12 juin 2009
DIALOGUE EN MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée
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DIALOGUE EN MEDITERRANEE
De nombreux spécialistes de la méditerranée ou du Moyen-Orient ne croient pas à la réussite de l'Union pour la Méditerranée (UPM), comme s'ils acceptaient l'idée que cette région était condamnée à se faire la guerre indéfiniment pour des raisons parfois irrationnelles. Ceux qui en revanche entrevoient grâce à l'Union pour la Méditerranée un horizon de paix, de prospérité et d'évolution potentielle, sont jugés peu crédibles dans leurs analyses. Les plus réfractaires à ce projet pronostiquent son échec, usant du mode de pensée actuel qui consiste, consciemment ou inconsciemment, à penser que les hommes ne changeront pas de sitôt leur comportement belliqueux, et que cela relève qu'une tragique fatalité inhérente à la condition humaine, dont il faudrait s'accommoder.
Le Dialogue entre l'Orient et l'Occident est pourtant nécessaire. Les évènements auxquels nous sommes confrontés - changement climatique, pollution, surpopulation, misère, etc, - nous obligent cependant, que nous le voulions ou pas, à dialoguer et à travailler ensemble, faute de parvenir à gérer en commun une situation qui se dégrade chaque jour davantage, avec en perspective des risques de conflits armés.
Il est vain de détourner le regard et d'imaginer que ceux qui vont manquer d'eau ou de nourriture tôt ou tard, n'accosteront pas massivement sur les côtés des pays du Nord de la Méditerranée pour tenter de survivre, animés de la rage de croire qu'ils vont y trouver ce qu'ils sont venus y chercher, ce qui entraînera de surcroît dans leur sillage de multiples problèmes collatéraux.
L'effondrement progressif des derniers dogmes politiques et économiques érigés en systèmes : le communisme, le socialisme, le libéralisme, le capitalisme, etc, - montre que nous ne devons plus rien en attendre, et que d'autres solutions doivent impérativement émerger pour répondre à la situation présente et à venir. La caducité de ces idéologies inopérantes à long terme relativise la portée de la pensée occidentale et la fausse suprématie dont elle se croît dotée. Et la crise financière mondiale que nous traversons, achève de porter sur un piédestal la culture occidentale aux pieds d'argile.
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10 juin 2009
LES PROJETS DE L'UNION POUR LA MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue Politique
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LES PROJETS DE L'UNION POUR LA MEDITERRANEE
Si le "Sommet de Paris pour la Méditerranée" du 13 juillet 2008 a donné la priorité à six grands projets, la déclaration commune diffusée à l'issue de cette journée décisive ne faisait que les aborder succinctement. Il a fallu attendre la première réunion des Ministres des Affaires Etrangères des pays membres de l'Union pour la Méditerranée (UPM) qui s'est tenue à Marseille, les 3 et 4 novembre 2008, pour prendre connaissance du mode de gestion des mécanismes susceptibles de rendre ce dispositif opérationnel dès le 1er janvier 2009.
Le projet de l'Union pour la Méditerranée (UPM) s'inspire du travail effectué par dix députés français de diverses sensibilités politiques, membres de la Commission des Affaires Etrangères et profondément attachés à la réalisation de ce projet politique souhaité par le Président de la République (voir rapport : www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i0449.pdf).
Premier projet : La dépollution de la Mer Méditerranée, la protection du littoral méditerranéen, ainsi que le développement des réserves et celui des aires protégées marines.
Deuxième projet : Développement d'autoroutes maritimes et terrestres en Méditerranée.
Troisième projet : Protection civile en Méditerranée. Il s'agit principalement d'associer plus étroitement la région méditerranéenne au mécanisme de protection civile de l'Union Européenne.
Quatrième projet : Plan Solaire pour la Méditerranée. Afin de lutter contre les effets inéluctables du changement climatique, de limiter les risques de pollution et de maîtriser la demande énergétique croissante, l'Union pour la Méditerranée souhaite profiter du très fort potentiel solaire des pays du Sud de la Méditerranée, pour promouvoir différentes sources d'énergie de substitution.
Cinquième projet : Enseignement supérieur et Recherche. Il s'agit de renforcer et étendre à la totalité des pays partenaires des masters et des doctorats de niveau reconnu dans des domaines de recherche prioritaires; utiliser des formations à distances et des cours en ligne interactifs; créer des ressources bibliographiques en ligne; accroître le nombre de mobilités avec les programmes Erasmus, Mundus et Tempus.
Sixième projet : Agence Méditerranéenne de Développement des Entreprises. Cette entité devrait surtout agir dans le secteur des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et celui de la microfinance, en concentrant ses efforts sur l'accès au financement. Dans l'immédiat l'Agence Méditerranéenne de Développement des Entreprises va engager ses activités en Algérie, en Egypte, au Maroc et à la Tunisie, avant de les étendre, à terme, à l'ensemble de la région.
(source : Dossier de presse de l'Union pour la Méditerranée, 2008).
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08 juin 2009
UNION POUR LA MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue Politique
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UNION POUR LA MEDITERRANEE
Nicolas Sarkozy a esquissé pour la première fois le projet de l'Union Méditerranée, lors du Congrès de l'UMP à Paris, dimanche 14 janvier 2007 :
"Je veux être le Président d'une France qui ira dire aux européens : Nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à la Méditerranée, car autour de cette mer ou depuis deux mille ans la raison et la foi dialoguent et s'affrontent, sur ces rivages ou l'on a mis pour la première fois l'homme au centre de l'univers, se joue une fois encore une part essentielle de notre destin. Là nous pouvons tout gagner ou tout perdre. Nous pouvons avoir la paix ou la guerre, la meilleure part de la civilisation mondiale ou le fanatisme, le dialogue des cultures ou l'intolérance et le racisme, la prospérité ou la misère, le développement durable ou la pire des catastrophes écologiques.
Je veux être le Président d'une France qui dira à tous les pays de la Méditerranée : "Sommes-nous condamnés indéfiniment à la vengeance et à la haine ? Rien ne doit être oublié, mais il nous appartient à tous de forger ici, dans le creuset des siècles et des civilisations, le destin commun de l'Europe, du Moyen-Orient et de l'Afrique, dans une relation d'égalité et de fraternité.
Je veux être le Président d'une France qui proposera d'unir la Méditerranée comme elle a proposé jadis d'unir l'Europe, et qui inscrira dans la perspective de cette unité les relations de l'Europe et de la Turquie, ses liens avec le monde arabe, la recherche d'une issue au conflit israélo-palestinien, de conquête qu'un rêve de civilisation".
(source : Discours de Nicolas Sarkozy au Congrès de l'UMP, Porte de Versailles à Paris, dimanche 14 janvier 2007)
Le 7 février 2007 à Toulon, Nicolas Sarkozy déclare :
"Jamais sans doute il n'a été aussi nécessaire, aussi vital d'engager la construction de la Méditerranée, comme fut engagée il y a plus d'un demi-siècle la construction européenne. Jamais peut-être il n'a été aussi vital pour la France de renouer avec un grand dessein qui lui permette de s'extraire de son doute ".
(source : Discours de Nicolas Sarkozy à Toulon le 7 février 2007)
Dimanche 13 juillet 2008 au Grand-Palais à Paris, Nicolas Sarkozy, alors Président en exercice du Conseil Européen, a co-présidé avec Hosni Moubarak, Président de la République arabe d'Egypte, le Sommet de Paris pour la Méditerranée, réunissant les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays membres de l'Union Européenne, douze pays méditerranéens membres du Processus de Barcelone, quatre autres pays riverains de la Méditerranée, mais aussi les responsables des plus grandes organisations internationales et régionales, pour le lancement de l'Union pour la Méditerranée.
Cet évènement politique majeur fut un succès diplomatique et politique pour Nicolas Sarkozy, malgré quelques incidents, avec la présence notamment à une même table du Président syrien Bachar al-Assad et du Premier Ministre israélien Ehud Olmert, la déclaration finale mentionnant que les chefs d'Etat réaffirment leur soutien au processus d'Annapolis et la nécessité de créer un Etat palestinien.
Les principales valeurs ajoutées de l'Union pour la Méditerranée au regard de l'actuel Processus de Barcelone qui représente un partenariat englobant trente-neuf gouvernements et plus de 700 millions de personnes sont :
- une forte impulsion au plus haut niveau destinée à revitaliser les relations de l'Union Européenne avec ses partenaires européens, avec le principe de sommets de chefs d'Etat et de gouvernement bisannuels dont le premier s'est tenu le 13 juillet 2008 à Paris.
- un meilleure partage des responsabilités dans le cadre des relations multilatérales, avec une gouvernance partagée pour un partenariat égalitaire dans un esprit de co-décision entre ses membres, via une co-présidence, assurée conjointement par un pays membre et un pays non-membre de l'Union Européenne, composée de personnes issues paritairement des pays du Nord et du Sud de la Méditerranée. Création d'un Secrétariat permanent paritaire, doté d'une personnalité juridique distincte et d'un statut autonome, chargé du suivi et de la promotion des projets, ainsi que de la recherche de partenaires.
- le lancement de grands projets concrets et fédérateurs de dimension régionale. Ces projets seront ouverts à tous les partenaires qui le souhaiteront et seront mis en oeuvre selon le principe de la géométrie variable, pour permettre aux pays membres qui ont des affinités, des objectifs communs ou des complémentarités, de les réaliser avec des financements publics et privés qui ne se limitent pas aux financements communautaires.
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06 juin 2009
PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEEN - DIT PROCESSUS DE BARCELONE
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PARTENARIAT EURO-MEDITERRANEEN DIT PROCESSUS DE BARCELONE
Bref historique du Processus de Barcelone
Le Partenariat Euro-Méditerranéen, dit Processus de Barcelone fait "suite aux orientations déjà définies par les Conseils Européens de Lisbonne (juin 1992), Corfou (juin 1994) et Essen (décembre 1994) et aux propositions de la Commission Européenne. L'Union Européenne a décidé d'établir un nouveau cadre de ses relations avec les pays du bassin méditerranéen dans la perspective d'un projet de partenariat. Ce projet s'est concrétisé lors de la Conférence de Barcelone qui a réuni, les 27 et 28 novembre 1995, les quinze Ministres des Affaires Etrangères des Etats membres de l'Union Européenne et les douze Pays Tiers Méditerranéens (PTM) suivant : Algérie, Chypre, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité Palestinienne. La ligue des Etats Arabes et l'Union du Maghreb Arabe (UMA) ont été invités ainsi que la Mauritanie (en qualité de membre de l'UMA)".
Le Partenariat Euro-Méditerranéen est la seule enceinte qui réunit depuis 1995 l'ensemble des pays riverains de la Méditerranée, Israël compris. Le processus a été créé comme un projet commun, un véritable partenariat entre l'Union Européenne et les pays du sud de la Méditerranée.
Ses perspectives initiales :
La perspective de créer une zone de libre-échange en 2010 a entraîné la signature de neuf accords d'association (un projet d'accord a été paraphé en octobre 2004 avec la Syrie). Ces accords sont tous entrés en vigueur à l'exception de celui avec le Liban (dont les relations sont actuellement régies par un accord intérimaire).
"La création d'un espace économique euro-méditerranéen de prospérité partagée est un objectif ambitieux: l'écart entre le revenu moyen par habitant en Europe est en effet près de dix fois supérieur à celui des partenaires méditerranéens. Le taux de chômage qui atteint couramment entre 20 % et 25 % chez les partenaires méditerranéens, fait de la croissance un objectif vital. La création d'une zone de libre-échange est plus qu'un objectif ambitieux, c'est une nécessité pour les partenaires méditerranéens. L'une des raisons de cette affirmation est que, individuellement, les marchés des partenaires sont trop petits pour attirer des volumes significatifs d'investissement étranger. A titre d'exemple, le PIB consolidé des trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie et Tunisie) reste inférieur à celui du Portugal, alors que le PIB des pays du Machrek (Egypte, Jordanie, Cisjordanie et Bande de Gaza, Liban et Syrie) ne dépasse pas celui de la Finlande ou de la Grèce".
(source : Rapport annuel du programme MEDA, 1999, p 17)
Les accords d'association ont permis de développer les échanges entre l'Union Européenne et les pays méditerranéens, contribuant de manière significative au développement de ces derniers : les exportations des pays méditerranéens vers l'Union Européenne ont progressé à un rythme moyen de 7,2 % par an depuis 1990, contre 4,2 % dans le reste du monde. Les accords d'association ont également permis d'homogénéiser les législations dans les domaines des règles de concurrence, des mouvements de capitaux et de renforcer la coopération économique dans des secteurs essentiels comme l'énergie, tout comme ils ont permis, à l'échelle macro-économique, d'améliorer les chiffres du déficit public, de la dette extérieure et des taux d'inflation des pays méditerranéens.
Bilan
Mais dix ans après son lancement, le bilan du Processus de Barcelone est mitigé. Certes, la déclaration de Barcelone n'a pas encore été intégralement mise en application, même s'il demeure méconnu, comme l'a admis dans un de ses rapports en décembre 2000 la Commission de Bruxelles : "Le manque de détermination des partenaires méditerranéens à mettre en oeuvre les réformes structurelles fondamentales est également responsable du retard de la mise en oeuvre du programme. Dans un contexte budgétaire globalement difficile, les fonds MEDA seront de plus en plus orientés vers des partenaires ayant une capacité d'absorption confirmée et ayant obtenu des résultats satisfaisant quant à l'application de l'accord d'association avec l'union Européenne. L'engagement des partenaires à mettre en oeuvre leur stratégie nationale de réforme sera décisif dans l'évaluation de leur capacité d'absorption. Le dialogue économique entre l'Union et ses partenaires méditerranéens sera un élément essentiel dans le cadre de cet exercice".
(source : Rapport de la Commission Européenne, Rapport annuel du programme MEDA 1999, Bruxelles le 20 décembre 2000, p 68)
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02 juin 2009
ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DE LA MEDITERRANEE (APM)
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ASSEMBLEE PARLEMENTAIRE DE LA MEDITERRANEE (APM)
L'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (AMP) est issue de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Méditerranée (CSCM), organe subsidiaire de l'Union Interparlementaire (UIP) qui a fonctionné de 1992 à 2005.
La quatrième et dernière Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Méditerranée (CSCM) à Nauplie en février 2005, a marqué la fin du processus de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Méditerranée (CSCM) à l'Union Interparlementaire (UIP). Pendant la conférence les participants ont décidé de créer : l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM).
Les statuts de l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée adoptés par consensus le 7 février 2005 à Nauplie (Grèce) et le 11 septembre 2006 à Amman (Jordanie), modifiés le 26 juin 2007 à Rabat (Maroc) et le 24 novembre 2007 à St Julians (Malte) stipulent : "L'Assemblée poursuit le travail de pionnier accompli par l'Union Interparlementaire (UIP) au travers de son processus de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Méditerranée (CSCM). Elle garde une relation privilégiée avec l'UIP, à laquelle elle communique pour information un rapport d'activité annuel pendant le premier trimestre de l'année civile suivante" (article 2.2).
La session inaugurale de l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (www.apm.org.mt) s'est déroulée à Amman (Jordanie) le 11 septembre 2006. Son siège a ouvert ses portes sur l'archipel de Malte le 22 novembre 2007 au sein du Palais Spinola, situé sur la commune de St Julians près de La Valette.
L'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM) comprend 25 Etats membres et 4 membres associés et observateurs.
Etats membres : Albanie, Algérie, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Chypre, Egypte, France, Grèce, Israël, Italie, Jordanie, Liban, Jamahiriya arabe libyenne, Malte, Monaco, Monténégro (le), Maroc, Palestine, Portugal, Serbie, Slovénie, République arabe syrienne, ex-République yougoslave de Macédoine, Tunisie, Turquie.
Membres associés et observateurs : Union Interparlementaire Arabe, Union du Maghreb Arabe, Union de l'Europe Occidentale, Roumanie.
Finalité de l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM) : Faire valoir la centralité de la région méditerranéenne, développer la coopération entre ses membres en se saisissant des questions d'intérêt commun pour renforcer la confiance entre les Etats de la Méditerranée, faciliter le dialogue politique et la compréhension entre les parlements concernés, contribuer à la sécurité et à la stabilité régionales, favoriser un développement harmonieux des pays méditerranéens dans un esprit de partenariat.
L'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM) "élabore et soumet aux parlements membres des avis, des recommandations et d'autres textes consultatifs qui concourent à la réalisation de ses objectifs".
Les délégations nationales à l'Assemblée Parlementaire de la Méditerranée (APM) sont composées de cinq parlementaires. En France, par accord entre les Présidents de l'Assemblée Nationale et du Sénat, il a été décidé que les sièges de la délégation française à l'Assemblée parlementaire de la Méditerranée seraient répartis à hauteur de trois sièges pour l'Assemblée Nationale (Rudy Salles, Michel Vauzelle et Camille de Rocca Serra) et deux sièges pour le Sénat (Paulette Brisepierre et Maryse Bergé-Lavigne). Le paiement de la contribution est effectué dans les mêmes proportions. L'Assemblée Nationale française participe aussi en tant qu'observateur aux travaux de l'Assemblée Parlementaire de la Mer Noire.
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29 mai 2009
EURO-REGION ALPES MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée
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EURO-REGION ALPES-MEDITERRANEE
Les Présidents des régions de la Vallée d'Aoste, du Piémont, de Ligurie, de Provence Alpes Côte d'Azur et de Rhône-Alpes ont signé le 10 juillet 2007 à Turin, puis au Fort de Bard dans la Vallée d'Aoste, le 18 juillet 2007, un protocole d'accord créant l'Euro-Région ALPES-MEDITERRANEE. Sa création a été officiellement annoncée à Bruxelles le 10 octobre 2007 à l'occasion de l'édition 2007 des "Open Days", la semaine européenne des Villes et des Régions organisée par la Commission Européenne et le Comité des Régions. Son acte de naissance a été signé le 27 novembre 2007 à Lyon.
Le PIB de l'Euro-Région Alpes-Méditerranée représentait en 2008, 4,2% de celui de l'Europe. Sa superficie est de 110 460 Km2 et sa population approche les 17 millions d'habitants (Provence-Alpes-Côte d'Azur: 4,8 millions; Rhône-Alpes : 6 millions; Piémont : 4,3 millions; Ligurie : 1,6 millions; Vallée d'Aoste : 120 000)
(source : La Lettre de la Région, février 2008, n° 196, p 12)
Michel Vauzelle, le Président de la Région Provence Alpes-Côte d'Azur, a assuré à partir du 1er janvier 2008 pour une période de six mois, la première présidence tournante de cet espace transfrontalier européen.
En inaugurant le siège de l'Euro-Région à Bruxelles (62, rue du Trône) le 31 janvier 2008, aux côtés de ses homologues, Michel Vauzelle a déclaré vouloir "(...) faire entendre la voix du Sud de l'Europe : "L'Euro-Région, c'est la volonté politique commune, dans une Europe élargie, de se positionner sur des dossiers d'envergure et de développement de notre territoire franco-italien" (...). Il a aussi présenté l'actualité et les priorités d'Alpes-Méditerranée" pour le semestre à venir. Dans le cadre de la présidence Provence-Alpes-Côte d'Azur, nous développerons la communication autour de l'Euro-Région. Nous mettrons en oeuvre un plan d'activités, notamment autour de trois thèmes : l'innovation, la jeunesse et la Méditerranée".
(source : La Lettre de la Région, février 2008, p 4)
Dans l'éditorial de "La Lettre de la Région" du mois de février 2008, Michel Vauzelle écrit qu'avec le Piémont, la Ligurie, le Val d'Aoste et Rhône-Alpes, la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur partage "(...) le même destin, au coeur de l'Europe. J'ai donc signé, à Turin puis à Val d'Aoste, un protocole créant avec ces Régions et la nôtre une Euro-Région "Alpes-Maritimes". Forte de 17 millions d'habitants et d'une puissance économique qui s'illustre de Marseille à Turin, à Lyon et Gênes, nous nous défendrons mieux en Europe. (...) Face à la mondialisation, nous allons mettre en commun nos forces économiques en harmonisant et en mettant en réseaux solidaires nos filières industrielles, nos universités, nos technopoles, notre agriculture.
Nous organiserons mieux ensemble la protection de notre environnement - la mer, nos fleuves, nos forêts, nos montagnes, nos paysages. Au centre de l'Europe, avec nos Alpes, et au coeur de la Méditerranée et de l'Arc latin, nous devons nous "désenclaver" pour jouer le rôle capital qui nous revient en tant que voisins immédiats du Maghreb dans l'espace euroméditerranéen.
Sous ma présidence, l'Euro-Région engagera dans les prochaines semaines les actions qui donneront une dynamique et une dimension nouvelles aux capacités de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Notre région dans cette première Euro-Région d'Europe décide de se donner une belle perspective, pour elle mais aussi pour la France. (...) L'Euro-Région prend donc son envol, forte d'une volonté politique "qui doit s'étendre à toute la Méditerranée, elle-même indispensable à un modèle européen au sein de la mondialisation".
(source : La Lettre de Région, février 2008, n° 196, p3)
Luciano Caveri, Président de la Région autonome de la Vallée d'Aoste, est intervenu de son côté en tant que rapporteur de la table ronde intitulée : "Le GECT : nouvel élan pour la coopération territoriale en Europe", - qui s'est tenu à Bruxelles le 7 juin 2007 pour donner de l'Euro-Région "Alpes-Méditerranée" qui allait naître, l'aperçu suivant : "L'histoire de proximité entre ces régions (...) n'est autre qu'une longue alternance d'unions ou de séparations que nos territoires ont subies, au gré de traités décidés à Paris, Vienne ou Madrid, sans tenir compte des volontés, des intérêts, ni même des affinités des peuples concernés".
(source : www.unionvaldotaine.org, le 12 juillet 2007)
L'Euro-Région "Alpes-Méditerranée" est le premier ensemble de régions à tester le nouveau statut juridique de Groupement Européen de Coopération Transfrontalière (GECT).
En France, l'Assemblée Nationale a adopté le 29 janvier 2008 les dispositions mettant en conformité le droit interne français avec le règlement communautaire créant le GECT (celui-ci est entré en application le 1er août 2007). Elles figurent dans le Code Général des Collectivités Territoriales (CGCT).
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18 mai 2009
FESTIVAL DE FES DES MUSIQUES SACREES DU MONDE
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FESTIVAL DE FES DES MUSIQUES SACREES
Initié en 1994 par l'Association Fès-Saïs sous la houlette de Faouzi Skali, le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde se déroule chaque année au mois de juin à Fès (Maroc). Ancien directeur général du Festival des Musiques Sacrées de Fès, Faouzi Skali souligne que l'enjeu " (...) est de trouver les voies qui, en intégrant positivement les spécificités locales, conduisent à un processus d'émergence d'une culture de paix. (...) Le processus de paix est une construction de longue haleine qui suppose l'élaboration de véritables stratégies. (...) Ce travail en commun doit nécessairement passer par une réelle connaissance et une compréhension profonde des différences entre les cultures. Dans ce type de manifestation, que ce soit au travers de la musique ou par le biais de réflexion, chacun d'entre nous fait l'expérience d'une connaissance réciproque. C'est déjà une âme de paix qui est insufflée à Fès".
Parallèlement au Festival de Fès des Musiques des Musiques Sacrées du Monde, Faouzy Skali a créé en 2001 "Les Rencontres de Fès" : " Le succès croissant de ce colloque, depuis sa création, démontre qu'il répond à de réelles aspirations pour le dialogue entre les cultures et la paix dans le monde. (...) Notre plus grand souhait dans cette démarche de promotion pour le dialogue entre les cultures et les religions serait d'insuffler cet "esprit de Fès", cette âme pour la mondialisation, partout dans le monde", a déclaré Faouzi Skali.
Placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi du Maroc et initié par la Fondation Esprit de Fès, ce festival s'intègre dans une mission universelle de paix et de rapprochement entre les peuples et demeure le rendez-vous incontournable du DIALOGUE des Cultures et des Religions en terre d'Islam.
Mohammed KABBAJ (né en 1946 à Fès) est le Président du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. Lauréat de l'Ecole Polytechnique de Paris (1965) et de l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées (1969), Mohammed Kabbaj a occupé de nombreuses responsabilités : Ministre de l'Equipement et de la Formation Professionnelle (1981-1993), Président du Comité de développement de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (1995-1997), Ministre des Finances et des Investissements Extérieurs (1995-2000), Chargé de Mission au Cabinet du Roi Hassan II, Conseiller de sa Majesté le Roi Mohammed VI (2000-2005), Président du Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social, Gouverneur des Préfectures du grand Casablanca depuis 2005.
Faouzi SKALI est Professeur universitaire, Anthropologue, Ecrivain et spécialiste du soufisme.
Cette année le Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde se déroule du 29 mai au 06 juin 2009 (www.fesfestival.com)
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16 mai 2009
LES PAYS DU POURTOUR MEDITERRANEEN
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LES PAYS DU POURTOUR MEDITERRANEEN
Etymologiquement, la Mer Méditerranée vient du latin "Mare Mediterraneum" qui signifie littéralement "mer au milieu des terres". Pour certains, cette définition est l'oeuvre de C. Julius Solinus (III siècle après JC), un doxographe romain du Bas-Empire. Pour d'autres, c'est Isidore de Séville , un Evêque espagnol qui vécut au VII siècle après-JC qui en serait l'auteur, avec son encyclopédie en 20 volumes proposant une analyse étymologique des mots, intitulée : "Etymologies" ou "Origines".
Il est cependant difficile de définir avec exactitude ce qu'est la Méditerranée devant la diversité des délimitations proposées par nombre de géographes, scientifiques ou autres spécialistes.
La superficie de la Mer Méditerranée ferait environ 2,5 millions de km2, soit cinq fois la "France métropolitaine". Elle relie trois continents : l'Afrique (septentrionale), l'Asie (occidentale), l'Europe (méridionale), et vingt-deux pays.
Le bras de mer situé entre la Sicile et la Tunisie, appelé le canal de Sicile (canal du Cap Bon ou canal de Kélibia), large de 150 kilomètres et profond de 400 mètres, sépare la Mer Méditerranée en deux bassins distincts : le bassin occidental et le bassin oriental.
La température moyenne de l'eau de surface est comprise entre 17 degrés Celsius (basin Ouest) et 21 degrés Celsius (bassin Est). Si le taux de salinité de la Mer Méditerranée varie habituellement entre 36 et 38 grammes par litre, le réchauffement climatique accentue son évaporation, donc sa salinité. Le taux d'évaporation représente environ 3 millions de tonnes d'eau.
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13 mai 2009
LA PENSEE DE LA MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée
Quel est votre avis sur la note : "La Pensée de la Méditerranée" ?
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(catégorie : Regard sur le Dialogue en Méditerranée)
LA PENSEE DE LA MEDITERRANEE
La pensée de la Méditerranée ne peut être que plurielle, à l'image d'une famille composée de plusieurs personnes soumises aux mêmes règles, dont la pensée, c'est-à-dire l'ensemble des facultés psychologiques tant affectives qu'intellectuelles, reflète le caractère de chacun des membres.
La pensée d'un individu varie de l'un à l'autre en fonction de multiples facteurs insondables. Un montagnard ne pense pas comme un habitant de la plaine. Un citadin n'a pas les mêmes réflexes que celui qui vit à la campagne. Un célibataire ne conduit pas sa vie comme un père de famille nombreuse. Un employé ne réfléchit pas comme son patron, etc ...
Ces variantes dans la façon de penser concernent tous les habitants de la planète, ce qui représente des millions de combinaisons potentielles, chaque homme ayant son propre mode de pensée.
Le climat, la topographie des lieux, les codes sociaux des individus, l'organisation sociale dans lequel ils se trouvent, les pratiques religieuses auxquelles ils se soumettent ou dont ils sont parvenus à s'affranchir, influent certes indéniablement sur la structure mentale de tous les êtres humains, sans toutefois parvenir à tout expliquer. Une part de nous même échappe malgré tout aux constructions intellectuelles rationnelles, ainsi qu'aux manipulations les plus sophistiquées. Rien n'est plus personnel, intrinsèque, magique, inaliénable que la pensée d'un individu qui jouit de son propre libre arbitre.
Les trois religions monothéistes qui se sont progressivement répandues en Méditerranée en fédérant des millions de personnes ont bien entendu contribué activement à former la pensée de leurs fidèles.
En France par exemple, l'Eglise Catholique qui incarne un ordre moral a été très influente et ce jusqu'à aujourd'hui. Sa tutelle sur les consciences lui a permis de régir les comportements, de participer à structurer en partie la société, mais aussi à imposer son autorité au plus haut sommet de l'Etat.
Un sondage de l'Institut Ifop pour le journal La Croix effectué en juillet 2006, montre combien l'impact de l'Eglise Catholique est encore prégnante de nos jours auprès de la population française :
" Quelques années après la seconde Guerre Mondiale, huit français sur dix interrogés par l'Ifop se déclarent catholiques. Cette proportion va rester constante jusqu'aux années 60. On assistera même à un "pic" au début des années 70, avec 87% des français se disant catholiques en 1972. Sans doute faut-il y voir pour partie l'impact de Vatican 2 sur l'image de l'Eglise Catholique mais aussi l'influence de la détente et une confrontation politique et idéologique entre les deux camps, moins virulente au sein même de la société française.
Néanmoins, l'appartenance au catholicisme va connaître un premier recul brutal dès le milieu des années 70 pour se stabiliser ensuite autour de 75% jusqu'a la fin des années 80. Depuis, et ce malgré le pontificat de Jean-Paul II, l'audience du catholicisme a entamé un nouveau mouvement de baisse assez régulier. Au terme de cette évolution, deux tiers des français se déclarent cependant catholiques en 2006". (source : Ifop pour La Croix, "Le catholicisme en France en 2006", juillet 2006).
L'Eglise continue donc à rythmer la vie de nombreux catholiques à tous les stades de leur existence, grâce au lien social qu'elle parvient à maintenir au sein de sa communauté. Ses règles, ses fêtes, sa liturgie, répétées inlassablement et respectées à la lettre chaque année à la même période, imprègnent consciemment et inconsciemment tous les esprits, comme une trace indélébile, contribuant jour après jour à façonner la pensée des gens dans une direction donnée. Les repères qu'elle propose et les valeurs qu'elle défend permettent de s'inscrire socialement dans un groupe constitué.
Ces phénomènes normatifs prévalent autant chez les Juifs, les Chrétiens que les Musulmans sous des formes hétérogènes et à des degrés divers. Les trois religions révélées ne forment pas cependant des blocs monolithiques, dans la mesure ou elles se déclinent en de multitudes branches qui véhiculent des valeurs dissemblables. Toutes les religions ont le privilège de compter dans leurs rangs de sages érudits aux conseils avisés, et par effet de balancier, des extrémistes grégaires, capables d'embraser des foules fanatisées.
La lecture de la Torah, du Talmud, de la Bible et du Coran, offrent une large palette d'interprétations possibles, chacun pouvant y trouver ce qu'il est venu y chercher en fonction de ses objectifs, de son degré d'instruction, de son ouverture d'esprit, ou de son niveau spirituel.
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07 mai 2009
BREVE HISTOIRE DE LA MEDITERRANEE
Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée
Quel est votre avis sur la note : "Brève histoire de la Méditerranée" ?
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(catégorie : Regard sur le Dialogue en Méditerranée)
BREVE HISTOIRE DE LA MEDITERRANEE
Il est indéniable que le brassage incessant des civilisations installées sur le pourtour de la Méditerranée a permis à des peuples de quitter graduellement leur condition primitive pour progresser dans le domaine des moeurs, des connaissances ou des idées. Ces peuples ne peuvent pas, non plus, ne pas s'être nourris des trois religions monothéistes aux origines communes qui se sont répondues sur l'ensemble du bassin méditerranéen, et au-delà, jusqu'à imprégner une grande partie de l'Humanité. Leur influence consciente ou inconsciente sur l'esprit des populations est une des composantes majeures des faits qui se sont déroulés en Méditerranée, la source de nombreuses conquêtes relevant souvent de considérations religieuses.
Edgard Nahoum (né en 1921 à Paris), alias Edgar Morin, célèbre sociologue et philosophe français, a parfaitement résumé les influences fécondes de l'entremêlement culturel en Méditerranée, lors d'un discours prononcé en 1994 à Barcelone, quand il reçoit le Prix International Catalunya. Attribué par Generalitat de la Catalogne depuis 1989, doté de 100 000 euros et de la sculpture "La clau i la llettra" ("la clé et la lettre") d'Antoni Tapies, ce prix est attribué chaque année aux personnes qui ont contribué de façon importante par leur travail créatif à développer les valeurs culturelles, scientifiques et humaines dans le monde entier.
Extraits choisis du discours d'Edgar Morin :
"Si mes gènes, si mes chromosomes pouvaient parler, ils vous raconteraient une odyssée méditerranéenne qui partirait à peu près comme celle d'Ulysse, mais plus au Sud, de la Méditerranée asiatique, ce Moyen-Orient d'aujourd'hui; ils vous raconteraient leurs voyages dans l'empreinte romain, leur arrivée dans la péninsule ibérique et en provence, ils vous diraient plus d'un millénaire d'enracinement et près de sept cents années dans une Espagne plurielle aux divers royaume et aux trois religions, jusqu'à pour certains 1492, et pour d'autres le 17e siècle; mes gènes, mes chromosomes vous diraient comment ces ancêtres conversos auront connu pendant deux siècles le baptême de l'Eglise catholique; puis ils vous narreraient leur séjour rejudaïsé dans le grand duché de Toscane à Livourne jusqu'à la fin du 18e siècle, ou poussés par les grands courants de l'expansion économique de l'occident, ils avaient gagné, dans l'Empire Ottoman, la grande cité de Salonique peuplée en grande majorité de séfarades qui parlaient le vieil espagnol antérieur à la jota; puis ils vous diraient le retour vers l'occident au début du siècle, et enfin l'enracinement en France.
Mes gènes vous diraient que toutes ces identités méditerranéennes successives se sont unies, symbiotisées en moi, et au cours de ce périple bimillénaire, la Méditerranée est devenue une patrie très profonde. Les papilles de ma langue sont méditerranéennes, elles appellent l'huile d'olive, elles s'exaltent d'aubergines et de poivrons grillés, elles désirent tapas ou mézés. Mes oreilles adorent le flamenco et les mélopées orientales. Et dans mon âme, il y a le je ne sais quoi qui me met en résonance filiale avec son ciel, sa mer, ses îles, ses côtes, ses aridités, ses fertilités ...
Mes gènes vous confieraient aussi qu'ils ont vécu une expérience typiquement ibérique, l'expérience marrane. Le marranisme n'est pas seulement, comme beaucoup le croient, une façon secrète d'être juif sous le masque chrétien ou une façon d'avoir dissous son ascendance juive dans un christianisme sincère, c'est aussi l'expérience dans un même esprit et une même âme de la rencontre de deux religions antagonistes. Ou bien cet antagonisme produit la dissolution de ce que l'une et l'autre religion ont de formel et dégage alors une prodigieuse combustion mystique, et c'est Thérèse d'Avila. Ou bien le choc des deux religions dissout l'une et l'autre pour faire place au doute et à l'interrogation généralisée, et c'est le cas de Montaigne, lui aussi issu de conversos. Ou bien encore le Dieu transcendant se désintègre et c'est la nature qui devient divine en devenant auto-créatrice, et c'est Spinoza. Et moi oui, je suis mystique certes à ma façon, je suis rationnel, je suis sceptique, et je n'aurais pas été tel sans Séfarad, je veux dire les Espagnes (...)"
(sources : www.archipress.org/morin/mediterranee.htm et www.gencat.net/pic/fra/index.htm)
De tout temps, des peuples, des civilisations ou des communautés ont su tirer profit des aléas de l'Histoire, s'imposer au détirment des autres, s'enrichir par le pillage, échanger des idées ou des procéder, tisser des alliances stratégiques avec les différents acteurs du moment, s'approprier des territoires par la force et la ruse, ect ...
La réalité brutale du cheminement de la Méditerranée est tout, sauf poétique.
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