30 janvier 2009

CHRISTINE BOUTIN

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

Quel est votre avis sur la note : "Christine Boutin"?

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(catégorie : Regard sur l'Europe)

CHRISTINE BOUTIN

Présidente du Forum des Républicains Sociaux (www.frs-ladroitehumaine.fr), une formation associée à l'UMP, Christine Boutin (née en 1944), Député UMP des Yvelines depuis 1986, a lancé le 19 avril 2005 un "appel à la réconciliation des français", sa formation s'étant prononcée à 70 % pour le NON au référendum du 29 mai 2005.

Pour Christine Boutin la question n'était pas de savoir si le OUI ou le NON allait l'emporter : "Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est de savoir comment on va rétablir l'Unité Nationale". La situation de la France est à ses yeux d'une extrême gravité et révélatrice de "la fragmentation de la société nationale". Elle a dénoncé "les querelles internes au gouvernement, les divisions au sein de la droite et la gauche, l'incompréhension et l'éclatement entre tenants du OUI et les partisans du NON, les français qui n'ont pas de réponse à leurs questions (...). Nous sommes dans le mur. Le seul moteur qui guide les gens est la peur. Comment reconstruire avec toutes ces peurs (...)".

Le NON au référendum de Christine Boutin s'appuyait sur quatre déficits : "Un déficit historique et culturel (car la notion de racines judéo-chrétiennes ne figure pas dans le préambule de la Constitution européenne). Il ne s'agit pas de prosélytisme religieux, mais on ne peut pas construire l'avenir sans nos racines. Un déficit démocratique : les simples citoyens ne pourront jamais réunir un million de signatures pour mettre en oeuvre un droit de pétition qui sera réservé aux lobbies. Un déficit social : le traité ne fait aucune référence "à la lutte contre la pauvreté". Un déficit éthique : Christine Boutin redoutait que la Constitution européenne ne laisse "la porte ouverte" au clonage thérapeutique ou au mariage homosexuel". (source : Sophie Huet, Le Figaro, 20 avril 2005)

Après avoir décidé de se présenter à l'élection présidentielle 2002 malgré la candidature de François Bayrou, elle est exclue de l'UDF en décembre 2001 et rejoint les rangs de l'UMP. Au premier tour de l'élection présidentielle 2002, Christine Boutin rallie 1,9% des suffrages (avant dernier des candidats), ce qui lui vaudra, grâce à des accords passés avec Nicolas Sarkozy, d'être nommée le 18 mai 2007 par le Premier Ministre François Fillon, Ministre du Logement et de la Ville (www.logement.gouv.fr).

Le Nouvel Observateur du 3 avril 2008 (n° 2265) rapporte dans sa rubrique intitulée "Le téléphone rouge", les critiques de Christine Boutin sur les choix politiques de François Bayrou : ""La stratégie de François Bayrou depuis quinze ans a été d'amener nos idées à être représentées par quatre députés, c'est une tragédie", allume Christine Boutin. La Ministre du Logement, (...) juge que François Bayrou a commis une erreur magistrale en plaidant pour le quinquennat et l'inversion du calendrier en 2001. "Il n'a pas vu que cela conduisait à un régime présidentiel favorisant la bipolarisation de la vie politique. Celle-là même contre laquelle il lutte!"".

Christine Boutin dément appartenir à l'Opus Deï (www.opusdei.fr) malgré des rumeurs persistantes à ce sujet. Consulteur de la Sacrée Congrégation Pontificale pour la Famille, elle travaille comme conseiller technique sur les affaires familiales auprès de l'Etat du Vatican (elle a effectué quatre interventions en dix ans). Sur la cinquième chaîne française, le 16 mai 1990, Christine Boutin a déclaré : "Je suis catholique avant tout, avant d'être législateur. Je suis au service de la vie, donc contre l'avortement. Et l'Eglise, dans ce domaine, se réfère à une loi naturelle qui, en fait, s'impose à tous. Aux catholiques comme aux non-catholiques".

Christine Boutin suit de près le dossier des prisons françaises sur lesquelles elle enquête pour le compte du Parlement. Elle n'a de cesse de demander une amélioration des conditions de détention : "Seul l'amour de l'homme me guide dans mon combat" a t-elle dit. (source : Libération, 30 juin 2001).

Christine Boutin a écrit sur son blog (www.christineboutin-blog.fr) le 21 juin 2008 : "Depuis toujours la solidarité humaine et mon moteur. La mondialisation qui apporte de formidables avancées dans notre société a, par certains côtés, fragilisé la place de l'homme. Tout ce que j'ai essayé de faire depuis 20 ans au travers de ma vie personnelle ou politique passe par ce regard sur la fragilité humaine".

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28 janvier 2009

JOSE BOVE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France

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JOSE BOVE

Ancien porte-parole de la Confédération Paysanne (www.confederationpaysanne.fr), José Bové (né en 1953) a expliqué le 30 mars 2005 à la presse les raisons de son opposition à une "constitution européenne idéologique qui s'inscrit dans la logique de la mondialisation". Il arborait un badge sur lequel on pouvait lire : "J'aime l'Europe, je vote NON". Signataire de la charte "pour une europe sociale et démocratique" lancée par le socialiste Pierre Larrouturou, José Bové a plaidé pour une "alternative" à l'Europe. Quelques cinquante personnalités de gauche ont signé ce texte, parmi lesquelles les socialistes Henri Emmanuelli et Michel Charzat ou encore Patrick Pelloux (Président de l'association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France). 

Pour José bové "il faut redonner le pouvoir aux citoyens et, pour cela, il faut une véritable charte sociale (...). Tout n'est pas noir dans ce traité mais sa philosophie générale est trop idéologique". Cette idéologie se trouve résumée selon lui par le débat autour de la directive bolkestein : "Ce débat m'a rappelé le jour ou l'Espagne est entrée dans l'Union. Et la manière dont l'Europe a laissé faire du dumping, en Andalousie avec l'implantation de serres agricoles géantes, qui ont obligé l'Espagne à avoir recours à de la main-d'oeuvre étrangère, souvent des sans-papiers". Bref, il "faut d'abord une harmonisation sociale".

José bové se disait "prêt à assumer d'aller à l'Elysée" en 2007 alors qu'il avait jusque-là écarté cette hypothèse propagée par Daniel Cohn-Bendit lors de l'élection présidentielle 2002. Il l'avait qualifiée de "débile". José Bové pense que "les hommes politiques ne transforment pas la société dans la mesure ou il ne remettent pas en cause ses fondements : l'Etat et l'économie. S'inscrire dans le débat politique pour être acteur de transformation ou de prises de conscience est un mauvais calcul. Les choses changent quand la contrainte vient d'un phénomène ou d'un mouvement extérieur. Pour peser, il faut se situer à côté du système politicien". 

Six ans plus tard José Bové a changé d'avis : "Un taulard pourrait-il briguer l'Elysée ? "Si la Cour de Cassation refuse mon pourvoi à la fin de l'année 2006, je pourrais être un candidat à la présidentielle derrière les barreaux", confie le provocateur José Bové sans dissimuler la joie que lui procurerait cette situation inédite. (...) "Nous pouvons être la gauche qui gagne, en menant à la fois les luttes sociales et les combats électoraux", hurle le tribun des Causses (...). C'était le 29 juin 2006, à Aubagnes (Bouches-du-Rhône), lors d'un meeting unitaire rassemblant 800 personnes ou l'éleveur de brebis, a remporté, et de loin, le concours de l'applaudimètre face à Alain Krivine, 65 ans, et à Olivier Dartignolles, 35 ans, les porte-parole respectifs de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et du Parti Communiste Français (PCF), puisque Olivier Besancenot et Marie-George Buffet n'avaient pas souhaité faire le déplacement. (...)  Le candidat à la candidature a mis de l'eau dans son vin, mais conserve un discours hostile aux appareils politiques, presque populiste, pour mieux flatter les militants de base. Reste que Bové sait qu'il a besoin du soutien du Parti Communiste Français (PCF) et de jouer serré avec la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Le paysan libertaire se méfie des marxistes, des léninistes et surtout des trotskistes. Afin de mieux comprendre, il s'est entouré d'experts de ces organisations si loin de sa culture, qui le conseillent "à titre personnel"" (source : François Koch, L'Express, semaine du 6 juillet 2006).

Objecteur de conscience, José Bové est un ardent partisan de la "non violence active". Il a fréquenté à l'adolescence les communautés de "L'Arche de Lanza del Vasto" (www.arche-nonviolence.eu)  fondée en 1948. Lanza del Vasto (1901-1981) est né à San Vito di Normandi (les Pouilles) dans une famille fortunée de Sicile. Son vrai nom est Giuseppe Giovanni Luigi Enrico Lanza di Trabia-Branciforte. Lanza del Vasto est parti en 1937 rejoindre pendant quelques mois dans le cadre d'un voyage initiatique en Inde Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948). Il s'inspirera du modèle des ashrams de Ghandi pour animer à la mode occidentale quelques années plus tard les centres de la communauté de L'Arche.

Interrogé par le sociologue Paul Ariès (un des témoins de moralité de José Bové lors du procès de l'affaire du Mc Donald de Millau) et par le théologien Christian Terras, Directeur des Editions Golias (www.golias.fr) (tendance chrétien de gauche) et administrateur du Réseau Voltaire (www.voltairenet.org), dans le cadre de leur livre-entretien avec José Bové ("José Bové, la révolte d'un paysan", Editions Golias, 2000), José Bové leur a confié : "Je suis un arnarcho-syndicaliste. Mes références, ce sont la fondation de la première internationale au siècle dernier et la CNT Espagnole en 1936. (...) Avec les paysans sans terre au Brésil, je me sens proche de la théologie de la libération. Leur manière de vivre leur foi est extraordinaire".

Luxembourgeois, le père de José Bové (né en 1929) obtient la nationalité française quand il est nommé Directeur horaire de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), le premier institut agronomique en Europe et l'un des trois premiers au monde dans les domaines de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement. Le grand-père de José Bové était un maraîcher luxembourgeois.

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26 janvier 2009

MARIE-GEORGE BUFFET

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France

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MARIE-GEORGE BUFFET

Dans un entretien accordé au journal Le Monde daté du 12 mars 2005, Marie-George Buffet (né en 1949), Secrétaire national du Parti Communiste français (140 000 adhérents dont 92 000 cotisants en février 2006, selon Le Monde du 5 février 2006) a déclaré : "Face à un traité constitutionnel qui inscrit dans le marbre des politiques libérales, une partie de la gauche dit stop. Il faut que le Parti Socialiste (PS) l'admette". Le 30 septembre 2004, Marie-George Buffet avait déjà dit : "C'est un traité de libéralisme, un poste avancé de la mondialisation capitaliste. Le NON sauve l'Europe en mettant un coup d'arrêt à cette Europe qui s'est construite contre les peuples".

Licenciée en Histoire-Géographie et employée à la Mairie de Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine), Marie-George Buffet (http://mariegeorgebuffet.elunet.fr) adhère au Parti Communiste Français (PCF) en 1969. Adjointe au Maire de Château-Malabry (1977-1983), elle gravit tous les échelons : Conseillère régionale d'Ile-de-France (1977-1983, 1988-2002, et du 29 mars 2004 au 22 avril 2004), Ministre de la Jeunesse et des Sports (1997-2002), Député de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis (Stains, Dugny, Blanc-Mesnil) depuis le 1er juin 1997, Conseillère municipale du Blanc-Mesnil (46 936 habitants) depuis 2001.

Militante féministe, Marie-George Buffet a participé aux diverses actions de la Coordination des Associations pour le Droit à l'Avortement et à la Contraception (CADAC) et aux assises des droits des femmes. "Repérée par Georges Marchais, installée au Comité central du Parti Communiste français dès 1987, Marie-George Buffet dut son ascension dans le parti à deux "qualités" communistes : le manque de brillant et la discipline". (source : Christophe Barbier, L'Express du 29 juillet 1999)

"(...) Cette mère de famille au parcours d'apparatchik n'incarne rien de moins que le triomphe du "politiquement discret". Sa panoplie vestimentaire d'une immuable sobriété et son verbe empreint d'humilité collent à l'air du temps. Quand, sur les photos du gouvernement, les ministres se bousculent pour être au premier rang, elle préfère se cacher derrière la troupe. Quand les bleus triomphent, que Jacques Chirac et Lionel Jospin dansent dans les vestiaires, Marie-George Buffet, elle, refuse de plastronner. Les français apprécient. Ils la jugent "sympathique", "spontanée", mais aussi "honnête" et "courageuse". Par les temps qui courent, c'est presque une déclaration d'amour. Dans les sondages de popularité, la Ministre de la Jeunesse et des Sports talonne les icônes de la classe politique (...). J'adorerais en dire du mal, plaisante Alain Dufaut, élu RPR du Vaucluse et responsable de la Commission culture et sport au Sénat, mais c'est vrai qu'elle est drôlement sympa ! Elle ne triche pas. Quand elle ne sait pas répondre à une question, lors de l'examen du budget, elle l'admet. Ce n'est pas le genre à se défausser sur un conseiller technique" (source : Henri Haget, L'Express du 5 juillet 1991) 

Réélue triomphalement à la tête du Parti Communiste Français (www.pcf.fr) avec 91,27 % des voix lors du 33ème Congrès qui s'est tenu au Bourget dimanche 26 mars 2006, Marie-George Buffet a appelé à faire l'unité à l'approche des élections présidentielles 2007. Malgré le nombre de ses élus locaux, plus de 10 000 en 2007, le Parti Communiste a enregistré son plus mauvais score au premier tour des élections présidentielles de 2007 avec 1,93 % des suffrages, soit 707 327 voix. En 2002, Robert Hue avait de son côté rallié 3,39 % des suffrages. Le 14 décembre 2008, Marie-George Buffet a été une nouvelle fois réélue pour un quatrième mandat à la tête du Parti Communiste Français (PCF), après le vote des quelques 800 délégués réunis à la Défense (Paris) lors du 34ème Congrès, avec 67,72 % des voix. 

Lors de l'affaire des marchés publics truqués du Conseil Régional d'Ile-de-France, la presse a révélé que le Parti Communiste Français (PCF) avait reçu la manne de 21 millions de francs entre 1990 et 1995. Bouygues lui aurait versé 3,9 millions de francs, Eiffage 9,3 millions, et la Générale des Eaux 6,3 millions. " Pourtant - les dirigeants du Parti Communiste seraient-ils plus malins que les autres ? - aucun de ses membres ne sera présent au Palais de Justice de Paris ce 21 mars 2005" (source : "Le scandale qui éclabousse la droite et la gauche", L'Express du 14 mars 2005, n° 2802)

Dans le journal Libération du lundi 21 mars 2005, Renaud Lecadre précise : "Le Parti Communiste Français (PCF) a encaissé des dons importants, mais son implication dans le donnant-donnant n'est pas avéré. (...) C'est la dernière des grandes affaires politico-financières de la sale décennie 90. La première à mettre en cause les grands partis, dans un même sac. (...) Une "affaire monstrueuse, qui révèle un pacte clandestin et frauduleux entre les plus grands partis politiques pour qu'ils se partagent les majorations indues des marchés publics". Gérard Peybernès, ancien directeur de l'association de financement du Parti Socialiste (PS), sait de quoi il parle". 

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23 janvier 2009

JEAN-PIERRE CHEVENEMENT

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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JEAN-PIERRE CHEVENEMENT

Pendant la campagne référendaire, Jean-Pierre Chevènement a effectué plus d'une vingtaine de déplacements en province pour défendre le NON avant son grand meeting au gymnase de Japy à Paris (XIe).

Le Mouvement des Citoyens (MDC) qu'il a fondé en 1992 a distribué des tracts sur lesquels il dénonçait l'Europe libérale : "Non à l'Europe libérale qui a entraîné la précarité des emplois, les délocalisations (...). Le projet de Constitution européenne livre tout aux marchés, il organise leur toute puissance et nous condamne à l'ultra-libéralisme à perpétuité".

Fin mars 2005, Jean-Pierre Chevènement (www.chevenement.fr) a sorti un essai au titre explicite : "Pour l'Europe, votez NON!" (Fayard). Composé de quatre grands chapitres regroupant une cinquantaine d'articles enlevés, il a appelé à la rescousse Mendès France, Charles de Gaulle et Jean Jaurès, dont il cite les mots prophétiques toujours d'actualité : "Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire : c'est ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe...". Jean-Pierre Chevènement n'a pas cessé de dénoncer avec ardeur le risque de vassalisation de l'Union Européenne par les Etats-Unis. Jean-Pierre Chevènement s'est prononcé dès le mois d'août 2004 contre la Constitution européenne.

"Êtes-vous pour ou contre l'Europe ? Et non pas : Êtes-vous pour ou contre le texte dit de "Constitution européenne"? Voilà le subterfuge imaginé par ceux "d'en haut" pour faire approuver, à l'esbroufe, par ceux "d'en bas", nu noyau dur de règles contraignantes, tirées d'un credo libéral dogmatique, sous un magma de procédures illisibles et paralysantes. Qui pourrait être contre une Europe organisée et pacifique ? Tout est dans la méthode utilisée. Or, les propagandistes du "OUI" se réfugient dans l'incantation et la dénonciation de ceux qui osent porter la contradiction sur le fond. "Ils agitent toutes les peurs". (...) Dans un monde qui a radicalement changé depuis le traité de Rome (1957), la construction européenne reste sur les rails d'un choix libéral qui en fait un marché ouvert à tous les vents et offert à tous les coups. Le projet de Constitution européenne n'a pris la mesure d'aucun des défis du monde d'aujourd'hui : globalisation financière, hégémonie désormais sans rivale des Etats-Unis appuyés sur le dollar et sur le pétrole, irruption de l'Asie, mise en concurrence des territoires et des mains-d'oeuvre par les multinationales, guerres des civilisations présentes et à venir. Nos concitoyens, depuis l'adoption du traité de Maastricht en 1992, n'ont eu qu'un avant-goût de ce qui les attend : désindustrialisation, enfoncement dans la stagnation de longue durée et dans un chômage de masse, inféodation extérieure, déchirements intérieurs. Le projet de Constitution européenne, s'il été adopté, nous désarmerait et nous marginaliserait pour longtemps. Il y a une autre voie : celle qui consiste à partir de la France, justement parce qu'elle est France, le pays fondateur de l'entreprise européenne par excellence, à dire NON à cette dérive mortifère et à inventer un autre chemin. Ce "NON républicain" pourra permettre de construire un acteur stratégique européen indépendant à partir des Nations qui le voudront. Il n'y aura pas d'Europe qui vaille hors de cette volonté d'indépendance. Faisons la surgir et d'abord dans notre peuple" (source : Jean-Pierre Chevènement, "Pour l'Europe, votez NON !", Fayard, 2005).

En guise de conclusion, Jean-Pierre Chevènement (né en 1939) minimise les conséquences du NON en France. Il explique que l'Europe continuera de vivre simplement sous l'égide du traité de Nice, ce qui "n'entraînera aucun chambardement institutionnel dans l'immédiat (...) et obligera l'ensemble des dirigeants européens à réfléchir le contenu de l'entreprise européenne. (...) La victoire du NON créera un formidable sursaut de la conscience en France et en Europe". Ce sera pour celle-ci "un baptême du feu".

Réaction de Jean-Pierre Chevènement dans le journal Libération quelques jours après le résultat du référendum du 29 mai 2005 : "(...) Jacques Chirac m'a dit un jour que ce texte était moins une Constitution qu'un règlement intérieur. Dans ce cas, pourquoi l'avoir baptisé "Constitution" ? Ce qui a été rejeté à travers la Constitution, c'est la prétention à "constitutionnaliser" au nom du "peuple européen" qui n'existe pas, un corps de règles paralysantes qui ont installé en Europe un chômage de masse et dont les peuples réellement existants ne veulent pas. La seule attitude réaliste est de modifier ce qui dans ce texte fait obstacle à une relance keynésienne à l'échelle européenne. Mais la droite comme le Parti Socialiste (PS) entendent que le processus de ratification de la Constitution se poursuive comme avant. Aujourd'hui, le peuple et les élites coalisées se regardent en chien de faïence et au coeur de l'incompréhension, il y a la Nation. Les élites veulent dépouiller - pour leur bien - le peuple de sa souveraineté nationale et n'entendent rien changer à leur politique. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir comment traduire le formidable signe de santé que vient de donner notre peuple dans un système politique dont la fonction est d'étouffer sa volonté. Ce qui n'a pas été possible en 2002 le sera t-il en 2007 ?" (source : Jean-Pierre Chevènement, Libération, "Un NON, porteur d'avenir", 9 juin 2005). 

Jean-Pierre Chevènement Préside la Fondation Res Publica : www.fondation-res-publica.org

Plaquette de présentation de la Fondation Res Publica : www.fondation-res-publica.org/download/Presentation_Fonda...

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21 janvier 2009

JEAN FRANCOIS COPE

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JEAN-FRANCOIS COPE

Jean-François Copé (né en 1964), Administrateur civil de profession est le Maire de la Ville de Meaux (www.ville-meaux.fr) depuis 1995.

Nommé au Gouvernement en 2002, Jean-François Copé a laissé un temps son fauteuil de Maire à son premier adjoint, Ange Anziani, ancien entraîneur du club de football de Meaux, fier d'avoir compté dans ses rangs l'ancien champion du monde Frank Leboeuf. Conseiller régional d'Ile-de-France depuis 1998, Jean-François Copé devient député de Seine-et-Marne à la suite de la nomination de Guy Drut (son parrain en politique), Député--Maire de la Ville de Coulommiers (1992-2008),  au gouvernement d'Alain Juppé (du 19 juin 1995 au 21 avril 1997).

Jean-François Copé a conduit la liste UMP au premier tour des élections régionales d'Ile-de-France des 21 et 28 mars 2004, puis la liste UMP-UDF. Mais suite à la victoire de la liste conduite par Jean-Paul Huchon (PS), il renonce à prendre la tête du groupe UMP du Conseil Régional Ile-de-France. Il quitte sa fonction de Conseiller régional en 2007 pour respecter les règles sur le cumul des mandats.

Pour renverser les premières tendances  favorables au NON lors de la campagne référendaire 2005, Jean-François Copé est désigné pour organiser la contre-attaque. Dès le 5 avril 2005, il adresse à tous les Ministres, aux Parlementaires UMP et UDF, ainsi qu'à plus de 4 000 élus, un argumentaire détaillé destiné à répondre point par point aux critiques des partisans du NON. Un document composé de six pages pour expliquer les raisons du OUI, et de vingt-huit pages pour s'opposer aux arguments du NON. Il devait permettre de faire face à tous les arguments du NON : Turquie, directive Bolkestein, délocalisations, Politique Agricole Commune (PAC), mais aussi mariage homosexuel, avortement, clonage thérapeutique, etc. Un argumentaire qui démontre une fois de plus aux plus crédibles d'entre nous que les promesses n'engagent en politique que ceux qui y croient.

- S'agissant de l'adhésion de la Turquie à l'Union Européenne, le document souligne que la "Constitution européenne et la Turquie sont deux sujets totalement différents" qui "donneront lieu à deux référendums distincts" si les français votent NON au référendum. En réponse à Philippe de Villiers qui affirme que le Premier Ministre Turc a signé le traité européen "avec le même stylo et la même encre" que Jacques Chirac, Jean François Copé explique que Recep Erdogan "n'a pas signé la Constitution européenne", mais, "qu'en qualité de représentant d'un pays candidat", il a seulement signé l'acte final de la conférence intergouvernementale qui a négocié la Constitution. Ce qui ne revêt à ses yeux "aucun engagement, ni politique, ni juridique de l'Union à l'égard de la Turquie".

- Sur la directive Bolkestein, Jean-François Copé s'est félicité que Jacques Chirac ait obtenu qu'elle soit "complètement réécrite. (...) Et elle le sera. Nous ne cesserons pas de nous battre après le référendum".

- Au sujet des délocalisations à l'intérieur de l'Europe, les Ministres étaient invités à souligner que l'Europe est "un rempart, car les entreprises qui délocalisent le fond dans leur très grande majorité dans des pays d'Asie et du Maghreb". Donc "ce n'est pas en votant NON et en paralysant l'Europe que l'on va générer de la croissance".

- Les arguments sociétaux avancés par les partisans du NON furent aussi dénoncés : "En aucun cas, la Constitution européenne n'ouvre la voie au mariage homosexuel, ne remet en cause le droit à l'IVG, ni n'autorise le clonage thérapeutique". Le mariage relève "des lois nationales, qui en régissent l'exercice", le Conseil d'Etat reconnaît la compatibilité de la loi française sur l'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) avec la Convention européenne des droits de l'Homme, et le clonage thérapeutique relève de "choix de société qui incombent aux législateurs nationaux".

- Quand les partisans du NON disaient que "depuis que l'Euro est là, le pouvoir d'achat a diminué", le gouvernement Raffarin affirmait que c'était faux, avançant l'idée que "l'augmentation des salaires a été considérablement freinée par les 35 heures, véritable poison du pouvoir d'achat des français".

- A l'adresse des agriculteurs, Jean-François Copé a rappelé que 8 milliards d'euros seront reçus jusqu'en 2013 pour les aides directes à l'agriculture par la France, qui reçoit aussi 900 millions d'euros par an pour le développement rural. Il a demandé de répondre à ceux qui expliquent que le NON était un "vote de projet" : "On vous entend critiquer, mais pas proposer. Concrètement, si le NON, l'emporte, vous allez à Bruxelles avec Henri Emmanuelli et Jean-Luc Mélenchon pour négocier un meilleur texte ?

- Enfin, pour rassurer ceux qui regrettent l'absence de référence aux origines chrétiennes de l'Europe, Jean-François Copé répond : "La formule est suffisamment précise pour que le rôle joué par certaines religions soit reconnu, et suffisamment ouverte pour que chacun se sente respecté. D'autre part, et dans le corps du texte (art I-52 en particulier) la Constitution reconnaît l'identité et la construction spécifique de l'Eglise".

Jean-François Copé a confié à la Tribune Juive du mois de février 2002 : "Je suis juif non pratiquant. Mais je veille à demeurer, avant tout, le représentant d'une autorité laïque".

Au printemps 2006, Jean-François Copé (www.generationfrance.fr) a sorti un livre au titre percutant : "Promis, j'arrête la langue de bois" (Hachette Littératures). Il prétend tout au long des 263 pages de son livre abandonner la langue de bois et dévoiler ce qu'il a vécu au jour le jour depuis qu'il est entré au gouvernement : "Comment il a attendu fiévreusement que le téléphone sonne les jours précédents sa nomination. Comment il prépare ses interventions télévisées. Comment il a vécu de l'intérieur les grandes crises - retraites, canicule, banlieues - qui ont secoué la majorité. Comment il a affronté la polémique sur son appartement de fonction. Comment, Ministre du Budget, il négocie avec ses collègues des coupes parfois douloureuses. Bref, les mille et une chose de la vie qui constitue l'envers du décor ministériel".

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19 janvier 2009

DOMINIQUE DE VILLEPIN

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DOMINIQUE DE VILLEPIN

Invité sur Europe 1, dimanche 17 avril 2005, Dominique de Villepin (né en 1953 au Maroc), alors Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité Intérieure et des Libertés locales (31 mars 2004 - 31 mai 2005), a annoncé un changement de politique, "encore plus volontaire, encore plus audacieuse, encore plus solidaire", après le 29 mai 2005, "quelle que soit la réponse des français". Diplomate de profession, Dominique de Villepin n'avait pas cependant jugé utile d'informer au préalable le Premier Ministre en exercice. Sur RTL, mardi 18 avril 2005, Jean-Pierre Raffarin rappelle à l'ordre Dominique de Villepin : "Il a dérapé, cela arrive souvent lorsqu'on veut aller trop vite. Je l'ai recadré. L'incident est clos. Au travail !".

Secrétaire général de l'Elysée avant les élections présidentielles 2002, Dominique de Villepin a fait sensation à Casablanca (Maroc), en s'adonnant à une "époustouflante causerie poétique", intitulé "L'amour des deux rives" (source : Le Figaro, 27 septembre 2005). Premier conseiller à l'Ambassade de France à New Delhi (1984-1992), Dominique de Villepin a pris le temps d'écrire deux recueils de poèmes en 1986 et en 1988 : "Parole d'exil" et "Le droit d'aînesse". Ecrivain talentueux, il a reçu le Prix des Ambassadeurs en juin 2001 pour son épopée napoléonienne, "Les cents-jours ou l'esprit de sacrifice " (Editions Perrin, 2001), ainsi que le Prix de la Fondation Napoléon. En 2000, Jacques Chirac déclare au sujet de Dominique de Villepin : "Il est rare de rencontrer un homme qui, comme lui, soit à la fois un poète et un très bon capitaine d'escadron de commando" (source : Eric Mandonnet, Eric Pelletier et Jean-Marc Pontaut, L'Express du 18 octobre 2004).

Didier Schuller accuse Dominique de Villepin d'avoir dirigé "un cabinet noir à l'Elysée", ce qui a écorné son image. Celle du Diplomate hautement qualifié aux manières exquises, s'effaça alors brutalement pour laisser apparaître le visage sadique du bourreau, orfèvre en coups tordus. Nicolas Sarkozy le soupçonne lui aussi de la même chose. Il s'est d'ailleurs arrangé pour faire savoir que son retour au Ministère de l'Intérieur en juin 2005, était lié à son désir de contrecarrer les agissements occultes du Premier Ministre en exercice.

Dominique de Villepin a passé la majeure partie de son enfance et de sa jeunesse hors du territoire national. Il a surtout étudié à Caracas et à New York. Il aime répéter : "La France, je l'ai rêvée avant de la connaître" (source : Le Monde, 1er septembre 2005). Il ne manque jamais une occasion d'évoquer son "attachement" à sa terre natale et à l'Afrique en particulier, ni de se définir comme un "métèque". Il confie parfois : "De mon enfance à Rabat, j'ai conservé quelques souvenirs : des couleurs, des images, des émotions, des sensations". En mai 1968, il a été le seul gréviste au lycée français de Caracas : "J'étais loin de la France. J'apercevais un tournant dans les relations entre le pouvoir et la société, l'affirmation d'une jeunesse, d'un autre regard porté sur le monde, d'un idéal à défendre" (source : Entretien de Dominique de Villepin avec Denis Etienne et Jean-François Verdonnet, Tribune de Génève, 1er avril 2008).

Sa vision du pays est parfois déroutante. Le journaliste Franz-Olivier Giesbert qui l'a côtoyé de près sans jamais cacher le carnet de notes qui le suit partout pour recueillir minutieusement la teneur de ses précieux échanges avec les hommes politiques, rapporte dans "La tragédie du Président" (Flammarion, 2006), les propos étonnants de Dominique de Villepin sur la France : "La France a l'air à la ramasse. Mais observez-la de près. Elle a les jambes écartées. Elle attend désespérément qu'on la baise : ça fait trop longtemps que personne ne l'a honorée !"

Jeudi 6 octobre 2005, dans "A vous de juger" une émission politique de France 2 animée par Arlette Chabot, Dominique de Villepin affirme avoir changé : "J'ai le sentiment de m'être allégé de beaucoup d'ambitions inutiles, de beaucoup de susceptibilités, de beaucoup d'amour-propre, qui font qu'on a des réactions parfois puériles, parfois même stupides".

Dans son livre "Des hommes d'Etat" (Grasset, 2008), Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin à Matignon (2006-2007), député de l'Eure depuis juin 2007, actuel Secrétaire d'Etat en charge des Affaires Européennes, décrit les réactions de l'ancien Premier Ministre dans le cadre confiné de leurs relations de travail. Le 31 mars 2006 par exemple, suite à la crise du Contrat Première Embauche (CPE) qui s'achève sur un échec, il raconte : "Au déjeuner, Dominique de Villepin invite ses conseillers les plus proches, il sait que la partie est jouée et perdue. "Dans le fond, je suis né cinquante ans trop tard. Je n'aurais jamais dû faire ce métier"".

Le 22 mars 2007, quand Dominique de Villepin arrive à l'Elysée, se tournant vers Bruno Le Maire (http://brunolemaire.fr) avant de sortir du véhicule, il confie : "Je serais heureux de quitter tout ça. Si vous saviez comme je suis soulagé. La politique est un rétrécissement : toujours les mêmes visages". Il descend, monte quatre à quatre les marches du perron entre deux rangées de gardes républicains sabre au clair. "Et tout ces chapeaux à plumes, ces uniformes, ces cérémonies, vraiment je n'en peux plus, c'est fini : ce n'est pas la vie"" (source : Bruno Le Maire, "Des Hommes d'Etat", Grasset, 2008).

Le 9 janvier 2008, Dominique de Villepin a intégré sur dossier l'Ordre des Avocats. Il a prêté serment devant la Cour d'Appel de Paris, aux côtés d'une cinquantaine d'impétrants. Les anciens Ministres François Baroin, Jean-François Copé et Ségolène Royal, ont récemment embrassé la carrière d'avocat grâce à la même procédure, c'est-à-dire par la valorisation de leur diplôme et de leur expérience professionnelle. Dominique de Villepin a déclaré ce jour là à la presse : "Toute ma vie a été placée sous le signe du combat pour le bien public à la fois comme diplomate en matière internationale et comme politique. J'entends poursuivre ce combat pour la paix et la justice en qualité d'avocat. C'est une grande fierté pour moi de revêtir aujourd'hui cette robe. Ca fait partie des rêves que j'avais quand j'étais enfant. Vous voyez, il y a des rêves qui se réalisent".

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16 janvier 2009

RENAUD DONNEDIEU DE VABRES

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RENAUD DONNEDIEU DE VABRES 

Jacques Chirac a ouvert, lundi 2 mai 2005, au Palais de l'Elysée, les Rencontres pour l'Europe de la Culture (www.culture.gouv.fr/culture/actualites/index-rec.html), réunissant huit cent personnalités venues des vingt-cinq pays de l'Union Européenne : cinéastes, écrivains, architectes, chorégraphes, peintres, comédiens, musiciens, intellectuels, représentants d'organisations professionnelles et d'institutions. Devant la résistance du NON au projet de Constitution européenne, très nombreux à gauche, il fallait marquer un grand coup. Jacques Chirac a utilisé l'élément fédérateur de la "marchandisation de la culture" pour s'adresser aux gens de gauche, traditionnellement plus sensible à ce thème. Le Ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, fut le grand ordonnateur de ces Rencontres pour l'Europe de la Culture, les 2 et 3 mai 2005 à Paris, sous le haut patronage de Jacques Chirac.

Renaud Donnedieu de Vabres (né en 1954), Administrateur de profession, a été contraint de démissionner de ses fonctions de Ministre délégué aux Affaires Européennes auprès du Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Francophonie du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin 1 (du 7 mai 2002 au 16 juin 2002), après avoir été mis en examen dans l'affaire liée au financement du Parti Républicain. Le Tribunal Correctionnel de Paris a condamné l'ancien porte-parole de l'UMP à 15 000 euros d'amende pour blanchiment d'argent, après avoir estimé que Renaud Donnedieu de Vabres savait que les espèces versées au profit du Parti Républicain de manière occulte étaient stockées dans le coffre-fort de son bureau. Il a en revanche été relaxé de l'accusation de "complicité de financement illicite d'un parti politique". Renaud Donnedieu de Vabres (www.rddv.fr), membre de l'UMP, souhaitait en 2008 conquérir la Mairie de la Ville de Tours, mais le 16 mars 2008, le socialiste Jean Germain l'a battu aux municipales avec 37,94% des suffrages.

Le père de Renaud Donnedieu de Vabres, Jacques, un Conseiller d'Etat reconverti dans l'industrie, fut le négociateur du Marché Commun dans le cadre des négociations du traité de Rome en 1957. Et son grand-père, Henri Donnedieu de Vabres, fut l'un des quatre juges du Tribunal de Nuremberg en 1945. Renaud Donnedieu de Vabres descend d'une famille protestante originaire des Cévennes par son père et d'une famille catholique de Normandie par sa mère.  

Dans un article publié le 21 avril 2007 dans le journal Le Monde, Philippe Jantet, Président du Groupement des Editeurs de Sites en Ligne (GESTE), a mis en cause Renaud Donnedieu de Vabres en qualité de Ministre de la Culture. Objet de son mécontentement : un projet de décret créant une commission nationale de déontologie des services de communication au public en ligne, en passe d'être adopté par le gouvernement. Je vous invite à lire ci-joint ce très intéressant article de Philippe Jantet, intitulé : "L'Etat veut-il tuer Internet en France"? (www.topchretien.com/topinfo/?/12667/letat-veutil-tuer-int...).

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14 janvier 2009

PHILIPPE DE VILLIERS

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PHILIPPE DE VILLIERS

A quelques mois des élections européennes 2009, le Mouvement Pour la France (www.pourlafrance.fr) est le principal parti politique français SOUVERAINISTE. Il dispose de trois Députés français au Parlement Européen : Philippe de Villiers, Paul-Marie Coûteau (www.pmcouteaux.org), Patrick Louis (www.patricklouis.fr).

Lorsqu'il Philippe de Villiers a été invité lundi 27 septembre 2004 à l'Académie des Sciences Morales et Politiques (www.asmp.fr), il a pris le temps d'expliquer ce que signifiait à ses yeux le SOUVERAINISME (http://canalacademie.com/spip.php?article130) :

"(...) L'Europe des Souverainistes fait confiance aux Nations qui la composent et au monde qui l'entoure: l'Europe actuelle se méfie de tout, de ses propres peuples, des gouvernements et de l'environnement mondial ou elle ne veut voir que désordre et chaos. Les Souverainistes veulent une Europe qui, loin de tenir ses Etats en lisière ou de fuir le monde, n'ait d'autre ambition que d'être utile à l'un comme aux autres.

(...) Si l'Europe des Souverainistes a un avenir, c'est qu'elle n'a pas seulement des principes pour fonder son organisation et un projet pour donner sens et but à sa mission, aussi elle a une méthode pour conduire son action. Cette méthode est aux antipodes de ce qu'on appelle la "méthode communautaire".

 (...) La méthode souverainiste (...) est celle de la raison et de la liberté. C'est celle des géométries variables : elle part de cette constatation de bon sens qu'il n'est ni juste ni raisonnable d'attendre de 25 ou 30 Etats, tous différents, qu'ils éprouvent le besoin et le désir de mener à tout instant et dans tous les domaines une politique uniforme. (...) Elle laisse les Etats libres de poursuivre entre eux des coopérations sectorielles avec les partenaires de leur choix. Sans jamais contraindre aucun d'entre eux, elle garantit que ceux qui s'engagent dans une action en ont réellement et la volonté et la capacité. Quant aux Institutions, elles peuvent se modeler chaque fois sur les nécessités et les caractéristiques du domaine considéré au lieu de les coucher dans tous les cas, sur le même lit de Procuste d'un cadre institutionnel immuable.

(...) Une Europe de Souverainistes ne laisserait pas piétiner la souveraineté d'un de ses Etats membres jusqu'au point d'interdire aux Chypriotes d'exercer leur droit d'établissement dans la partie nord de l'île, c'est-à-dire de les priver d'un des droits les plus fondamentaux de l'Union et cela, sur leur propre sol. Une Europe de Souverainistes serait un peu moins prompte à abandonner ses propres principes et à se renier elle-même. (...) Ce qui est donc en jeu, sous la fameuse question européenne, c'est bien de savoir si l'Europe restera dans l'histoire ou sortira de l'histoire. Et, puis, il y a une autre question qui est de savoir si une France sans Souveraineté peut elle-même survivre. Une France sans Etat, sans légitimité, sans politique. Il y a, dans l'actuelle orientation fédérale de l'Europe, une si grande hostilité envers les souverainetés nationales qu'elle finit par "délégitimer" l'Etat, c'est-à-dire l'idée même de l'autorité publique. Le pouvoir a de moins en moins de pouvoir.

(...) Quand il n'y a plus les Nations, on s'expose irrémédiablement à subir le joug des Empires, toujours accompagnés de leur cortège de frustration, de tension et finalement toujours promis à l'effondrement. C'est cette logique là, la logique du dépassement des Nations, au bénéfices des blocs, des Empires et aujourd'hui d'une hégémonie à prétention mondiale qui doit être désormais dépassée afin que nous entrions sans complexe dans un XXIe siècle qui sera, je le souhaite, plus pragmatique, plus fidèle aussi à l'esprit pluraliste de l'Europe.

(...) Nous sommes entrés, avec le pouvoir égalisateur non plus seulement de l'atome mais du microprocesseur et la puce, dans un monde radicalement nouveau, marqué par la combinaison contradictoire de l'infiniment petit et de l'infiniment puissant. Comme le résume Georges Berthu dans son ouvrage "L'Europe sans les peuples" : "Il n'y a plus de rapport entre la masse et la puissance". Ceci vaut pour les entreprises et pour les Nations, pour toutes les organisations humaines".

Note précédente sur Philippe de Villiers : http://pascaljeangimenez.hautetfort.com/archive/2008/06/2...

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12 janvier 2009

HENRI EMMANUELLI

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HENRI EMMANUELLI

C'est dans une lettre ouverte aux socialistes, qu'Henri Emmanuelli (né en 1945) a annoncé son intention de faire publiquement campagne pour le NON à la Constitution européenne, quand le Parti Socialiste a opté pour le OUI lors d'une consultation interne en décembre 2004. Cofondateur avec Jean-Luc Mélenchon du courant Nouveau Monde en 2002, Henri Emmanuelli (www.henriemmanuelli.fr) a estimé que le Parti Socialiste (PS) français et le Parti Socialiste Européen (PSE) "commettent une erreur historique en approuvant le Traité européen. Voter NON, ce n'est pas voter contre l'Europe. C'est la possibilité, qui ne se représentera pas de sitôt, de donner un coup d'arrêt à la dérive libérale qui déchire la gauche C'est saisir la chance de favoriser l'émergence d'un projet euro-progressiste qui rassemble"

Sur France-Info, vendredi 11 mars 2005, il déclare : "Moi je pense que, en conscience, quand on croit devoir défendre une cause parce qu'elle est juste, on doit franchir des lignes. Il y avait une majorité de socialistes pour envoyer un contingent en Algérie, ce n'est pas pour ça que c'était une bonne chose. Il y avait une majorité de socialistes pour voter en 1940 les pleins pouvoirs à Laval : ceux qui ont résisté sont passés à la postérité, ceux qui l'ont fait sont passés dans l'opprobre". Henri Emmanuelli sera cependant contraint de s'excuser le 13 mars 2005 : "Pour illustrer le fait que le parti n'est pas infaillible, j'ai cité deux exemples historiques dont le caractère dramatique peut légitimement choquer (...) je le regrette mais ne suis pas dupe non plus. Je vois bien qu'on préfèrerai discuter de ce genre de choses que du traité européen".

A la Mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis) le 17 avril 2005, Henri Emmanuelli réunit 200 militants représentant "plus de 80 comités pour le NON socialiste" au traité constitutionnel européen, pour "essayer de structurer le NON de la gauche plurielle". Il a fait ses comptes : "La moitié au moins des socialistes, tout le Parti Communiste (PC), un Vert sur deux, une majorité de parlementaires radicaux, la gauche mouvementiste, ça commence à faire du monde". Il est persuadé que "les ingrédients de cette nouvelle construction politique existent", et qu'il faudra en passer par "un nouvel Epinay", comme il le confie au journal Libération le 16 avril 2005, c'est-à-dire un rassemblement des "forces de progrès" autour du Parti Socialiste (PS).

En 1992, alors que François Mitterrand est à l'Elysée, qu'Henri Emmanuelli est Président de l'Assemblée Nationale et que Laurent Fabius est Premier Secrétaire du Parti Socialiste, ils défendent ensemble le traité de Maastricht ratifié le 20 septembre 1992, par 51,05% des français. En déplacement à Hérouville-Saint-Clair le 12 septembre 1992, Henri Emmanuelli déclare : "Les ligueurs du NON tiennent un discours ambigu et font de la supercherie : il s'agit pour eux de piper les dés". Dans son ouvrage "Plaidoyer pour l'Europe" (Flammarion, 1992), Henri Emmanuelli avait également défendu avec conviction le traité de Maastricht.

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09 janvier 2009

LAURENT FABIUS

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LAURENT FABIUS

Laurent Fabius (né en 1946) a voté NON au projet de Constitution européenne.Pourtant sur Antenne 2 en juin 1992, il avait déclaré : "Voter OUI à Maastricht, il s'agit de la plus grande action que l'on puisse faire avant la fin du siècle". Le 29 août 1992, à l'Université d'été du Parti Socialiste (PS), il avait ajouté : "Tous les partis de gauche, dans tous les pays d'Europe sans aucune exception, ont pris position pour le traité de Maastricht (...). Comment peut-on se réclamer de la gauche et tourner le dos à toute la gauche européenne?" Et lors du meeting à Béthune le 12 septembre 1992, il avait conclut : "Partout le monde du travail appelle à la ratification du traité (...). Le chemin social passe par le OUI. (...) Ce traité va permettre des avancées pour le monde du travail; le rejeter quand on est un représentant du monde du travail? On n'y comprend plus rien".

Laurent Fabius (www.laurent-fabius.net) a depuis changé d'idée sur l'Europe. Le Président de la Fondation Copernic (www.fondation-copernic.org), Yves Salesse, a été sollicité dès le début de la campagne référendaire 2005 par l'écurie de Laurent Fabius, pour lui fournir des fiches d'analyse sur le traité constitutionnel. Le Député européen socialiste Henri Weber (www.henri-weber.fr), un ancien de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), a également servi à cette occasion de courroie de transmission.

Face à Gilles Lecler le 17 mars 2005 dans l'émission "Questions Ouvertes" sur France 2, Laurent Fabius a souhaité "faire entendre sa musique", même s'il a refusé de courir les meetings électoraux à l'instar d'Henri Emmanuelli, sans pour autant "taire ses convictions personnelles". Tout en apportant les arguments du NON, Laurent Fabius a poursuivi son numéro d'équilibriste afin de donner l'illusion d'accorder l'inconciliable, le OUI des militants socialistes et son souhait de voir le NON l'emporter : "Le Parti Socialiste, j'en suis un des responsables, a pris une position officielle après le vote des militants. Cette position est favorable au OUI, je respecte cette décision. (...) Beaucoup de socialistes, dont je suis, ont une conviction différente. Et quand le problème est posé aux français, pas simplement posé aux socialistes, il faut exprimer sa conviction".

Son fidèle lieutenant, le député Claude Bartolone a rajouté : "Il y a en France une politique pour faire reculer l'emploi et les services publics et quand on regarde la Constitution on voit les mêmes orientations". Pour lui la directive Bolkestein était "un avant-goût de la Constitution européenne". 

Invité dimanche 8 mai 2005 sur le plateau du journal de 20 heures sur TF1, Laurent Fabius plaide pour le rejet de la Constitution européenne : "Elle risque d'aggraver cette situation, et c'est la première raison pour laquelle je dis NON, parce que je veux une Europe forte mais qui donne du travail et qui garde notre protection sociale. L'autre raison, c'est que cette Constitution risque de cadenasser complètement l'avenir de l'Europe. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais à partir du moment ou on adopterait ce texte il ne pourrait être modifié dans la moindre virgule qu'à l'unanimité. C'est à dire qu'il y en a pour trente ans".

Laurent Fabius s'en prend aux "conséquences" du OUI, renversant ainsi l'un des principaux angles d'attaque dont le camp du NON est l'objet : "(...) Je pense qu'avec ce texte (...) le risque c'est qu'il y ait un décrochage de la situation sociale et économique des français. Pourquoi? Jusqu'à présent l'Europe c'était 6 pays, puis 12, puis 15 pays. Aujourd'hui c'est 25. On va aller vers 30 pays, certains parlent même de la Turquie, je ne suis pas d'accord mais certains en parlent, et désormais il y a une énorme hétérogénéité de situations. Songez qu'en Pologne par exemple le salaire minimum, c'est six fois moins qu'en France. A partir du moment ou on dit la seule règle c'est la concurrence entre tous ces pays, il va y avoir un risque terrible de baisse de nos salaires, de baisse de nos protections sociales, de baisses des pensions. Et il est dit dans ce texte qu'il sera interdit à l'Europe d'aller vers le haut en harmonisant. D'ou le problème des délocalisations".

Pour conclure, Laurent Fabius demande que le traité constitutionnel soit renégocié: "(...) Il faut le renégocier. C'est d'ailleurs écrit noir sur blanc page 186 dans la déclaration n°30. Il est dit : si à échéance de deux ans tous les pays n'ont pas adopté le texte, ce qui est archiprobable, les chefs d'Etat et de gouvernements vont se retrouver...(...) Je ne veux pas d'une Europe, comme aujourd'hui, dictée par la finance. J'ai une expérience de cela, j'ai été Ministre de l'Economie et des Finances. Or je constate qu'aujourd'hui c'est la finance qui domine tout. Moi je veux que la finance fasse la place à l'économie et l'économie surtout au social. Cela nécessite qu'on commence par dire NON et ensuite qu'on rediscute. (...) Il y a des exemples ou la France a dit NON et ce sont de grands exemples. On pense bien sûr à de Gaulle, mais plus près de nous Mitterrand a dit NON à la conception européenne de Madame Thatcher, et lorsque nous avons dit, nous français NON à la guerre en Irak, la France s'est sentie plus forte. Je pense que ce sera la même chose avec cette renégociation".

Dans un entretien accordé au Figaro (10 mai 2005), Roland Dumas "confie" à Myriam Lévy qui lui demande comment il explique l'opposition de Laurent Fabius à ce traité constitutionnel: "C'est purement tactique. C'est une resucée du congrès de Rennes. Laurent Fabius était Premier Ministre lorsque j'ai négocié les traités européens. Je serais le dernier à le taxer d'anti-européen. Mais, dans la situation actuelle, l'Europe n'est pas sa préoccupation. Il sait trop bien comment elle fonctionne pour ne pas mesurer l'incapacité dans laquelle nous nous trouverions si la France votait NON". 

Pour Michel Sapin, ancien Ministre socialiste de l'Economie et des Finances de Pierre Bérégovoy, actuel Président du Conseil Régional du Centre : "(...) Le positionnement de Laurent Fabius est une injure à la morale politique. Il incarne l'insécurité et le cynisme portés à un niveau rarement atteint. (...) C'est la caricature du double discours : "Dire le contraire de ce que l'on fera et faire le contraire de ce que l'on dit". Cette maxime reste sa règle de base. Son attitude me rappelle la girouette d'Egard Faure: Si le vent tourne aujourd'hui, il tournera demain. Quelle sera alors la position de Fabius?" (source : Le Point, semaine du 3 novembre 2005, n° 1729).

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