par une angoisse métaphysique qui nous est particulière. Nous sommes les descendants d'une culture qui a voulu organiser le monde suivant des schémas, des calculs, des représentations ordonnés. Toutes ces certitudes, qui garantissaient la paix de l'âme, la science et la raison les ont abattues une à une.

(...) Affirmer puis nier, convaincre puis douter. Voilà le mouvement propre à la conscience européenne, qui explique l'angoisse sourde qui travaille nos peuples. Notre volonté nous pousse vers la conquête et vers la rationalisation, mais sans cesse nous butons contre nos propres découvertes.

(...) Aujourd'hui l'Europe n'est pas seulement confrontée à la résurgence de peurs anciennes, elle ne retrouve pas seulement ce fond d'angoisse qui lui est propre et qui ne cesse d'aiguiser son esprit. Elle vit une révolution qui lui fait retrouver à l'échelle de tout le continent l'esprit de doute qui s'était emparé d'elle trois siècle auparavant. (...) J'en suis convaincu : nous avons en nous la force nécessaire pour dissiper ces doutes et dépasser ces peurs. Nous évaluons trop sévèrement nos capacités et nos qualités. Regardons quelques décennies en arrière : de l'Europe divisée et affaiblie de l'après-guerre, nous avons fait un modèle de développement et de paix. Nous avons été capables de surmonter les vieilles haines, de dissiper en lieu de dialogue, de vie commune, de prospérité. A chaque étape des difficultés particulières sont apparues. Nous en sommes toujours venus à bout.

(...) Nous sommes dans un entre-deux mondes ou les rapports de forces se recomposent, ou les grands équilibres géopolitiques se redessinent : Quel rôle peut jouer l'Europe ? Doit-elle se refermer sur elle-même pour défendre ses intérêts ou participer à l'émergence d'une "organisation mondiale" satisfaisante ? (...) L'Europe ne peut pas avoir peur. D'autres pays la regardent et attendent d'elle une aide, des solutions, des ouvertures. Jamais l'Europe n'a recelé une force de conviction aussi importante. Jamais elle ne s'est engagée avec autant de détermination dans une aventure collective. Ce que nous faisons a vocation à servir de modèle pour les années à venir. L'Europe innove. L'Europe défriche. L'Europe invente l'histoire, ce qui lui donne des devoirs particuliers " (source : Dominique de Villepin et Jorge Semprun, L'homme européen, Plon, Paris, 2005).

L'ouvrage de Dominique de Villepin et de Jorge Semprun rappelle que l'histoire du continent européen fut d'abord marquée par "les déchirures que l'Europe s'est infligée à elle-même". Le rappel du parcours officiel de Jorge Semprun suffit la plupart du temps à faire accepter ce postulat. Ils considèrent que la Constitution européenne élaborée à l'échelle de plusieurs Etats-Nations est "une idée révolutionnaire" basée sur une volonté de paix.

L'enjeu de cette Constitution était à leurs yeux de donner corps à cette idée extraordinaire, en simplifiant le fonctionnement des institutions européennes pour les rendre plus efficaces au profit du citoyen européen et dans le respect des Nations. Ils considèrent que le "Traité opère un retour nécessaire à la seule source de légitimité démocratique : les citoyens".

Les partisans de la Constitution européenne avancent inlassablement les mêmes arguments. L'Europe est synonyme de PAIX ! Et ceux qui ne veulent pas l'admettre se voient opposer invariablement le drame de la Shoah comme argument contradictoire.

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13 octobre 2008

ALAIN MADELIN

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation

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(catégorie : Regard sur la Mondialisation)

13. ALAIN MADELIN

Alain Madelin (né le 26 mars 1946 à Paris) a organisé au bénéfice de l'UMP, samedi 15 novembre 2003 (sur le toit de la Grande Arche de la Défense), une importante manifestation baptisée "Les 4 vérités de la Mondialisation", pour y développer une vision positive de la globalisation : "La Mondialisation est devenue aujourd'hui le DEBAT. Celui qui structure de plus en plus la vie intellectuelle et politique. Si partout dans le monde on s'accorde volontiers sur les bienfaits de la Mondialisation, la France cultive des courants anti-mondialistes qui exploitent les peurs (de la fin du travail à l'horreur économique, des catastrophes démographiques aux catastrophes scientifiques ou écologiques) et nourrissent une remise en cause du progrès, de la croissance et de nos libertés fondamentales, en prônant toujours plus de restrictions, d'interdictions et de réglementations. LE MOMENT EST VENU de remettre les idées à l'endroit" (source : http://cerclesliberaux.com/mondialisation).

Alain Madelin a été Ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme (1986-1988) dans le gouvernement de Jacques Chirac, Ministre des Entreprises et du Développement Economique, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce et de l' Artisanat (1993-1995) dans le gouvernement d'Edouard Balladur, Ministre de l'Economie et des Finances durant 101 jours (18 mai-26 août 1995) dans le gouvernement d'Alain Juppé : "(...) Avec Alain Juppé, je me suis bien entendu...les premières quarante-huit heures. Nous avons abordé trois dossiers de fond : le projet de budget 96, la réforme fiscale, le débat sur la réforme sociale. Début août, nous étions d'accord sur tout. Fin août, il avait changé d'avis sans que je comprenne pourquoi. Alors, nous avons... divorcé !" (source : www.alainmadelin.fr/new/biographie/index.htm).

Dans le cercle de ses responsabilités ministérielles, Alain Madelin a participé au premier programme de privatisation française (1986) et à la déréglementation des télécoms et de l'énergie. Convaincu de l'importance du rôle des idées, de l'influence des analyses économiques solides, et "de la nécessité de benchmarker les politiques nationales", Alain Madelin a parallèlement à ses activités politiques, fondé et présidé plusieurs cercles de réflexions qui lui permirent de s'impliquer dans les grands enjeux du nouveau monde, né de la chute du Mur de Berlin en 1989.

Alain Madelin a fondé en 1988 l'Institut Euro 92 qui "rassemble des décideurs et responsables économiques soucieux alors de renforcer la compétitivité globale de leur pays face aux nouvelles exigences créées par la mise en place du Marché Unique et la mise en route de l'Union Européenne. Après la chute du Mur de Berlin, "l'Institut Euro 92" s'est engagé dans la voie de la grande Europe, la réflexion sur les futures institutions communes et l'appui à la transition des nouvelles démocraties de l'Est européen. Le domaine d'action de "l'Institut Euro 92" ne se limite pas à l'économie, mais s'étend à la redécouverte et à la reformulation des racines philosophiques, juridiques et culturelles communes sur lesquelles se fonde la véritable tradition européenne et occidentale des libertés individuelles.

Club d'études, de réflexion et de propositions, "l'Institut Euro 92" s'appuie sur un réseau mondial de plus de 250 instituts et d'organismes partageant les mêmes conceptions d'une société de droit et de liberté, couvrant plus d'une soixante de pays, qui lui permettent de mobiliser un potentiel intellectuel exceptionnel autour des travaux qu'il organise. Dans une époque marquée par un changement rapide et un bouleversement des repères, l'Institut Euro 92 organise une veille des idées et des faits porteurs d'avenir au profits de ses adhérents.

Membres fondateurs (liste non exhaustive) : Kléber Beauvillain (Hewlett Packard), Pierre Bellon (Sodexho), Jean-François Deheck (Elf Sanofi), Jean-Louis Descours (Groupe André), Paul Dubrule et Gérard Pelisson (Accor), Jean-Réné Fourtou (Rhône-Poulenc), Serge Kampf (Cap Gémini Sogeti), Louis Le Druff (La Brioche Dorée), Francis Mer (Usinor Sacilor), François Pinault (Artémis SA), Patrick Ricard (Pernod Ricard), Yves Rocher (Laboratoire Yves Rocher), Jacques Servier (Laboratoire Servier), Gilbert Trigano (Club Méditerranée) et Jean-Pierre Raffarin (Secrétaire général de l'Institut Euro 92)" (source : www.euro92.com/new/presentation/index.htm).

Alain Madelin s'est fortement impliqué dans le soutien  aux nouvelles démocraties nées de la chute de l'empire soviétique et dans les problèmes de transition économique avant la chute du Mur de Berlin et pendant le Perestroïka : "(...) J'ai très tôt multiplié les contacts dans ces pays, et les hasards de l'histoire ont fait que j'ai alors noué des liens d'amitié avec beaucoup de ceux qui allaient assurer la relève démocratique et la transition économique au sortir du communisme. J'étais à Budapest le jour de la proclamation de l'indépendance hongroise, trente-quatre jours ans jour pour jour après l'insurrection du 23 octobre 1956. J'étais à Bucarest au lendemain de la chute de Ceausescu, avec les étudiants roumains qui avaient provoqué la Révolution. J'étais à Vilnius, entré clandestinement en Lituanie, dans le bureau du Président Lansbergis, qui négociait alors avec Gorbatchev, dans un Parlement encerclé par des chars soviétiques, défendu par des barricades gardées avec ferveur par tout un peuple" (source : Marie-ange Michet, publié sur le site www.alainmadelin.fr/new/biographie/index.htm).

Alain Madelin a cofondé en 1990 à Moscou "l'International Center for Economic Transformation" avec l'Institut of Economic Affairs (important cercle de réflexion fondé en 1955 pour promouvoir le libre marché). Alain Madelin s'est particulièrement intéressé au continent africain, en facilitant notamment le rapprochement des plans de développement des Présidents Abdoulaye Wade (Sénégal) et Thado Mbeki (Afrique du Sud), à l'origine du Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD). Il a aussi une bonne connaissance des économies asiatiques. Alain Madelin a mené une réflexion sur le développement de la démocratie, l'Etat de droit, l'économie de marché au Moyen-orient et leur conciliation avec les valeurs de l'Islam.

Alain Madelin a installé ses cercles libéraux (www.cerclesliberaux.com) dans 300 mètres carrés de bureaux boulevard de la Tour Maubourg à Paris. Ses sympathisants se sont réunis par exemple le 12 mai 2005, salons Hoche à Paris, ou la droite favorable au OUI au projet de Constitution européenne a été jugée "indigne". Alain Madelin a considéré que sa famille de pensée est longtemps restée à cette occasion entre un "OUI de résignation" et un "NON d'irritation". Il a relativisé la polémique liée à la directive Bolkestein : "Nous sommes, dans cette campagne, à la grosse artillerie des peurs. J'appartiens à une génération qui a eu peur de l'invasion des armées du Pacte de Varsovie. Aujourd'hui, on a peur, à tort, de l'invasion du plombier polonais. Cela me semble grave" (source : Charles Jaigu, Le Point, semaine du 5 mai 2005, n° 1703, p 58).

Inscrit au Barreau de Paris, Alain Madelin a été associé au cabinet Peisse-Dupichot-Zirah (devenu depuis le cabinet Peisse-Dupichot-Zirah-Bothorel & Associés, www.dzb-avocats.com), ou il s'était spécialisé dans le droit de la concurrence, de l'environnement et des arbitrages internationaux (plus particulièrement ceux des pays de l'Est). C'est dans ce cadre professionnel qu'il a fondé l'International Center for Research on Environnemental Issues (ICREI), qui organise régulièrement des manifestations nationales et internationales : "(...) Conscient de l'importance des enjeux environnementaux et de la nécessité de concilier l'économie de marché et l'écologie". 

A l'âge de dix-huit ans, Alain Madelin fonde le Mouvement Occident (1964) avec des camarades : AlainRrobert, Gérard Longuet, François Duprat, Xavier Raufer et Nicolas Tandler... Pour le Réseau Voltaire (www.voltairenet.org/article9514.html) : "(...) Alain Madelin a été remarqué par Georges Albertini. Il est engagé à l'Institut d'Histoire Sociale (IHS) (www.voltairenet.org/article130193.html) , une officine anticommuniste mise en place par les services américains autour d'anciens collaborationnistes. Tout en y travaillant, il finit ses études de droit et devient avocat au Barreau de Paris. A l'IHS, Georges Albertini s'efforce de "blanchir" le jeune militant d'extrême droite, de lui donner une solide formation anticommuniste, et de lui ouvrir les portes des organisations politiques respectables (...). En 1986, Alain Madelin est élu conseiller régional de Bretagne et devient Ministre des PTT et du Tourisme dans le gouvernement de Jacques Chirac. Il s'entoure alors d'un "think tank" de grands patrons, le "Grenelle Consulting group" Ce noyau donne naissance à "l'Institut 92" d'Henri Lepage, dont il est président. C'est à cette époque que fidèle à ses contacts américains, il devient membre de la très fermée "Société du Mont Pèlerin". 

Le Mont-Pèlerin fait partie de la commune suisse de Chardonne, du canton de Vaud, située dans le district de Vevey. La massif a donné son nom à la Société du Mont Pèlerin, un club de réflexion qui fait la promotion du libéralisme économique, lieu ou les membres se retrouvent chaque année. La Société du Mont Pèlerin a été fondée le 10 avril 1947 par l'autrichien Friedrich Hayek (1899-1922à ,né Frieddrich August von Hayek, lors de sa conférence organisée au Mont-Pèlerin,   réunissant les grands penseurs de l'époque, dont l'américain Milton Friedman (1912-2006). Voir à ce sujet article du Réseau Voltaire du 16 mars 1988 ( www.voltairenet.org/article12761.html).

Début octobre 2008, le conseil d'administration du Groupe Rentabiliweb (www.rentabiliweb.org) a nommé Alain Madelin en tant qu'administrateur indépendant aux côtés de Gilles Lioret et Jean-Marie Messier.

Alain Madelin préside depuis novembre 2007 le Fond mondial de Solidarité Numérique (www.dsf-fsn.org).

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10 octobre 2008

RAYMOND BARRE

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2. RAYMOND BARRE

Raymond Barre (1924-2007) fut un des partisans les plus actifs de l'Union Economique Monétaire. A l'issue de ses études au Lycée Lecomte de Lisle à Saint-Denis de la Réunion, ou le célèbre avocat pénaliste Jacques Vergès lui servit parfois d'émule, Raymond Barre travaille en 1942 après la libération de l'île, au service de presse et d'information du gouverneur Capagarry.

Mobilisé en mars 1944, Raymond Barre reçoit une instruction militaire à Madagascar qui devait lui permettre d'embarquer pour l'Indochine, ce qui le contraindra à renoncer à la tradition familiale de suivre des études de médecine à la faculté de Montpellier. Mais les américains et les britanniques ne fourniront pas les navires de transport nécessaires avant la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Démobilisé fin 1945 sans avoir participé aux opérations, Raymond Barre prend le bateau pour Paris le 15 janvier 1946.

Logé à la cité internationale universitaire, Raymond Barre s'inscrit à la Faculté de Droit et à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris ou il rencontre l'économiste François Perroux (1903-1987), - fondateur de l'Institut de Science Economique Appliquée (ISEA), - qui l'initie à "l'analyse économique quantitative" et aux techniques de la "comptabilité nationale". Il subira surtout l'influence de Jean-Jacques Chevallier (1900-1983), - professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Paris, membre de l'Académie des Sciences Morales et Politiques de 1964 à 1983, - et de Raymond Aron (1905-1983), - philosophe, sociologue, spécialiste de Karl Marx et promoteur du libéralisme).

Raymond Barre débute sa carrière de professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Economiques de Caen en 1950, puis à l'Institut des Hautes Etudes de Tunis de 1951 à 1954 (source : www.asmp.fr/fiches_academiciens/barre_carriere.htm).

Jean Fuerxer démontre dans son livre d'histoire immédiate "Raymond Barre à la loupe" (Edition Le Manuscrit, Tome 1, 2003), que Raymond Barre avait déjà lorsqu'il était en poste en Tunisie " (....) des jugements très carrés. Ainsi considère t-il qu'Antoine Pinay va à contresens de ce qu'il conviendrait de faire, et que sa politique entraînera une chute grave des investissements pour l'avenir".

Directeur de cabinet de 1959 à 1962 de Jean-Marcel Jeanneney, Ministre de l'Industrie du gouvernement de Michel Debré, Raymond Barre reprend en 1962 son enseignement à la Fondation des Sciences Politiques à Paris ou il dirige le "service de recherches sur l'activité économique". Il exerce ensuite une succession de fonctions à dominante économique, notamment en tant que membre du Conseil du centre d'études des revenus et des coûts du Commissariat au Plan (1966) avant que la Général de Gaulle le nomme en 1967, vice-président de la Commission Européenne ou il restera jusqu'en 1972. 

Le Plan Barre de stabilité monétaire en Europe qu'il élabore en 1969 en qualité de Commissaire responsable des affaires économiques et financières sert de travail préparatoire au projet d'Union Economique et Financière lancé par les six Etats de la CEE au Sommet de La Haye en 1969. Adopté en 1970 par le Conseil des ministres, ce plan ne sera finalement pas appliqué de la manière prévue. Le "Rapport Werner" (1970) qui en découle, proposait déjà la création d'une organisation communautaire supranationale. La crise des années 1970 ne permettra pas de concrétiser l'Accord survenu en 1971, prévoyant la naissance d'un ensemble monétaire individualisé à l'horizon des années quatre-vingt. Ce projet, qui aboutira à l'instauration de l'Euro a cependant pris du retard sur le calendrier prévu initialement. A la Commission Européenne, Raymond Barre n'a cessé de marteler que l'action communautaire était prioritaire et que l'intérêt commun devait dépasser les intérêts nationaux.

Nommé le 12 janvier 1976 Minsitre du Commerce Extérieur dans le gouvernement de Jacques Chirac, il devient Premier Ministre le 25 août 1976, lorsque Jacques Chirac démissionne de son poste en pleine crise économique et financière. Raymond Barre cumule alors sa fonction de Premier Ministre avec celle de Ministre de l'Economie et des Finances, ce qui ne c'était jamais produit dans l'histoire de la République.

Confronté à la hausse du chômage et de l'inflation, Raymond Barre lance au mois de septembre 1976, le Plan Barre axé sur une politique dite "d'austérité", dans le but de réduire l'inflation et de relancer l'investissement. Bien que surnommé par Valéry Giscard d'Estaing "le meilleur économiste de France", il ne parvient à juguler ni le chômage (+ 60 % depuis le début de ce Plan), ni l'inflation (9,7 % en 1978; 11,8 % en 1979).

Dans "Raymond Barre à la loupe" (Edition Le Manuscrit, Tome 1, 2003), Jean Fuerxer apporte un nouvel éclairage à ce sujet. Ordonné autour d'un examen "à la loupe" des nombreuses déclarations de et écrits de raymond Barre, avant et pendant sa période de responsabilités, Jean Fuerxer démontre que la politique de Raymond barre ne fut pas forcément conforme aux idées libérales qu'il professait par ailleurs (source : www.manuscrit.com/catalogue/textes/fiche_texte.asp).

Proche de l'UDF, Raymond Barre est un des rares hommes politiques français à avoir occupé d'aussi hautes fonctions sans jamais avoir appartenu à un parti politique. Cela ne l'a pas empêché d'être élu député de la 4e circonscription du Rhône (1978-2002) et de devenir Maire de Lyon (1995-2001). Dans un entretien accordé au Figaro le 10 juin 2002, Raymond Barre déclare : "(...) N'appartenant à aucun parti, n'ayant pas le goût du portefeuille ministériel et insensible aux sondages, je pouvais tenir des propos qu'on s'interdisait dans le "microcosme". Il a renoncé à toutes fonctions en 2002.

 Raymond Barre a été le Président d'Honneur de l'Institut Aspen France de 1994 à 2004 (source : www.aspenfrance.org/fr/p40.php).

Le 29 août 2007, quelques jours après le décès de Raymond Barre, Jacques Attali remet en cause sur son blog le titre "d'économiste" qui avait fait la réputation de Raymond Barre, en s'interrogeant plus largement sur le rôle des économistes : "A quoi sert un économiste ? Depuis qu'elle existe, la République sut faire, dans ses gouvernements, le meilleur usage de ses professeurs. Des professeurs de tout et n'importe quoi furent, et sont, Ministres de tout et n'importe quoi. Paradoxalement, les seuls enseignants rarement appelés à diriger des administrations sont ceux dont la discipline aurait du justifier qu'on les attendent au premier rang : les professeurs d'économie. De fait, leur réputation est sulfureuse et chacun les considère au mieux, comme des experts aussi doués que les métérologues et au pire comme des rebouteux. Et, comme le disait très justement un des meilleurs prêtres de cette église, (...) Kenneth Boulding : "Un économiste est un expert qui saura vous expliquer demain pourquoi ce qu'il a prévu hier ne s'est pas passé aujourd'hui".

Raymond Barre semble (avec Jean Marcel Jeanneney, son maître, qui le fit entrer en politique), une exception : un économiste montée au plus haut niveau de la vie publique. En réalité, il n'était pas un économiste, mais un professeur; et peu importe ce qu'il enseignait; il était surtout un formidable vulgarisateur, (je fus très heureux d'être son élève) des idées des autres, aussi complexes qu'elles soient, sans jamais avoir été lui-même capable, ni même avoir souhaité, exprimer la moindre idée personnelle. Depuis son passage au gouvernement (qui laissa le pays dans une situation pire que celle ou il le trouva), presque personne n'a éprouvé le besoin de renouveler l'expérience, sinon avec d'autres pédagogues, comme Dominique Strauss-Kahn, dont l'apport à la théorie n'est pas non plus le premier titre de gloire. Depuis, les économistes sont cantonnés dans des postes d'experts, dans les banques ou les administrations. Les meilleurs d'entre eux partent par wagons entiers enseigner dans les universités américaines; quatre d'entre eux sont aujourd'hui considérés comme dignes du Prix Nobel, cette récompense magnifique qui distingue chaque année des travaux qui seront sans doute considérés dans cinquante ans comme aussi ridicules que le sont aujourd'hui les oeuvres des écrivains récompensés de ce même prix il y a un demi siècle. Parce que cette science n'excelle que dans l'art de se vendre : comme le disait un des plus lucides de ses maîtres, John Galbraith : "Un économiste, c'est quelqu'un qui ne sait pas de quoi il parle, et qui vous fait sentir que c'est de votre faute" (source : http://blogs.lexpress.fr/attali/2007/08/).

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