02 janvier 2009

ARNAUD MONTEBOURG

Blog de Pascal Jean gimenez : Regard sur la France

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(catégorie : Regard sur la France)

ARNAUD MONTEBOURG

Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France du 11 avril 2005, Arnaud Montebourg indique ne pas vouloir mener campagne pour le NON au référendum 2005 afin de respecter la ligne officielle du Parti Socialiste (PS) : "Nous avons le devoir d'être loyaux à l'égard des milliers de militants qui ont exprimé un choix majoritaire". Mais Arnaud Montebourg a voté contre la Constitution européenne, estimant que le NON de la France ne signifie pas un refus massif de l'Europe mais plutôt "une volonté de mieux contrôler la construction européenne et de décider vraiment de son orientation (...). Si le NON l'emporte, il faudra renégocier, tout remettre à plat". Pour le Député de Saône-et-Loire, la Constitution européenne n'avait "presque aucune chance de voir le jour". Il avait cependant l'espoir qu'en cas de victoire du NON, l'unité du Parti Socialiste (PS) ne serait pas remise en cause, redoutant par-dessus tout qu'une gauche divisée au moment des élections présidentielles de 2007, n'offre un cadeau inestimable à la droite.

Mis en minorité au congrès du Parti Socialiste (PS) au Mans (du 18 au 20 novembre 2005), le Nouveau Parti Socialiste (NPS), le mouvement qu'il avait cofondé le 16 octobre 2002 avec Vincent Peillon (né en 1960, enseignant de profession, ancien assistant parlementaire d'Henri Emmanuelli, député de la Somme de 1997 à 2002) et Benoît Hamon (né en 1967), au lendemain du traumatisme du 21 avril 2002, a implosé. Critiques vis-à-vis des orientations prises par le Parti Socialiste (PS), ils étaient les partisans d'une réforme en profondeur des Institutions. En réalité le Nouveau parti Socialiste (NPS) voulait surtout apparaître dynamique et différend des autres

Ce courant fut salué par Jean-Marc Governatori, Président-fondateur de la France en Action (www.lafranceenaction.com), le dixième parti politique de France, qui s'inscrit au delà du clivage droite-gauche : "C'est (...) une grande vertu de notre démocratie et de nos médias que de laisser s'exprimer des avis différents. Cela enrichit le débat et stimule l'intérêt du citoyen. Au sein du Parti Socialiste, il est bon qu'une troisième voie s'élève, portée par messieurs Montebourg, Peillon et Hamon. La démocratie, c'est cela aussi. Les états-majors parisiens ne s'y font décidément pas. Ce débat met d'ailleurs en exergue quelques individualités intéressantes, hélas cloisonnées, enfermées dans un régime de parti ou ils étiquettent, s'époumonent, se condamnent à l'intérieur d'un clivage ancestral" (source : Jean-Marc Governatori, texte écrit en 2004, "Oui à une Constitution européenne. NON au sabotage proposé. Votons blanc", p 42-43).

Des dissensions sont cependant vite apparues à l'intérieur du Nouveau Parti Socialiste (NPS), avec notamment le départ de Julien Dray au printemps 2003, parti rejoindre François Hollande. Cette volte-face a valu à Julien Dray d'être désigné porte-parole du Parti Socialiste en guise de remerciements. Depuis, Vincent Peillon envisageait lui aussi de rejoindre la majorité du Parti Socialiste, alors qu'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon souhaitaient se tourner vers la gauche du Parti Socialiste. Vincent Peillon franchira finalement le "rubicon" au congrès du Mans, scellant ainsi l'amorce de la fin programmée du Nouveau Parti Socialiste (NPS). Arnaud Montebourg et Vincent Peilon se disputèrent alors par médias interposés pendant plusieurs jours. Vincent Peillon reprochera à Arnaud Montebourg "d'employer un vocabulaire toujours à la limite du populisme et de l'extrême droite", tout en essayant de réduire son rôle au sein du Nouveau Parti Socialiste (NPS) à celui d'une simple "mascotte". Arnaud Montebourg l'accusera en retour "d'utiliser des méthodes empruntées à Lucrèce Borgia".

Samedi 10 décembre 2005 à Paris, Arnaud Montebourg, Vice-président de la Commissions des lois de l'Assemblée Nationale, pose les fondations de Rénover Maintenant (www.renover-maintenant.org), un nouveau courant qui entend demeurer un laboratoire d'idées pour le Parti Socialiste. Reconnu aussitôt par François Hollande, cet adoubement lui ouvre les portes des instances dirigeantes du Parti Socialiste et l'accès très convoité à la "Commission projet" composée de tous les "éléphants". Arnaud Montebourg souhaite cependant continuer à incarner "l'opposition" et se dit dubitatif sur la stratégie adoptée par le Parti Socialiste dans sa lutte contre la mondialisation et sur la défense du projet européen qu'il juge indécis. Il reproche surtout au Parti Socialiste de ne pas être en mesure de changer et d'être dans l'impossibilité "d'accomplir sa propre révolution intérieure" (source : Le Parisien, 9 décembre 2005).

Arnaud Montebourg a réussi à souffler à Ségolène Royal l'idée de sa VIe République qui lui tient à coeur. Dimanche 18 mars 2007, la candidate socialiste à l'élection présidentielle l'évoque pour la première fois : "(...) Dans un discours prononcé devant quelque 4 000 élus socialistes réunis porte de Versailles à Paris, la candidate socialiste a promis "une République nouvelle dont vous (les élus) êtes les acteurs à l'avant-garde", grâce à "un référendum refondateur de la République, ancrée sur ses traditions et en même temps tournée vers le futur". "Ce sera notre VIe République, c'est celle-là (...) que nous construirons ensemble. Cette République nouvelle reposera, a t-elle indiqué, sur "quatre piliers : une démocratie parlementaire revivifiée qui va mettre fin au cumul des mandats, une démocratie sociale qui va faire faire à la France un bond vers le futur en modernisant le dialogue social", la garantie des "solidarités de base" avec "le maintien des services publics sur tout le territoire", enfin "la démocratie territoriale". C'est la première fois que Ségolène Royal utilise aussi explicitement le terme de "VIe République" pour décrire ces changements institutionnels, bien qu'ils ne touchent que de façon marginale aux pouvoirs du Chef de l'Etat, clé de voûte de la Ve République" (source : AFP, dimanche 18 mars 2007).

S'estimant humilié lors de son passage dans l'émission télévisée "Vendredi pétantes", présentée le 27 janvier 2006 sur Canal + par Stéphane Bern, Arnaud Montebourg décide de réagir : "Le débat politique est misérable sur le service public. On est dans une arène ou on se fait allumer si on ne joue pas le jeu. Les politiques (...) sont obligés de participer à des émissions ou ils servent de repoussoir ou de punching-ball, coincés entre un acteur et un sportif". Et de fustiger "ces animateurs qui nous traitent comme de la m...." (source : Philippe Ridet, Le Monde, 8 avril 2006).

Arnaud Montebourg (www.arnaudmontebourg.fr) est le fils de Michel Montebourg, fonctionnaire de l'administration fiscale, et de Leïla Ould Cadi, professeur d'espagnol, descendante de la famille des Ould Cadi, une noble famille de Wali algériens, c'est-à-dire de "préfets" arabes placés à la tête des Wilayas, l'équivalent de nos départements français.

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