04 février 2009

FRANCOIS BAYROU

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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(catégorie : Regard sur l'Europe)

FRANCOIS BAYROU

En faveur du référendum sur l'Europe, François Bayrou (né en 1951) déclare le 2 mars 2005 : "L'Europe a construit la société la plus solidaire, la plus respectueuse des droits humains, qui existe sur la planète. Dans un monde de confrontation, face aux superpuissances - Etats-Unis, Chine...- nous ne pouvons pas rester seuls et divisés : l'Europe est notre chance pour préserver notre modèle de solidarité dans la grande compétition des années qui viennent. Nous voulons préserver notre modèle de solidarité, nous votons OUI".

Lors de la campagne référendaire 2005, François Bayrou (www.bayrou.fr) fait le choix de la "proximité" en privilégiant les médias locaux et en préférant les débats restreints aux grands meetings régionaux, "ou l'on affrète des cars de militants pour remplir la salle". Dans ses différents déplacements, il a répété à maintes reprises : "La Chine s'est éveillée ! Sept cents millions de chinois sont prêts à suivre l'exemple de ceux qui sont déjà au travail; 60% des grues plantées sur la planète sont en Chine ! Le prix des matières premières va continuer de grimper, et un rapport d'experts prévoit dans un futur proche un baril à 385 dollars ! Quant à l'Amérique, avec sa recherche, son armée, vous savez ce qu'il en est, vous connaissez sa puissance. Voilà les défis auxquels nous devons faire face". Il considère donc que la France ne peut plus boxer dans la catégorie des super-lourds. Voter contre la Constitution européenne c'était pour lui courir le risque de nous retrouver "tout seul...".

François Bayrou stigmatise depuis vingt ans l'immobilisme du pouvoir avec les mêmes hommes et "les mêmes problèmes, jamais résolus".

Certains à gauche ont pensé avec cynisme pouvoir utiliser François Bayrou (www.mouvementdemocrate.fr) à leur guise : "Pierre Moscovici, Député européen proche de Dominique Strauss-Kahn, estime que le jeu de François Bayrou est une bénédiction pour la gauche. "Pour nous" dit-il, "Bayrou est le parfais couillon de service. Il va détruire la droite en 2007 et faire passer la gauche. Mais s'il pense en récolter les fruits, il se trompe. On lui dira merci et ciao". (source : Le Nouvel Observateur, rubrique le Téléphone Rouge, semaine du 22 septembre 2005, n° 2133)

Alain Madelin porte quant à lui sur François Bayrou un regard différent : "François Bayrou au moins a compris que la France ne pouvait pas continuer à être le seul pays en Europe, sinon dans le monde, à opposer les mots social et libéralisme (...). D'un point de vue juridique, le texte est très mauvais. C'est n'est pas une Constitution, et c'est normal : les gens qui l'ont écrit ne sont pas des constitutionnalistes. Ce n'est pas un traité qu'ils ont rédigé, c'est une lettre au père noël. Ils ont fait la liste de leurs souhaits pour l'Europe au lieu de délimiter, et de limiter, les pouvoirs de chacun dans l'Union, ce qui est la fonction essentielle de toute Constitution". (source : Judith Waintraub, Le Figaro, 12 mai 2005) 

A la tribune de l'Assemblée Nationale, mardi 16 mai 2006, François Bayrou a dévoilé son nouveau plan d'action : une stratégie de rupture. Transgressant pour la première fois la règle tacite de non-agresion envers un gouvernement de droite, il a voté aux côtés des socialistes une motion de censure relative à l'affaire "Clearstream", destinée certes à mettre en cause la responsabilité du gouvernement de Dominique de Villepin, mais qui visait plus largement l'ensemble de la classe politique française :

"(...) La responsabilité du gouvernement de Dominique de Villepin c'est d'avoir été acteur de la décomposition civique à laquelle nous assistons. (...) Ce gouvernement a été bâti autour d'une rivalité haineuse. (...) Cette rivalité haineuse, elle a tout pourri, comme c'était prévisible. (...) Mais la mise en cause du gouvernement, elle ne s'adresse pas seulement à ce climat de rivalité haineuse. Elle s'adresse à l'utilisation par l'Etat dans cette guerre des clans. (...) Tout cela sur fond de terribles affaires financières, dont on prononce le nom en baissant la voix, les frégates de Taïwan, les avions de combat, parce qu'elles ont entraîné des détournements d'argent inouïs, et un chapelet d'assassinat, affaires dont un ancien Ministre de la Défense, Alain Richard, vient de parler en termes voilés.

(...) Nous avons un virus dans notre démocratie, qui empêche la démocratie de se défendre : c'est l'absolutisme. (...) Aujourd'hui, et depuis des décennies, nous avons le pire des absolutismes : l'absolutisme dissimulé, sans contrôle, l'absolutisme d'autant plus pernicieux qu'il est caché. Absolutisme et dissimulation. (...) Dans la République absolutiste, il n'y a plus qu'un seul but politique : contrôler la quartier général. (...) Je suis en désaccord, et souvent en opposition avec le Parti Socialiste (PS). (...) Je n'ai pas oublié que les frégates de Taïwan, c'était sous un gouvernement socialiste. (...) Je ne me dissimule rien de leur passé, ni des différences que j'ai avec eux. Mais je ne considère pas les socialistes comme des ennemis, comme des intouchables. (...) Ce que je considère comme ennemie, c'est la malédiction qui interdit de se parler en France, même quand on est d'accord, sous prétexte qu'on n'a pas la même étiquette. Dans la société du XXIe siècle, le pluralisme gagne partout, dans les familles, dans les genres de vie, dans les entreprises. Le pluralisme et le respect réciproque. Le seul endroit ou le pluralisme n'est pas accepté, c'est dans le lieu même du pluralisme, à l'Assemblée Nationale, ou pourtant la France, dans sa diversité, est censée être représentée, se représenter! 

Et bien, en effet, je franchis un pas : j'accepte de voter, dans des circonstances graves, avec des gens qui sont différents de moi. Je ne renie rien de ces différences, mais je les fais passer après l'intérêt général. Et même, j'envisage dans l'avenir, lorsque viendra le moment de reconstruire notre pays, de travailler avec des gens différents de moi, d'un bord et de l'autre, non pas pour sanctionner, mais pour construire. Ma conviction est en effet que nous sommes descendus si bas, nous sommes allés si loin dans la décomposition qu'il faudra rassembler, pas seulement du centre, mais de droite, de gauche, pour garantir aux français que la République nouvelle sera la République de tous non pas la République des amis". (source : Discours de François Bayrou, Assemblée Nationale, 16 mai 2006)

A SUIVRE ...

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