19 janvier 2009

DOMINIQUE DE VILLEPIN

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France

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(catégorie : Regard sur la France)

DOMINIQUE DE VILLEPIN

Invité sur Europe 1, dimanche 17 avril 2005, Dominique de Villepin (né en 1953 au Maroc), alors Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés locales (31 mars 2004 - 31 mai 2005), a annoncé un changement de politique, "encore plus volontaire, encore plus audacieuse, encore plus solidaire", après le 29 mai 2005, "quelle que soit la réponse des français". Diplomate de profession, Dominique de Villepin n'avait pas cependant jugé utile d'informer au préalable le Premier Ministre en exercice. Sur RTL, mardi 18 avril 2005, Jean-Pierre Raffarin rappelle à l'ordre Dominique de Villepin : "Il a dérapé, cela arrive souvent lorsqu'on veut aller trop vite. Je l'ai recadré. L'incident est clos. Au travail !".

Secrétaire général de l'Elysée avant les élections présidentielles 2002, Dominique de Villepin a fait sensation à Casablanca (Maroc), en s'adonnant à une "époustouflante causerie poétique", intitulé "L'amour des deux rives" (source : Le Figaro, 27 septembre 2005). Premier conseiller à l'Ambassade de France à New Delhi (1984-1992), Dominique de Villepin a pris le temps d'écrire deux recueils de poèmes en 1986 et en 1988 : "Parole d'exil" et "Le droit d'aînesse". Ecrivain talentueux, il a reçu le Prix des Ambassadeurs en juin 2001 pour son épopée napoléonienne, "Les cents-jours ou l'esprit de sacrifice " (Editions Perrin, 2001), ainsi que le Prix de la Fondation Napoléon. En 2000, Jacques Chirac déclare au sujet de Dominique de Villepin : "Il est rare de rencontrer un homme qui, comme lui, soit à la fois un poète et un très bon capitaine d'escadron de commando" (source : Eric Mandonnet, Eric Pelletier et Jean-Marc Pontaut, L'Express du 18 octobre 2004).

Didier Schuller accuse Dominique de Villepin d'avoir dirigé "un cabinet noir à l'Elysée", ce qui a écorné son image. Celle du Diplomate hautement qualifié aux manières exquises, s'effaça alors brutalement pour laisser apparaître le visage sadique du bourreau, orfèvre en coups tordus. Nicolas Sarkozy le soupçonne lui aussi de la même chose. Il s'est d'ailleurs arrangé pour faire savoir que son retour au Ministère de l'Intérieur en juin 2005, était lié à son désir de contrecarrer les agissements occultes du Premier Ministre en exercice.

Dominique de Villepin a passé la majeure partie de son enfance et de sa jeunesse hors du territoire national. Il a surtout étudié à Caracas et à New York. Il aime répéter : "La France, je l'ai rêvée avant de la connaître" (source : Le Monde, 1er septembre 2005). Il ne manque jamais une occasion d'évoquer son "attachement" à sa terre natale et à l'Afrique en particulier, ni de se définir comme un "métèque". Il confie parfois : "De mon enfance à Rabat, j'ai conservé quelques souvenirs : des couleurs, des images, des émotions, des sensations". En mai 1968, il a été le seul gréviste au lycée français de Caracas : "J'étais loin de la France. J'apercevais un tournant dans les relations entre le pouvoir et la société, l'affirmation d'une jeunesse, d'un autre regard porté sur le monde, d'un idéal à défendre" (source : Entretien de Dominique de Villepin avec Denis Etienne et Jean-François Verdonnet, Tribune de Génève, 1er avril 2008).

Sa vision du pays est parfois déroutante. Le journaliste Franz-Olivier Giesbert qui l'a côtoyé de près sans jamais cacher le carnet de notes qui le suit partout pour recueillir minutieusement la teneur de ses précieux échanges avec les hommes politiques, rapporte dans "La tragédie du Président" (Flammarion, 2006), les propos étonnants de Dominique de Villepin sur la France : "La France a l'air à la ramasse. Mais observez-la de près. Elle a les jambes écartées. Elle attend désespérément qu'on la baise : ça fait trop longtemps que personne ne l'a honorée !"

Jeudi 6 octobre 2005, dans "A vous de juger" une émission politique de France 2 animée par Arlette Chabot, Dominique de Villepin affirme avoir changé : "J'ai le sentiment de m'être allégé de beaucoup d'ambitions inutiles, de beaucoup de susceptibilités, de beaucoup d'amour-propre, qui font qu'on a des réactions parfois puériles, parfois même stupides".

Dans son livre "Des hommes d'Etat" (Grasset, 2008), Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon (2006-2007), député de l'Eure depuis juin 2007, actuel Secrétaire d'Etat en charge des Affaires Européennes, décrit les réactions de l'ancien Premier Ministre dans le cadre confiné de leurs relations de travail. Le 31 mars 2006 par exemple, suite à la crise du Contrat Première Embauche (CPE) qui s'achève sur un échec, il raconte : "Au déjeuner, Dominique de Villepin invite ses conseillers les plus proches, il sait que la partie est jouée et perdue. "Dans le fond, je suis né cinquante ans trop tard. Je n'aurais jamais dû faire ce métier"".

Le 22 mars 2007, quand Dominique de Villepin arrive à l'Elysée, se tournant vers Bruno Le Maire (http://brunolemaire.fr) avant de sortir du véhicule, il confie : "Je serais heureux de quitter tout ça. Si vous saviez comme je suis soulagé. La politique est un rétrécissement : toujours les mêmes visages". Il descend, monte quatre à quatre les marches du perron entre deux rangées de gardes républicains sabre au clair. "Et tout ces chapeaux à plumes, ces uniformes, ces cérémonies, vraiment je n'en peux plus, c'est fini : ce n'est pas la vie"" (source : Bruno Le Maire, "Des Hommes d'Etat", Grasset, 2008).

Le 9 janvier 2008, Dominique de Villepin a intégré sur dossier l'Ordre des Avocats. Il a prêté serment devant la Cour d'Appel de Paris, aux côtés d'une cinquantaine d'impétrants. Les anciens Ministres François Baroin, Jean-François Copé et Ségolène Royal, ont récemment embrassé la carrière d'avocat grâce à la même procédure, c'est-à-dire par la valorisation de leur diplôme et de leur expérience professionnelle. Dominique de Villepin a déclaré ce jour là à la presse : "Toute ma vie a été placée sous le signe du combat pour le bien public à la fois comme diplomate en matière internationale et comme politique. J'entends poursuivre ce combat pour la paix et la justice en qualité d'avocat. C'est une grande fierté pour moi de revêtir aujourd'hui cette robe. Ca fait partie des rêves que j'avais quand j'étais enfant. Vous voyez, il y a des rêves qui se réalisent".

A SUIVRE ...

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