19 novembre 2008
LES SYNDICATS
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France.
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(catégorie : Regard sur la France)
15. LES SYNDICATS
L'Union Nationale des Syndicats Autonomes (UNSA, www.unsa.org) a soutenu le Traité constitutionnel européen. Pour son Secrétaire général Alain Olive, "il est dans la nature du syndicalisme réformiste de défendre les avancées du Traité et la position de la Confédération Européenne des Syndicats (CES)", tout en soulignant que ses propos n'étaient pas "assimilables à une consigne de vote pour le référendum franco-français". Une ligne de conduite pour le moins ambiguë. Essayons par conséquent de comprendre la logique à géométrie variable de nombreux syndicats.
Avant le basculement de la CGT française dans le camp du NON, la Confédération Européenne des Syndicats (CES, www.etuc.org/fr) pouvait se prévaloir sur la Constitution d'une quasi-unanimité. Elle s'était prononcée en sa faveur dès le 13 juillet 2004 au cours d'une comité directeur élargi à toutes les organisations membres. Ce vote a été reconduit deux mois plus tard lors d'un comité exécutif. Le 13 octobre 2004, c'est à 90% que la Confédération Européenne des Syndicats (CES) s'est prononcée pour le Traité. Seule Force Ouvrière (FO) a voté contre. La CGT, dont le débat en interne n'avait pas été tranché s'est abstenue, comme le TCO suédois (syndicats des cols blancs), la CGT portugaise et la Fédération Européenne des Transports.
Comme souvent, tout se passe comme s'il y avait d'un côté la Confédération Européenne des Syndicats et de l'autre ses affiliés. "La Confédération Européenne des Syndicats (CES) est historiquement liée à la construction communautaire, elle en est une émanation directe, ce qui lui permet difficilement de s'en distancier" note Jean-Marie Pernot, chercheur à l'Institut Français des Relations Economiques et Sociales (IRES). Les échanges se font, mais une certaine étanchéité existe entre la Confédération Européenne des Syndicats et les centrales nationales qui se concentrent sur les questions internes (chômage, pouvoir d'achat), plus que sur les enjeux européens souvent utilisés comme repoussoir. Du coup, constate Corinne Gobin de l'Université libre de Bruxelles, "depuis vingt ans que la marché intérieur existe, il y a un décalage croissant entre ce que ressent la base des militants et ce que pensent les leaders syndicaux".
Pour Jean-Marc Governatori, Président de la France en Action (www.lafranceenaction.com) : "(...) Valéry Giscard d'Estaing, en fin politique qu'il est, a prévu un sommet annuel réunissant les institutions européennes, les représentants des salariés et les représentants des employeurs, qui devra discuter des questions relatives à la sempiternelle croissance et au plein emploi. Vous savez maintenant pourquoi la majorité des syndicats sont favorable à la Constitution : elle les fait exister et reconnaît leur représentativité" (source : Jean-Marc Governatori, texte écrit, "Oui à une Constitution européenne. Non au sabotage proposé. Votons blanc", 2004, p 48).
Le 3 mai 2006, Raphaël Hadas-Lebel, Président de section au Conseil d'Etat, a remis au Premier Ministre Dominique de Villepin conformément à sa lettre de mission du 20 décembre 2005, un rapport intitulé : "Pour un dialogue social efficace et légitime : représentativité et financement des organisations professionnelles et syndicales". Destiné à être présenté devant la Commission nationale de la négociation collective au Conseil Economique et Social, ce rapport précise par exemple (p 10, 122) que : "(...) Les données récentes confirment la faiblesse du taux de syndicalisation français, situé aux alentours de 8% au total et de 5% dans le secteur privé. (...) Dans la fonction publique, 15% des salariés sont affiliés à un syndicats (...). Cette étude montre également que le taux de syndicalisation global a quasiment été divisé par deux en 25 ans, même si la tendance est à la stabilisation depuis une dizaine d'années. En 2003, 1 845 000 salariés ont déclaré être affiliés à un syndicat. Il apparaît enfin que les cadres sont plus syndiqués que les catégories intermédiaires, les employés et les ouvriers, dans le secteur public comme dans le secteur privé. Ces chiffres placent la France au trentième et dernier rang des pays membres de l'OCDE" (source : Raphaël Hadas-Lebel, rapport au Premier Ministre, 2006, p 10-22).
Paul Labrique écrit dans une note diffusée sur le Réseau Voltaire que : "(...) Dès le début, les Etats-Unis se sont appliqués à neutraliser l'influence soviétique dans le mouvement syndical européen. S'appuyant sur l'AFL-CIO, une organisation qui tient plus de la corporation de branche que du syndicat de classe, la CIA a fait exploser la CGT française et a financé la dissidence de Force Ouvrière (FO). Puis, l'Agence a regroupé les centrales atlantistes européennes au sein d'une Confédération des Syndicats Libres. Le système a été ultérieurement étendu à l'Afrique et à l'Asie. L'opération a été dirigée par Irving Brown, responsable du réseau stay-behind en Europe. (...) Son premier fait d'armes concerne la France. Allié stratégique de Washington du fait de sa puissance économique et démographique, mais aussi de sa situation géographique (sa frontière avec l'Allemagne, dont une moitié du pays est occupée par les troupes soviétiques, en font un partenaire privilégié en cas d'offensive de l'URSS), le pays connaît d'importantes turbulences sociales une fois l'état de grâce de la Libération disparu. Les grèves de Renault d'avril-mai 1947 font éclater l'accord de gouvernement entre le Parti Communiste Français (PCF), la SFIO et le MRP. Paul Ramadier révoque les ministres communistes, et plonge la vie politique dans une instabilité menaçante. D'autant que les difficultés économiques s'accumulent : pénurie de charbon et de denrées alimentaires, hausse des prix, provoquent des mouvements sociaux importants dans tout le pays. La CGT, premier syndicat du pays, est secouée par des dissensions internes entre ceux qui acceptent "le rôle dirigeant du PCF dans le mouvement ouvrier et ceux qui s'y opposent". Washington profite de l'occasion : la CIA aborde le Secrétaire général de la CGT, Léon Jouhaux, à l'occasion de son voyage à l'ONU. Jouhaux accepte de provoquer la scission qui donnera naissance à Force Ouvrière (FO), en 1948, et affaiblira durablement le syndicalisme français" (source : Paul Labarique, Réseau Voltaire, 2 juin 2004, www.voltairenet.org/article14074.html).
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