23 janvier 2009

JEAN-PIERRE CHEVENEMENT

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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(catégorie : Regard sur l'Europe)

JEAN-PIERRE CHEVENEMENT

Pendant la campagne référendaire, Jean-Pierre Chevènement a effectué plus d'une vingtaine de déplacements en province pour défendre le NON avant son grand meeting au gymnase de Japy à Paris (XIe).

Le Mouvement des Citoyens (MDC) qu'il a fondé en 1992 a distribué des tracts sur lesquels il dénonçait l'Europe libérale : "Non à l'Europe libérale qui a entraîné la précarité des emplois, les délocalisations (...). Le projet de Constitution européenne livre tout aux marchés, il organise leur toute puissance et nous condamne à l'ultra-libéralisme à perpétuité".

Fin mars 2005, Jean-Pierre Chevènement (www.chevenement.fr) a sorti un essai au titre explicite : "Pour l'Europe, votez NON!" (Fayard). Composé de quatre grands chapitres regroupant une cinquantaine d'articles enlevés, il a appelé à la rescousse Mendès France, Charles de Gaulle et Jean Jaurès, dont il cite les mots prophétiques toujours d'actualité : "Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire : c'est ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe...". Jean-Pierre Chevènement n'a pas cessé de dénoncer avec ardeur le risque de vassalisation de l'Union Européenne par les Etats-Unis. Jean-Pierre Chevènement s'est prononcé dès le mois d'août 2004 contre la Constitution européenne.

"Êtes-vous pour ou contre l'Europe ? Et non pas : Êtes-vous pour ou contre le texte dit de "Constitution européenne"? Voilà le subterfuge imaginé par ceux "d'en haut" pour faire approuver, à l'esbroufe, par ceux "d'en bas", nu noyau dur de règles contraignantes, tirées d'un credo libéral dogmatique, sous un magma de procédures illisibles et paralysantes. Qui pourrait être contre une Europe organisée et pacifique ? Tout est dans la méthode utilisée. Or, les propagandistes du "OUI" se réfugient dans l'incantation et la dénonciation de ceux qui osent porter la contradiction sur le fond. "Ils agitent toutes les peurs". (...) Dans un monde qui a radicalement changé depuis le traité de Rome (1957), la construction européenne reste sur les rails d'un choix libéral qui en fait un marché ouvert à tous les vents et offert à tous les coups. Le projet de Constitution européenne n'a pris la mesure d'aucun des défis du monde d'aujourd'hui : globalisation financière, hégémonie désormais sans rivale des Etats-Unis appuyés sur le dollar et sur le pétrole, irruption de l'Asie, mise en concurrence des territoires et des mains-d'oeuvre par les multinationales, guerres des civilisations présentes et à venir. Nos concitoyens, depuis l'adoption du traité de Maastricht en 1992, n'ont eu qu'un avant-goût de ce qui les attend : désindustrialisation, enfoncement dans la stagnation de longue durée et dans un chômage de masse, inféodation extérieure, déchirements intérieurs. Le projet de Constitution européenne, s'il été adopté, nous désarmerait et nous marginaliserait pour longtemps. Il y a une autre voie : celle qui consiste à partir de la France, justement parce qu'elle est France, le pays fondateur de l'entreprise européenne par excellence, à dire NON à cette dérive mortifère et à inventer un autre chemin. Ce "NON républicain" pourra permettre de construire un acteur stratégique européen indépendant à partir des Nations qui le voudront. Il n'y aura pas d'Europe qui vaille hors de cette volonté d'indépendance. Faisons la surgir et d'abord dans notre peuple" (source : Jean-Pierre Chevènement, "Pour l'Europe, votez NON !", Fayard, 2005).

En guise de conclusion, Jean-Pierre Chevènement (né en 1939) minimise les conséquences du NON en France. Il explique que l'Europe continuera de vivre simplement sous l'égide du traité de Nice, ce qui "n'entraînera aucun chambardement institutionnel dans l'immédiat (...) et obligera l'ensemble des dirigeants européens à réfléchir le contenu de l'entreprise européenne. (...) La victoire du NON créera un formidable sursaut de la conscience en France et en Europe". Ce sera pour celle-ci "un baptême du feu".

Réaction de Jean-Pierre Chevènement dans le journal Libération quelques jours après le résultat du référendum du 29 mai 2005 : "(...) Jacques Chirac m'a dit un jour que ce texte était moins une Constitution qu'un règlement intérieur. Dans ce cas, pourquoi l'avoir baptisé "Constitution" ? Ce qui a été rejeté à travers la Constitution, c'est la prétention à "constitutionnaliser" au nom du "peuple européen" qui n'existe pas, un corps de règles paralysantes qui ont installé en Europe un chômage de masse et dont les peuples réellement existants ne veulent pas. La seule attitude réaliste est de modifier ce qui dans ce texte fait obstacle à une relance keynésienne à l'échelle européenne. Mais la droite comme le Parti Socialiste (PS) entendent que le processus de ratification de la Constitution se poursuive comme avant. Aujourd'hui, le peuple et les élites coalisées se regardent en chien de faïence et au coeur de l'incompréhension, il y a la Nation. Les élites veulent dépouiller - pour leur bien - le peuple de sa souveraineté nationale et n'entendent rien changer à leur politique. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir comment traduire le formidable signe de santé que vient de donner notre peuple dans un système politique dont la fonction est d'étouffer sa volonté. Ce qui n'a pas été possible en 2002 le sera t-il en 2007 ?" (source : Jean-Pierre Chevènement, Libération, "Un NON, porteur d'avenir", 9 juin 2005). 

Jean-Pierre Chevènement Préside la Fondation Res Publica : www.fondation-res-publica.org

Plaquette de présentation de la Fondation Res Publica : www.fondation-res-publica.org/download/Presentation_Fonda...

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