28 janvier 2009
JOSE BOVE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France
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(catégorie : Regard sur la France)
JOSE BOVE
Ancien porte-parole de la Confédération Paysanne (www.confederationpaysanne.fr), José Bové (né en 1953) a expliqué le 30 mars 2005 à la presse les raisons de son opposition à une "constitution européenne idéologique qui s'inscrit dans la logique de la mondialisation". Il arborait un badge sur lequel on pouvait lire : "J'aime l'Europe, je vote NON". Signataire de la charte "pour une europe sociale et démocratique" lancée par le socialiste Pierre Larrouturou, José Bové a plaidé pour une "alternative" à l'Europe. Quelques cinquante personnalités de gauche ont signé ce texte, parmi lesquelles les socialistes Henri Emmanuelli et Michel Charzat ou encore Patrick Pelloux (Président de l'association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France).
Pour José bové "il faut redonner le pouvoir aux citoyens et, pour cela, il faut une véritable charte sociale (...). Tout n'est pas noir dans ce traité mais sa philosophie générale est trop idéologique". Cette idéologie se trouve résumée selon lui par le débat autour de la directive bolkestein : "Ce débat m'a rappelé le jour ou l'Espagne est entrée dans l'Union. Et la manière dont l'Europe a laissé faire du dumping, en Andalousie avec l'implantation de serres agricoles géantes, qui ont obligé l'Espagne à avoir recours à de la main-d'oeuvre étrangère, souvent des sans-papiers". Bref, il "faut d'abord une harmonisation sociale".
José bové se disait "prêt à assumer d'aller à l'Elysée" en 2007 alors qu'il avait jusque-là écarté cette hypothèse propagée par Daniel Cohn-Bendit lors de l'élection présidentielle 2002. Il l'avait qualifiée de "débile". José Bové pense que "les hommes politiques ne transforment pas la société dans la mesure ou il ne remettent pas en cause ses fondements : l'Etat et l'économie. S'inscrire dans le débat politique pour être acteur de transformation ou de prises de conscience est un mauvais calcul. Les choses changent quand la contrainte vient d'un phénomène ou d'un mouvement extérieur. Pour peser, il faut se situer à côté du système politicien".
Six ans plus tard José Bové a changé d'avis : "Un taulard pourrait-il briguer l'Elysée ? "Si la Cour de Cassation refuse mon pourvoi à la fin de l'année 2006, je pourrais être un candidat à la présidentielle derrière les barreaux", confie le provocateur José Bové sans dissimuler la joie que lui procurerait cette situation inédite. (...) "Nous pouvons être la gauche qui gagne, en menant à la fois les luttes sociales et les combats électoraux", hurle le tribun des Causses (...). C'était le 29 juin 2006, à Aubagnes (Bouches-du-Rhône), lors d'un meeting unitaire rassemblant 800 personnes ou l'éleveur de brebis, a remporté, et de loin, le concours de l'applaudimètre face à Alain Krivine, 65 ans, et à Olivier Dartignolles, 35 ans, les porte-parole respectifs de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et du Parti Communiste Français (PCF), puisque Olivier Besancenot et Marie-George Buffet n'avaient pas souhaité faire le déplacement. (...) Le candidat à la candidature a mis de l'eau dans son vin, mais conserve un discours hostile aux appareils politiques, presque populiste, pour mieux flatter les militants de base. Reste que Bové sait qu'il a besoin du soutien du Parti Communiste Français (PCF) et de jouer serré avec la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Le paysan libertaire se méfie des marxistes, des léninistes et surtout des trotskistes. Afin de mieux comprendre, il s'est entouré d'experts de ces organisations si loin de sa culture, qui le conseillent "à titre personnel"" (source : François Koch, L'Express, semaine du 6 juillet 2006).
Objecteur de conscience, José Bové est un ardent partisan de la "non violence active". Il a fréquenté à l'adolescence les communautés de "L'Arche de Lanza del Vasto" (www.arche-nonviolence.eu) fondée en 1948. Lanza del Vasto (1901-1981) est né à San Vito di Normandi (les Pouilles) dans une famille fortunée de Sicile. Son vrai nom est Giuseppe Giovanni Luigi Enrico Lanza di Trabia-Branciforte. Lanza del Vasto est parti en 1937 rejoindre pendant quelques mois dans le cadre d'un voyage initiatique en Inde Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948). Il s'inspirera du modèle des ashrams de Ghandi pour animer à la mode occidentale quelques années plus tard les centres de la communauté de L'Arche.
Interrogé par le sociologue Paul Ariès (un des témoins de moralité de José Bové lors du procès de l'affaire du Mc Donald de Millau) et par le théologien Christian Terras, Directeur des Editions Golias (www.golias.fr) (tendance chrétien de gauche) et administrateur du Réseau Voltaire (www.voltairenet.org), dans le cadre de leur livre-entretien avec José Bové ("José Bové, la révolte d'un paysan", Editions Golias, 2000), José Bové leur a confié : "Je suis un arnarcho-syndicaliste. Mes références, ce sont la fondation de la première internationale au siècle dernier et la CNT Espagnole en 1936. (...) Avec les paysans sans terre au Brésil, je me sens proche de la théologie de la libération. Leur manière de vivre leur foi est extraordinaire".
Luxembourgeois, le père de José Bové (né en 1929) obtient la nationalité française quand il est nommé Directeur horaire de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), le premier institut agronomique en Europe et l'un des trois premiers au monde dans les domaines de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement. Le grand-père de José Bové était un maraîcher luxembourgeois.
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