24 décembre 2008
SEGOLENE ROYAL
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France
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(catégorie : Regard sur la France)
SEGOLENE ROYAL
Ségolène Royal (né à Dakar en 1953), Conseillère de tribunal administratif de profession, est la Présidente du Conseil Régional de Poitou-Charentes.
Dans Le Figaro du 17 novembre 2006, Myriam Lévy voit dans Ségolène Royal le sacre "d'un parcours savamment construit, l'oeil davantage rivé sur l'opinion que sur les partis. (...) Zapatera, ou zapaterreur ? C'est selon. Il y a ceux (...) qui voient en elle une conquérante, et ceux qui la décrivent comme une femme sans scrupule, prête à tout pour arriver au sommet. Ségolène Royal n'est pas une femme linéaire. On la rencontre souvent là ou on ne l'attend pas. C'est l'une des clés de son succès d'aujourd'hui. Féministe et traditionnelle. Mère de famille et ambitieuse. Quand elle les surprend, ses camarades la croient gaffeuse. C'est certainement leur première erreur. Il y a peu de place pour le hasard dans un discours qui, s'il n'est pas toujours exposé avec méthode, n'en est pas moins réfléchi. Et Ségolène Royal a du flair. Grande dévoreuse de sondages et d'études statistiques, elle n'a pas son pareil pour repérer le sujet concret qui fait débat dans les familles et sur lequel, avec du bon sens et passant outre les dogmes, elle va pouvoir renverser la table. Tant pis s'il y a de la vaisselle cassée, son message sera passée. C'est ce qui fait sa différence avec ces éléphants dont même les socialistes se sont lassés au fil des ans. Ouvrant la voie à la candidature d'une femme, quinquagénaire, qui, de plus, est belle et toujours élégante dans sa veste souvent blanche.
(...) Cette image construite au long cours lui permet aujourd'hui d'incarner la nouveauté, bien qu'étant à l'Elysée comme conseillère du Président dès 1981, au côté de François Hollande, dans l'équipe recrutée par Jacques Attali. En 1988, François Hollande et Ségolène Royal entrent ensemble à l'Assemblée Nationale.
(...) Son fond de commerce : les femmes, les classes populaires. Ces français qui, la cinquantaine passée, regardent un monde qu'il ne comprennent plus, trouvent leurs enfants trop coulants avec leurs petits-enfants, voudraient que quelqu'un remette de l'ordre, du respect, du travail, là ou ils ne voient que chômage, je-m'en-foutisme et violence. Alors "l'ordre juste", ils en redemandent. De la démocratie participative aussi, tant ils ont eu l'impression de ne pas être entendus par le passé. Et Royal, ils ont envie d'y croire.
Pourtant, "elle leur promet peu", note Gilles Savary, ancien fabiusien devenu son porte-parole. Ce qui compte, pour elle, ce sont les "valeurs". Il y a le bien et le mal. La vérité et le mensonge, toujours intolérable. Au point de demander à la télévision la démission du Premier Ministre hongrois, coupable à ses yeux d'avoir menti pendant la campagne électorale (...)". (source : Myriam Lévy, Le Figaro, 17 novembre 2006)
Christine Bierre, rédactrice en chef du journal Nouvelle Solidarité, n'a pas relevé de différences entre les programmes des deux candidats à l'élection présidentielle 2007 : "(...) Comme Didier Hassoux le montre à merveille dans un article du journal "Libération" du 19 avril 2006, en dehors du style de chaque personnage, les différences de contenu sont quasiment inexistantes. Leur réponse sur le travail sont caricaturalement identiques. "Nous devons rééquilibrer le rapport salarié-employeur en offrant la sécurité au salarié tout en donnant aux entreprises l'agilité dont elles ont besoin pour s'adapter aux évolutions de la conjoncture", déclare Ségolène Royal au "Nouvel Observateur". "L'enjeu, c'est la simplification de notre contrat de travail pour le salarié", déclare par ailleurs Nicolas Sarkozy. (...) Chacun à sa manière semble vouloir rassurer un électorat en révolte de plus en plus ouverte contre ses élites : Nicolas Sarkozy en multipliant les références autoritaires, en frappant sur la table et en fonçant; Ségolène Royal en véritable robinet d'eau tiède qui materne ses ouailles avec la promesse d'une "démocratie citoyenne" à venir. Quelle mouche à bien pu piquer le peuple français, qui semble prendre plaisir à se laisser bercer par des contes de fée à la Amélie Poulain et par de douces platitudes sur les "citoyens experts", le "désordre" qui règne dans la société et la nécessité d'établir un "ordre juste", une "sécurité durable" et une "égalité réelle"? Derrière ces deux styles différents, la constance est l'acceptation d'un ordre des choses prétendument immuable, celui de la "mondialisation financière" née de la mort du système de Bretton Woods, en 1971, et tant que les candidats n'oseront pas remettre cet ordre en question, quelles que soient leurs qualités par ailleurs, ils ne pourront être que ses serviteurs.
(...) Devenus, depuis le Traité de Maastricht, les domestiques d'un ordre financier sur lequel ils n'exercent plus aucun contrôle, ils sont condamnés à gérer, avec plus ou moins de bon sens, un ordre de banquiers, de chômage et de précarité. C'est la raison pour laquelle Ségolène Royal ne prétend pas "changer" le monde mais seulement "identifier des espaces d'espérance qui seront ensuite des points d'appui pour agir". Sur le même ton résigné avec lequel Lionel Jospin avait dit aux employés licenciés par "Michelin" que désormais, l'homme politique ne peut plus tout faire, Ségolène Royal déclare au "Nouvel Observateur" qu'il faut surtout qu'on "dise (aux français), sans démagogie, sur quoi le politique est capable d'agir et sur quoi il ne peut pas peser".
Les candidatures de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal sont l'exemple parfait de la façon dont les pouvoirs financiers "prennent des positions" auprès de leurs poulains sur la scène politico-médiatique. Dans la PME présidentielle de Ségolène Royal, composée plutôt de figures locales ou des conseillers de longue date de la candidate, une figure détonne : celle de Jacques Attali, ancienne éminence grise de François Mitterrand" (source : Christine Bierre, Nouvelle Solidarité, le 9 mai 2006, www.solidariteetprogres.org)
En déplacement dans les DOM fin janvier 2007, Ségolène Royal a dévoilé une partie de ses intentions en cas de victoire. Le journaliste David Revault d'Allonnes rapporte dans les colonnes du journal Libération, les propos de Ségolène Royal : "(...) Je veux être la Présidente de la République qui mettra fin à toutes les discriminations, la présidente d'une France métissée qui s'assume comme telle".
L'Agence France Presse (AFP) indique également dans une dépêche du 28 janvier 2007 (07h19) : "(...) La Député des Deux-Sèvres a une nouvelle fois honoré "les militants anticolonialistes". Elle s'est placée dans la continuité de Gerty Archimède, première femme élue députée en Guadeloupe en 1946 (...). Sans prononcer le mot de discrimination positive, Ségolène Royal a demandé aux employeurs en Guadeloupe "d'orienter le recrutement d'abord vers l'emploi local", c'est-à-dire les Antillais, et s'est engagée à instaurer "une partie de préférence régionale dans les concours". "Cela me semble tout à fait normal et acceptable", a t-elle dit".
Jean-Louis Bianco considère que "Ségolène Royal est dans une stratégie de longue, très longue durée, qui aboutira en 2012". Dans ce but, la Présidente de Poitou-Chatentes a mis au point une méthode que l'ancien secrétaire général de l'Elysée qualifie de "mitterrandienne" : celle des cercles qui ne se croisent presque jamais. Elle compartimente. Dans le schéma ségoléniste, on appartient à un cénacle mais on ignore le nom des membres d'un autre. Personne n'est capable d'avoir une vision globale du travail, sauf Ségolène elle-même. Le coeur du dispositif s'active une fois par semaine. A 8 heures du matin, tous les mardis, une petite dizaine de fidèle se donnent rendez-vous dans les nouveaux locaux de Ségolène Royal, sis dans un immeuble bourgeois du boulevard Raspail, à Paris. Cent cinquante mètres carrés payés sur sa cassette personnelle par Pierre Bergé, le richissime président de la Fondation Yves-Saint-Laurent. "Si vous trouvez un autre socialiste capable de faire 47% à la présidentielle, vous me prévenez! répond-il à qui l'interroge sur les raisons de ce cadeau" (source : Michel Revol, Libération, 29 novembre 2007).
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18:26 Publié dans I REGARD SUR LA FRANCE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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