02 février 2009

OLIVIER BESANCENOT

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la France

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OLIVIER BESANCENOT

C'est en classe de seconde à Louviers (Eure) qu'Olivier Besancenot (né en 1974) adhère aux Jeunesses Communistes Révolutionnaires en 1988, aidé en cela par son professeur d'allemand, par ailleurs animateur de SOS Racisme et membre de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Entré à la Ligue Communiste Révolutionnaire en 1991, Olivier Besancenot est élu à la direction nationale en 1996 et intègre en 1999, à l'âge de 25 ans, le bureau politique de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Choisi en 2001 à l'âge de 27 ans pour se présenter à l'élection présidentielle de 2002, il obtient 4,25% des suffrages au 1er tour (soit 1 210 562 voix), quand Jacques Chirac a recueilli 19,68% des voix (soit 5 665 855 bulletins de vote).

Olivier Besancenot a obtenu une Licence d'Histoire à l'Université de Nanterre. Facteur à Levallois-Perret de 1997 à 1999, il est mis en disponibilité pendant un an de 1999 à 2000, pour assister au Parlement Européen les députés de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Muté à Neuilly-sur-Seine depuis l'an 2000, Olivier Besancenot travaille depuis 2002 à 80% de son temps pour assumer ses différentes activités politiques.

Le casting organisé par les stratèges de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) s'est révélé payante. Initialement ce n'est pas à lui qu'ils avaient pensé pour devenir porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), car Olivier Besancenot avait l'inconvénient à leurs yeux d'appartenir à "Révolution", la tendance la plus radicale de la ligue. Ils avaient alors jeté en vain leur dévolue sur "une jeune fille, incarnant la nouvelle génération de prolétaires précarisés, pour mieux ringardiser Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), qui vient snober la ligue en refusant sa proposition de candidature commune" (source : Christophe Ono-dit-Biot, Le Point, 17 novembre 2005). Olivier Besancenot a été en 2002 "(...) une révélation politique, le casting génial du stratège Krivine, l'invention d'une jeune vedette pour prendre une génération d'avance sans rien céder sur l'essentiel. Ca a marché au-delà de toute espérance" (source : Claude Askolovitch, Le Nouvel Observateur, jeudi 18 août 2005).

"Pourtant, dans ce parti ou s'affrontent plusieurs courants, les deux "historiens" (Alain Krivine et François Sabado) passent aux yeux de Besancenot pour des "droitiers". Lui était un peu gauchiste, se souvient François Sabado. "Mais il cherchait toujours à rassembler". "J'ai été longtemps minoritaire. Je n'étais pas d'accord avec eux" confirme Olivier Besancenot" (source : Paris-Match, semaine du 24 au 30 août 2006, n° 2988, p 90). Olivier Besancenot représente d'une certaine façon les personnes diplômées qui ne trouvent pas de travail.

Cette farouche volonté de communiquer sur l'activité professionnelle d'Olivier Besancenot accrédite l'idée que "le petit postier" est un atout marketing entre les mains du parti. Des enquêtes d'opinions ont d'ailleurs démontré que l'image du facteur constitue pour les français un lien social très fort. Même le magazine Gala du 13 février 2003 s'est aventuré à rendre l'image de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) plus lisse (4 pages), lors de la promotion du livre d'Olivier Besancenot : "Révolution! 100 mots pour changer le monde". 

""Quand on possède un porte-parole populaire comme Olivier, on ne laisse pas passer sa chance", commente François Sabado (...)" (source : Claude Askolovitch, Le Nouvel Observateur, semaine du 19 janvier 2006, n° 2150). " (...) Il est fait pour la télévision. Messages simples et efficaces. T-shirt noir contre costards. Langage vert contre phrases ampoulées mais ce plan com véhicule une idéologie. "Je crois de plus en plus qu'il faut être révolutionnaire" dit-il. Que le capitalisme doit être abattu et que précaution valent trahison" (source : Claude Askolovitch, Le Nouvel Observateur, jeudi 18 août 2005)

Après le congrès de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) fin janvier 2006, la direction nationale a renouvelé cinq de ses cadres afin de rajeunir son image, preuve que l'aspect marketing n'est pas négligé. Alain Krivine a donc quitté le bureau politique de la formation trotskiste le 1er mars 2006, après trente-cinq ans de service.

La Ligue Communiste Révolutionnaire (www.lcr-rouge.org) a voté NON au projet de Constitution européenne.

Dans son livre "Lettre recommandée au facteur" (Seuil, 2004), Henri Weber dénonce "le simplisme, le maximalisme, l'irréalisme et la démagogie" du programme de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) qu'il accuse d'être d'un autre âge. Au sujet de l'interdiction de licencier à laquelle est attachée la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Henri Weber rétorque à Olivier Besancenot : "Tu sais pertinemment que ce mot d'ordre est irréalisable car comment nationaliser des entreprises multinationales dont la plupart des établissements et des activités se trouvent hors de France ? (...) L'objectif de cette revendication de l'ultragauche, n'est d'ailleurs pas d'être réalisée, mais de mobiliser les salariés, d'aiguiser leur combativité, d'élever leur niveau de conscience afin d'aiguiser les contradictions du capitalisme. C'est ce qu'en théorie trotskiste on appelle un mot d'ordre transitoire". Henri Weber (www.henri-weber.fr) a cependant gardé des liens étroits avec Alain Krivine, qui s'efforce de son côté de "garder la main" sur la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR).

La Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) a été officiellement dissoute jeudi 5 février 2009, après 40 ans d'existence, pour créer le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA, www.npa2009.org). (source : www.lcr-rouge.org/spip.php?article2950)

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30 janvier 2009

CHRISTINE BOUTIN

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CHRISTINE BOUTIN

Présidente du Forum des Républicains Sociaux (www.frs-ladroitehumaine.fr), une formation associée à l'UMP, Christine Boutin (née en 1944), Député UMP des Yvelines depuis 1986, a lancé le 19 avril 2005 un "appel à la réconciliation des français", sa formation s'étant prononcée à 70 % pour le NON au référendum du 29 mai 2005.

Pour Christine Boutin la question n'était pas de savoir si le OUI ou le NON allait l'emporter : "Ce qui est en jeu aujourd'hui, c'est de savoir comment on va rétablir l'Unité Nationale". La situation de la France est à ses yeux d'une extrême gravité et révélatrice de "la fragmentation de la société nationale". Elle a dénoncé "les querelles internes au gouvernement, les divisions au sein de la droite et la gauche, l'incompréhension et l'éclatement entre tenants du OUI et les partisans du NON, les français qui n'ont pas de réponse à leurs questions (...). Nous sommes dans le mur. Le seul moteur qui guide les gens est la peur. Comment reconstruire avec toutes ces peurs (...)".

Le NON au référendum de Christine Boutin s'appuyait sur quatre déficits : "Un déficit historique et culturel (car la notion de racines judéo-chrétiennes ne figure pas dans le préambule de la Constitution européenne). Il ne s'agit pas de prosélytisme religieux, mais on ne peut pas construire l'avenir sans nos racines. Un déficit démocratique : les simples citoyens ne pourront jamais réunir un million de signatures pour mettre en oeuvre un droit de pétition qui sera réservé aux lobbies. Un déficit social : le traité ne fait aucune référence "à la lutte contre la pauvreté". Un déficit éthique : Christine Boutin redoutait que la Constitution européenne ne laisse "la porte ouverte" au clonage thérapeutique ou au mariage homosexuel". (source : Sophie Huet, Le Figaro, 20 avril 2005)

Après avoir décidé de se présenter à l'élection présidentielle 2002 malgré la candidature de François Bayrou, elle est exclue de l'UDF en décembre 2001 et rejoint les rangs de l'UMP. Au premier tour de l'élection présidentielle 2002, Christine Boutin rallie 1,9% des suffrages (avant dernier des candidats), ce qui lui vaudra, grâce à des accords passés avec Nicolas Sarkozy, d'être nommée le 18 mai 2007 par le Premier Ministre François Fillon, Ministre du Logement et de la Ville (www.logement.gouv.fr).

Le Nouvel Observateur du 3 avril 2008 (n° 2265) rapporte dans sa rubrique intitulée "Le téléphone rouge", les critiques de Christine Boutin sur les choix politiques de François Bayrou : ""La stratégie de François Bayrou depuis quinze ans a été d'amener nos idées à être représentées par quatre députés, c'est une tragédie", allume Christine Boutin. La Ministre du Logement, (...) juge que François Bayrou a commis une erreur magistrale en plaidant pour le quinquennat et l'inversion du calendrier en 2001. "Il n'a pas vu que cela conduisait à un régime présidentiel favorisant la bipolarisation de la vie politique. Celle-là même contre laquelle il lutte!"".

Christine Boutin dément appartenir à l'Opus Deï (www.opusdei.fr) malgré des rumeurs persistantes à ce sujet. Consulteur de la Sacrée Congrégation Pontificale pour la Famille, elle travaille comme conseiller technique sur les affaires familiales auprès de l'Etat du Vatican (elle a effectué quatre interventions en dix ans). Sur la cinquième chaîne française, le 16 mai 1990, Christine Boutin a déclaré : "Je suis catholique avant tout, avant d'être législateur. Je suis au service de la vie, donc contre l'avortement. Et l'Eglise, dans ce domaine, se réfère à une loi naturelle qui, en fait, s'impose à tous. Aux catholiques comme aux non-catholiques".

Christine Boutin suit de près le dossier des prisons françaises sur lesquelles elle enquête pour le compte du Parlement. Elle n'a de cesse de demander une amélioration des conditions de détention : "Seul l'amour de l'homme me guide dans mon combat" a t-elle dit. (source : Libération, 30 juin 2001).

Christine Boutin a écrit sur son blog (www.christineboutin-blog.fr) le 21 juin 2008 : "Depuis toujours la solidarité humaine et mon moteur. La mondialisation qui apporte de formidables avancées dans notre société a, par certains côtés, fragilisé la place de l'homme. Tout ce que j'ai essayé de faire depuis 20 ans au travers de ma vie personnelle ou politique passe par ce regard sur la fragilité humaine".

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28 janvier 2009

JOSE BOVE

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JOSE BOVE

Ancien porte-parole de la Confédération Paysanne (www.confederationpaysanne.fr), José Bové (né en 1953) a expliqué le 30 mars 2005 à la presse les raisons de son opposition à une "constitution européenne idéologique qui s'inscrit dans la logique de la mondialisation". Il arborait un badge sur lequel on pouvait lire : "J'aime l'Europe, je vote NON". Signataire de la charte "pour une europe sociale et démocratique" lancée par le socialiste Pierre Larrouturou, José Bové a plaidé pour une "alternative" à l'Europe. Quelques cinquante personnalités de gauche ont signé ce texte, parmi lesquelles les socialistes Henri Emmanuelli et Michel Charzat ou encore Patrick Pelloux (Président de l'association des Médecins Urgentistes Hospitaliers de France). 

Pour José bové "il faut redonner le pouvoir aux citoyens et, pour cela, il faut une véritable charte sociale (...). Tout n'est pas noir dans ce traité mais sa philosophie générale est trop idéologique". Cette idéologie se trouve résumée selon lui par le débat autour de la directive bolkestein : "Ce débat m'a rappelé le jour ou l'Espagne est entrée dans l'Union. Et la manière dont l'Europe a laissé faire du dumping, en Andalousie avec l'implantation de serres agricoles géantes, qui ont obligé l'Espagne à avoir recours à de la main-d'oeuvre étrangère, souvent des sans-papiers". Bref, il "faut d'abord une harmonisation sociale".

José bové se disait "prêt à assumer d'aller à l'Elysée" en 2007 alors qu'il avait jusque-là écarté cette hypothèse propagée par Daniel Cohn-Bendit lors de l'élection présidentielle 2002. Il l'avait qualifiée de "débile". José Bové pense que "les hommes politiques ne transforment pas la société dans la mesure ou il ne remettent pas en cause ses fondements : l'Etat et l'économie. S'inscrire dans le débat politique pour être acteur de transformation ou de prises de conscience est un mauvais calcul. Les choses changent quand la contrainte vient d'un phénomène ou d'un mouvement extérieur. Pour peser, il faut se situer à côté du système politicien". 

Six ans plus tard José Bové a changé d'avis : "Un taulard pourrait-il briguer l'Elysée ? "Si la Cour de Cassation refuse mon pourvoi à la fin de l'année 2006, je pourrais être un candidat à la présidentielle derrière les barreaux", confie le provocateur José Bové sans dissimuler la joie que lui procurerait cette situation inédite. (...) "Nous pouvons être la gauche qui gagne, en menant à la fois les luttes sociales et les combats électoraux", hurle le tribun des Causses (...). C'était le 29 juin 2006, à Aubagnes (Bouches-du-Rhône), lors d'un meeting unitaire rassemblant 800 personnes ou l'éleveur de brebis, a remporté, et de loin, le concours de l'applaudimètre face à Alain Krivine, 65 ans, et à Olivier Dartignolles, 35 ans, les porte-parole respectifs de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et du Parti Communiste Français (PCF), puisque Olivier Besancenot et Marie-George Buffet n'avaient pas souhaité faire le déplacement. (...)  Le candidat à la candidature a mis de l'eau dans son vin, mais conserve un discours hostile aux appareils politiques, presque populiste, pour mieux flatter les militants de base. Reste que Bové sait qu'il a besoin du soutien du Parti Communiste Français (PCF) et de jouer serré avec la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR). Le paysan libertaire se méfie des marxistes, des léninistes et surtout des trotskistes. Afin de mieux comprendre, il s'est entouré d'experts de ces organisations si loin de sa culture, qui le conseillent "à titre personnel"" (source : François Koch, L'Express, semaine du 6 juillet 2006).

Objecteur de conscience, José Bové est un ardent partisan de la "non violence active". Il a fréquenté à l'adolescence les communautés de "L'Arche de Lanza del Vasto" (www.arche-nonviolence.eu)  fondée en 1948. Lanza del Vasto (1901-1981) est né à San Vito di Normandi (les Pouilles) dans une famille fortunée de Sicile. Son vrai nom est Giuseppe Giovanni Luigi Enrico Lanza di Trabia-Branciforte. Lanza del Vasto est parti en 1937 rejoindre pendant quelques mois dans le cadre d'un voyage initiatique en Inde Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948). Il s'inspirera du modèle des ashrams de Ghandi pour animer à la mode occidentale quelques années plus tard les centres de la communauté de L'Arche.

Interrogé par le sociologue Paul Ariès (un des témoins de moralité de José Bové lors du procès de l'affaire du Mc Donald de Millau) et par le théologien Christian Terras, Directeur des Editions Golias (www.golias.fr) (tendance chrétien de gauche) et administrateur du Réseau Voltaire (www.voltairenet.org), dans le cadre de leur livre-entretien avec José Bové ("José Bové, la révolte d'un paysan", Editions Golias, 2000), José Bové leur a confié : "Je suis un arnarcho-syndicaliste. Mes références, ce sont la fondation de la première internationale au siècle dernier et la CNT Espagnole en 1936. (...) Avec les paysans sans terre au Brésil, je me sens proche de la théologie de la libération. Leur manière de vivre leur foi est extraordinaire".

Luxembourgeois, le père de José Bové (né en 1929) obtient la nationalité française quand il est nommé Directeur horaire de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), le premier institut agronomique en Europe et l'un des trois premiers au monde dans les domaines de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement. Le grand-père de José Bové était un maraîcher luxembourgeois.

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