03 novembre 2008
VALERY GISCARD D'ESTAING ET L'EUROPE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe
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(catégorie : Regard sur l'Europe)
10. VALERY GISCARD D'ESTAING ET L'EUROPE
Le père de la Constitution européenne est membre de l'Académie Française depuis le 11 décembre 2003. Soutenu par Jean d'Ormesson, il a été élu au fauteuil de Léopold Senghor (16e fauteuil) avec 19 voix sur 34, malgré la polémique suscitée par sa candidature. Le jour de son intronisation sous la coupole, Henry Kissinger avait fait le déplacement. Valéry Giscard d'Estaing est né le 2 février 1926 à Coblence (Allemagne), ou son père Edmond, un haut fonctionnaire, était en poste durant l'occupation de la Rhénanie par les forces françaises.
Valéry Giscard d'Estaing a convié les journalistes, jeudi 24 mars 2005, à un petit déjeuner à l'hôtel Lutetia à Paris, pour promouvoir un opuscule facile à comprendre qu'il a préfacé : "Explique-moi la Constitution européenne" (Editions Nouvelle Arche de Noé, 48p), - agrémenté de textes écrits par Etienne de Poncins et de dessins de Pascale Collange dans un univers proche du "Petit Prince" . L'ancien Président de la République voulait convaincre la presse de faire le bon choix et de relayer son message auprès des parents : "Vos enfants ne comprendraient pas que vous empêchiez l'Europe de mieux s'organiser" a t-il lancé à leur adresse.
La première réunion de la Convention Européenne présidée par Valéry Giscard d'Estaing s'est déroulée le 28 février 2002. Jusqu'au 10 juillet 2003, cette assemblée de 105 membres, composée de représentants des gouvernements et parlementaires de vingt-cinq pays, a élaboré le texte de la Constitution Européenne. La Convention Européenne a abrité quinze représentants des Etats-membres (dont Dominique de Villepin pour la France), treize représentants des pays candidats (mais sans droit de vote), seize eurodéputés et trente parlementaires nationaux de tous bords. A la tête de la Convention Européenne, un Présidium de douze membres mené par Valéry Giscard d'Estaing pendant dix-sept mois. Baptisée à tort "Constitution Giscard", elle porte toutefois la marque de son "géniteur", à l'origine par exemple de la devise de l'Union Européenne : "Unie dans la diversité". Mais Valéry Giscard d'Estaing a dû faire marche arrière à de multiples reprises devant le refus des "conventionnels". Le texte ne fut prêt qu'en juillet 2003. Petite révolution, ses travaux se déroulèrent publiquement et son site Internet recensera près de 700 000 visites (http://european-convention.eu.int/bienvenue.asp?lang=FR).
La procédure ne s'est pas arrêtée là pour autant. Une fois achevé le projet fut remis aux chefs d'Etat et de gouvernement, seuls habilités à réviser les Traités au sein d'une Conférence Intergouvernementale. Celle-ci s'ouvrit à Rome le 4 octobre 2003. Elle mit huit mois à aboutir. La principale pomme de discorde reposant sur le système de vote rejeté par plusieurs pays dont l'Espagne. Divisés, les Exécutifs européens échouèrent à trouver un accord le 13 décembre 2003 à Bruxelles, sur fond de tension sur la guerre en Irak. Les attentats du 11 mars 2004 à Madrid et l'arrivée au pouvoir en Espagne des socialistes vont débloquer la situation. Le 18 juin 2004, les Exécutifs européens concluent un accord à Bruxelles sur une Constitution qui reprend à 90% celle de la Convention Européenne. Signée à Rome le 29 octobre 2004 dans la majestueuse salle des "Horaces et Curiaces" du Capitole, elle devait initialement être ratifiée dans les vingt-cinq Etats-membres pour entrer en vigueur le 1er novembre 2006.
Dans le magazine Le Point du 28 avril 2005, Valéry Giscard d'Estaing explique aux journalistes Pierre Beyleau et Marc Nexon pourquoi il votera OUI au référendum du 29 mai 2005 : "Ma conviction pour le OUI repose sur deux idées. D'abord, cette Constitution n'apporte que des amélioration à la situation existante, en rendant plus efficace et plus transparente la manière dont l'Europe pourra prendre des décisions pour répondre aux demandes de ses citoyens. On ne vote pas contre des améliorations ! Ensuite, c'est une Constitution qui met en oeuvre un projet français ! A l'origine, l'Union de l'Europe est un projet français ! Et on retrouve dans ce texte une ligne directive d'inspiration française" (source : Pierre Beyleau et Marc Nexon, Le Point, semaine du 28 avril 2005).
Aux côtés d'Ernest-Antoine Seillière à la tribune du 11e Colloque Economique Franco-Chinois qui s'est tenu à Pékin du 4 au 7 avril 2005, Valéry Giscard d'Estaing a précisé que le cadre européen est le "seul qui puisse limiter les excès de la Mondialisation" contre les délocalisations ou la lutte contre la concurrence abusive. La taille des entreprises serait stratégique dans la lutte contre la Chine : "(...) Si la différence d'échelle devenait trop grande, les possibilités d'action seraient réduite".
Valéry Giscard d'Estaing oeuvre depuis longtemps en faveur de l'Europe. Il a fondé en 1986 avec Helmut Schmidt, l'ancien Chancelier social-démocrate (1974-1982), ancien membre des Jeunesse Hitlérienne et du Bilderberg, le Comité pour l'Union Monétaire de l'Europe qui a publié en 1988 le "Programme pour l'action", dont plusieurs propositions furent reprises par le Comité Delors, chargé alors d'étudier un projet d'Union Economique Monétaire.
De 1997 à 2004, Valéry Giscard d'Estaing a présidé le Conseil des Communes et Régions d'Europe (CCRE, www.ccre.org/presentation.htm) et s'est engagé dans la promotion du rôle des collectivités locales au sein de l'Union Européenne. De 1989 à 1997, Valéry Giscard d'Estaing a également été promu Président du Mouvement International Européen (www.europeanmovement.org/index.cfm) ainsi que Président de l'Institut pour la démocratie en Europe (www.i-d-europe.org/test2.html). Samedi 21 octobre 2006, Valéry Giscard d'Estaing a reçu à Münster, dans l'Ouest de l'Allemagne, le Prix Westphalie pour son engagement européen. Ce Prix est "remis tous les deux ans à des personnalités et organisations engagées au service de la réconciliation et de la paix (source : www.paris.diplo.de/Vertretung/paris/fr/Newsletter_fr/2008...).
Le magazine "Spectacle du Monde" de juillet 1980 (n° 220) a écrit au sujet de Valéry Giscard d'Estaing : "Dans sa jeunesse, Valéry Giscard d'Estaing ne cachait pas sa suprême ambition : la présidence des Etats-Unis d'Europe".
Valéry Giscard d'Estaing fut un membre actif du Comité pour les Etats-Unis d'Europe (1955-1975) fondé par Jean Monnet (www.jean-monnet.ch/fr/pMonnet/monnet7.php ; www.ena.lu/role_comite_action_etats_unis_europe-010102550...) qui contribua à la signature du Traité de Rome. La Fondation Jean Monnet lui a d'ailleurs remis en 2001 sa médaille d'or pour le récompenser de son action en faveur de l'Europe.
A SUIVRE ...
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13:31 Publié dans II REGARD SUR L'EUROPE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
L'article résume bien la situation.
A mon sens VGE a commis toute fois une erreur tactique en décrétant publiquement que le Traité de Lisbonne reprenait la quasi-totalité du projet de traité constitutionnel initial. Les Français en ont déduit que le governement était passé par dessus leur refus au referendum, contre la volonté populaire.
Il aurait été meilleur de montrer en quoi les quelques modifications entre les deux textes tenaient compte des motifs de refus, tels que les sondages post-referendum les avaient mis en évidence.
Ecrit par : Giard | 21 novembre 2008
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