04 mai 2009

DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée

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(catégorie : Regard sur le Dialogue en Méditerranée)

DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Les spécialistes en géopolitique savent qu'il ne sera pas possible d'amener tout le monde à dialoguer ensemble en Méditerranée. Prétendre le contraire, c'est faire preuve d'une grande naïveté. Les intérêts politiques et économiques de tous les pays du pourtour méditerranéen ne convergent pas dans la même direction. L'intégrisme religieux, qui gagne du terrain, est un facteur aggravant de la situation. Et le poids de l'histoire qui pèse sur les consciences, ranimant à l'occasion les rancoeurs accumulées au fil des ans, - transmis de génération en génération-, constitue également un frein non négligeable à la réalisation de ce grand dessein.

Et pourtant, rien ne pourra jamais réparer les fissures du passé des deux côtés de la Méditerranée, quand le sentiment de victimisation est partagé par une palette aussi large d'individus disparates. Rejeter sur les autres le poids de son passé douloureux est peu constructif. Il est vrai que la capacité de l'histoire officielle à ne retenir souvent qu'une version parcellaire des faits, apporte généralement peu de réconfort à ceux qui attendent une réhabilitation quelconque. La réalité commande de dire que la mise en perspective des évènements, diffère en fonction du camp dans lequel on se trouve. Les vainqueurs ont toujours pris soin également de réécrire l'histoire à des fins de propagande, ce qui ne facilite pas la tâche. A l'ère du politiquement correct, nous avons le tord d'oublier ces réalités triviales, alors qu'elles participent à empêcher l'émergence de la vérité historique.

C'est une raisons pour laquelle la repentance actuelle en vogue, n'apporte aucune solution aux problèmes posés, si ce n'est de faire assumer par les générations suivantes, moralement et/ou financièrement, un passé auquel ils sont étrangers. Quelle valeur cette démarche peut-elle revêtir dans ces conditions ? Cette manière de procéder est d'autant moins perspicace, que la repentance suppose dans son principe, l'idée de disposer de tous les éléments susceptibles d'établir la véracité des faits étudiés. C'est malheureusement rarement le cas. Et lorsque la vérité historique parvient à être établie, il est difficile de déterminer l'interprétation à lui donner, les parties en présence, essayant se s'en emparer à des fins partiales. Les conclusions les plus tangibles peuvent ainsi être contestées indéfiniment. Ressasser la passé n'est donc pas le meilleur moyen pour engager le dialogue.

Il apparaît alors en filigrane la nécessité de changer de schéma mental, c'est-à-dire de façon de penser. Faut-il vraiment blâmer son voisin pour mettre son travail en relief, ou accuser de tous les maux ceux qui ne partage pas vos opinions ? Le syndrome de la pensée unique, rend pénible l'hypothèse que la vérité peut être plurielle. Chacun détient sa part de vérité, nourrie à la fois de son expérience personnelle, son héritage culturel, ses liens sociaux, etc...

La crise financière mondiale, dont les ravages politiques, économiques et sociaux n'en finissent pas de se faire ressentir, présente la caractéristique de redistribuer les cartes géopolitiques. Il est toutefois difficile de pronostiquer les changements qu'elle va entraîner dans nos vies. Cette guerre économique qui ne dit pas son nom est en train de bouleverser nos repères, et nous incite à repenser différemment notre façon d'agir.

Une économie mondiale plus solidaire se dessine, nous obligeant à nous adapter sans cesse à ses exigences pour ne pas mourir. Cette solidarité pourrait voir le jour autour de connexions complémentaires, invitant chaque pays du pourtour méditerranéen à exploiter ses ressources naturelles. Est-il nécessaire de cultiver la fraise dans la région Nord-Pas-de-Calais, quand l'Espagne dispose du climat le plus propice à sa production ? Est-il logique de consommer des fruits hors saison, sous prétexte que la mondialisation offre tous les conforts ?

Si la raison prime sur les intérêts économiques à court terme, les pays méditerranéens devraient pouvoir tirer profit de leurs propres atouts, à condition de pratiquer le juste prix. La crise mondiale qui nous affecte tous, sans distinction de race ni de religion, est opportune pour engager le DIALOGUE. Nous allons avoir besoin de créer ensemble des synergies nouvelles pour faire face aux défis à venir. Ces contraintes structurelles augmentent la probabilité de nous amener à nous découvrir mutuellement, à nous enrichir de nos différences, et à partager le meilleur de nos cultures respectives. Ces échanges vont réduire irrémédiablement l'impact des thèses religieuses obscurantistes, et conduire à faire preuve de plus de tolérance.

Quand la sagesse des hommes ne suffit pas à les conduire dans la bonne direction, les forces de la nature et les crises financières les obligent à reconsidérer leur position pour ne pas disparaître. Le temps des diktats économiques est en passe de laisser le champ libre à une économie plus solidaire. Le DIALOGUE est un atout utile dans ce nouveau monde en construction dans lequel les chefs d'entreprise vont jouer un rôle central. La politique du carnet de chèques qui corrompt les consciences vit ses dernières années de gloire.

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02 mai 2009

DIALOGUE EN MEDITERRANEE

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DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Dans l'inconscient collectif, la Mer Méditerranée est associée généralement à une image positive, liée à des souvenirs de vacances, un art de vivre particulier, un climat agréable, des paysages escarpés, le bleue turquoise de la mer, etc...

Mais à l'heure de la Mondialisation qui nous rend interdépendant à l'échelle planétaire, ou l'industrie du tourisme a pris un essor considérable sur le pourtour méditerranéen, l'image de convivialité qu'elle véhicule est battue en brèche par une tout autre réalité politique, marquée principalement par de sérieuses tensions entre les différents pays, voire une pointe d'incompréhension mutuelle.

L'histoire de la Méditerranée reflète d'une certaine façon le contexte politique actuel, c'est-à-dire une situation complexe, secouée de convulsions économiques et sociales, bousculée dans ses principes, contestée de toutes parts, et confrontée à des flux migratoires incessants. Tous les pays qui bordent la Mer Méditerranée ont brillamment marqué de leur empreinte indélébile leur apport à la civilisation occidentale et/ou orientale.

Le prestige de leur passé respectif laisse peu de place au statut de victime que pourrait revendiquer des pays en mal d'inspiration. Chaque pays, dans sa période faste, a été tenté d'imposer son hégémonie. Les vestiges laissés par chacun d'entre eux sur le pourtour de la Méditerranée, témoignent de cette réalité implacable. Et les recherches archéologiques qui sont encore loin d'avoir livré tous leurs secrets, pourraient bousculer encore davantage nos repères à ce sujet. Le métissage culturel ne date pas d'aujourd'hui, même si une ligne de fracture invisible sépare les deux rives de la Méditerranée nourrie au Nord par une solide culture Chrétienne, et imprégnée au Sud de l'influence de l'Islam.

Si la Mondialisation tend, dans ses mauvais aspects, à uniformiser les esprits, il est illusoire d'imaginer qu'elle parviendra à poser ses jalons en Méditerranée.

La richesse des cultures dont recèle le bassin méditerranéen, basées sur des modes de pensée disparates, font de cette particularité un trésor unique au monde. La pensée de la Méditerranée n'est pas une, et indivisible, mais composée de multiples strates aux connexions irrationnelles. Les rapports à la réalité des uns et des autres reposent sur des logiques différentes, que seule la tolérance, le respect, la culture de ses habitants, peuvent amener à surmonter, ceci, afin de ne pas tomber dans le piège facile qui consiste à condamner ce que l'on ne comprend pas.

Malgré un contexte difficile, de nombreuses personnes de bonne volonté travaillent depuis longtemps à rapprocher les deux rives de la Méditerranée dans une dynamique commune, à l'aide d'initiatives concrètes, matérialisées surtout par des structures politiques et culturelles qui méritent d'être connues. Chacune d'entre elles jouent un rôle important à différents niveaux : le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde, le Partenariat Euro-Méditerranéen, l'Euro-Région Alpes Méditerranée, l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM), l'Union pour la Méditerranée (UMP).

L'Union pour la Méditerranée (UMP) proposée par Nicolas Sarkozy en 2007 peut participer à changer les rapports qu'entretiennent les Etats du pourtour méditerranéen entre eux : placer l'intérêt général au coeur des préoccupations politiques, apaiser les tensions dans la région, inciter les initiatives de la société civile à se manifester, fluidifier le solde migratoire, favoriser les échanges culturels, développer les atouts économiques de chaque pays dans l'optique de politiques complémentaires. L'Union pour la Méditerranée est donc un des projets majeurs du XXIe siècle dans cette partie du monde. Ceux qui désirent assurer son succès se trouvent confrontés à un défi passionnant.

Le monde de demain qui est déjà en train de se dessiner dépend en partie de notre volonté à vouloir engager le DIALOGUE en Méditerranée. Serons-nous assez responsables pour le faire ensemble, plutôt que de préférer des situations de crises stériles qui cloisonnent notre avenir ? Les statistiques qui décrivent les perspectives d'avenir de l'Europe, laissent peu de place aux considérations idéologiques. La réalité de la situation commande d'être réactif et d'anticiper dans la mesure du possible les bouleversements à venir. Il est peu probable que cela se fasse sans recourir au DIALOGUE.

Conscients de cette nécessité, de nombreux chefs religieux ont commencé à dresser des passerelles entre les religions, sans renier les dogmes fondateurs auxquels ils se réfèrent. Si le dialogue politique est lui aussi en vigueur au plus haut niveau hiérarchique, il reste difficile à faire admettre aux échelons inférieurs.

Le DIALOGUE en Méditerranée apparaît actuellement comme le fruit d'une préoccupation élitiste, alors que la Mondialisation décloisonne tous les jours davantage nos lignes d'horizon et nous empêche de nous ignorer. Saurons-nous répondre à cet appel qui semble irréversible ? 

A SUIVRE ...

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