14 janvier 2009

PHILIPPE DE VILLIERS

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur l'Europe

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(catégorie : Regard sur l'Europe)

PHILIPPE DE VILLIERS

A quelques mois des élections européennes 2009, le Mouvement Pour la France (www.pourlafrance.fr) est le principal parti politique français SOUVERAINISTE. Il dispose de trois Députés français au Parlement Européen : Philippe de Villiers, Paul-Marie Coûteau (www.pmcouteaux.org), Patrick Louis (www.patricklouis.fr).

Lorsqu'il Philippe de Villiers a été invité lundi 27 septembre 2004 à l'Académie des Sciences Morales et Politiques (www.asmp.fr), il a pris le temps d'expliquer ce que signifiait à ses yeux le SOUVERAINISME (http://canalacademie.com/spip.php?article130) :

"(...) L'Europe des Souverainistes fait confiance aux Nations qui la composent et au monde qui l'entoure: l'Europe actuelle se méfie de tout, de ses propres peuples, des gouvernements et de l'environnement mondial ou elle ne veut voir que désordre et chaos. Les Souverainistes veulent une Europe qui, loin de tenir ses Etats en lisière ou de fuir le monde, n'ait d'autre ambition que d'être utile à l'un comme aux autres.

(...) Si l'Europe des Souverainistes a un avenir, c'est qu'elle n'a pas seulement des principes pour fonder son organisation et un projet pour donner sens et but à sa mission, aussi elle a une méthode pour conduire son action. Cette méthode est aux antipodes de ce qu'on appelle la "méthode communautaire".

 (...) La méthode souverainiste (...) est celle de la raison et de la liberté. C'est celle des géométries variables : elle part de cette constatation de bon sens qu'il n'est ni juste ni raisonnable d'attendre de 25 ou 30 Etats, tous différents, qu'ils éprouvent le besoin et le désir de mener à tout instant et dans tous les domaines une politique uniforme. (...) Elle laisse les Etats libres de poursuivre entre eux des coopérations sectorielles avec les partenaires de leur choix. Sans jamais contraindre aucun d'entre eux, elle garantit que ceux qui s'engagent dans une action en ont réellement et la volonté et la capacité. Quant aux Institutions, elles peuvent se modeler chaque fois sur les nécessités et les caractéristiques du domaine considéré au lieu de les coucher dans tous les cas, sur le même lit de Procuste d'un cadre institutionnel immuable.

(...) Une Europe de Souverainistes ne laisserait pas piétiner la souveraineté d'un de ses Etats membres jusqu'au point d'interdire aux Chypriotes d'exercer leur droit d'établissement dans la partie nord de l'île, c'est-à-dire de les priver d'un des droits les plus fondamentaux de l'Union et cela, sur leur propre sol. Une Europe de Souverainistes serait un peu moins prompte à abandonner ses propres principes et à se renier elle-même. (...) Ce qui est donc en jeu, sous la fameuse question européenne, c'est bien de savoir si l'Europe restera dans l'histoire ou sortira de l'histoire. Et, puis, il y a une autre question qui est de savoir si une France sans Souveraineté peut elle-même survivre. Une France sans Etat, sans légitimité, sans politique. Il y a, dans l'actuelle orientation fédérale de l'Europe, une si grande hostilité envers les souverainetés nationales qu'elle finit par "délégitimer" l'Etat, c'est-à-dire l'idée même de l'autorité publique. Le pouvoir a de moins en moins de pouvoir.

(...) Quand il n'y a plus les Nations, on s'expose irrémédiablement à subir le joug des Empires, toujours accompagnés de leur cortège de frustration, de tension et finalement toujours promis à l'effondrement. C'est cette logique là, la logique du dépassement des Nations, au bénéfices des blocs, des Empires et aujourd'hui d'une hégémonie à prétention mondiale qui doit être désormais dépassée afin que nous entrions sans complexe dans un XXIe siècle qui sera, je le souhaite, plus pragmatique, plus fidèle aussi à l'esprit pluraliste de l'Europe.

(...) Nous sommes entrés, avec le pouvoir égalisateur non plus seulement de l'atome mais du microprocesseur et la puce, dans un monde radicalement nouveau, marqué par la combinaison contradictoire de l'infiniment petit et de l'infiniment puissant. Comme le résume Georges Berthu dans son ouvrage "L'Europe sans les peuples" : "Il n'y a plus de rapport entre la masse et la puissance". Ceci vaut pour les entreprises et pour les Nations, pour toutes les organisations humaines".

Note précédente sur Philippe de Villiers : http://pascaljeangimenez.hautetfort.com/archive/2008/06/2...

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12 janvier 2009

HENRI EMMANUELLI

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HENRI EMMANUELLI

C'est dans une lettre ouverte aux socialistes, qu'Henri Emmanuelli (né en 1945) a annoncé son intention de faire publiquement campagne pour le NON à la Constitution européenne, quand le Parti Socialiste a opté pour le OUI lors d'une consultation interne en décembre 2004. Cofondateur avec Jean-Luc Mélenchon du courant Nouveau Monde en 2002, Henri Emmanuelli (www.henriemmanuelli.fr) a estimé que le Parti Socialiste (PS) français et le Parti Socialiste Européen (PSE) "commettent une erreur historique en approuvant le Traité européen. Voter NON, ce n'est pas voter contre l'Europe. C'est la possibilité, qui ne se représentera pas de sitôt, de donner un coup d'arrêt à la dérive libérale qui déchire la gauche C'est saisir la chance de favoriser l'émergence d'un projet euro-progressiste qui rassemble"

Sur France-Info, vendredi 11 mars 2005, il déclare : "Moi je pense que, en conscience, quand on croit devoir défendre une cause parce qu'elle est juste, on doit franchir des lignes. Il y avait une majorité de socialistes pour envoyer un contingent en Algérie, ce n'est pas pour ça que c'était une bonne chose. Il y avait une majorité de socialistes pour voter en 1940 les pleins pouvoirs à Laval : ceux qui ont résisté sont passés à la postérité, ceux qui l'ont fait sont passés dans l'opprobre". Henri Emmanuelli sera cependant contraint de s'excuser le 13 mars 2005 : "Pour illustrer le fait que le parti n'est pas infaillible, j'ai cité deux exemples historiques dont le caractère dramatique peut légitimement choquer (...) je le regrette mais ne suis pas dupe non plus. Je vois bien qu'on préfèrerai discuter de ce genre de choses que du traité européen".

A la Mairie de Montreuil (Seine-Saint-Denis) le 17 avril 2005, Henri Emmanuelli réunit 200 militants représentant "plus de 80 comités pour le NON socialiste" au traité constitutionnel européen, pour "essayer de structurer le NON de la gauche plurielle". Il a fait ses comptes : "La moitié au moins des socialistes, tout le Parti Communiste (PC), un Vert sur deux, une majorité de parlementaires radicaux, la gauche mouvementiste, ça commence à faire du monde". Il est persuadé que "les ingrédients de cette nouvelle construction politique existent", et qu'il faudra en passer par "un nouvel Epinay", comme il le confie au journal Libération le 16 avril 2005, c'est-à-dire un rassemblement des "forces de progrès" autour du Parti Socialiste (PS).

En 1992, alors que François Mitterrand est à l'Elysée, qu'Henri Emmanuelli est Président de l'Assemblée Nationale et que Laurent Fabius est Premier Secrétaire du Parti Socialiste, ils défendent ensemble le traité de Maastricht ratifié le 20 septembre 1992, par 51,05% des français. En déplacement à Hérouville-Saint-Clair le 12 septembre 1992, Henri Emmanuelli déclare : "Les ligueurs du NON tiennent un discours ambigu et font de la supercherie : il s'agit pour eux de piper les dés". Dans son ouvrage "Plaidoyer pour l'Europe" (Flammarion, 1992), Henri Emmanuelli avait également défendu avec conviction le traité de Maastricht.

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09 janvier 2009

LAURENT FABIUS

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LAURENT FABIUS

Laurent Fabius (né en 1946) a voté NON au projet de Constitution européenne.Pourtant sur Antenne 2 en juin 1992, il avait déclaré : "Voter OUI à Maastricht, il s'agit de la plus grande action que l'on puisse faire avant la fin du siècle". Le 29 août 1992, à l'Université d'été du Parti Socialiste (PS), il avait ajouté : "Tous les partis de gauche, dans tous les pays d'Europe sans aucune exception, ont pris position pour le traité de Maastricht (...). Comment peut-on se réclamer de la gauche et tourner le dos à toute la gauche européenne?" Et lors du meeting à Béthune le 12 septembre 1992, il avait conclut : "Partout le monde du travail appelle à la ratification du traité (...). Le chemin social passe par le OUI. (...) Ce traité va permettre des avancées pour le monde du travail; le rejeter quand on est un représentant du monde du travail? On n'y comprend plus rien".

Laurent Fabius (www.laurent-fabius.net) a depuis changé d'idée sur l'Europe. Le Président de la Fondation Copernic (www.fondation-copernic.org), Yves Salesse, a été sollicité dès le début de la campagne référendaire 2005 par l'écurie de Laurent Fabius, pour lui fournir des fiches d'analyse sur le traité constitutionnel. Le Député européen socialiste Henri Weber (www.henri-weber.fr), un ancien de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), a également servi à cette occasion de courroie de transmission.

Face à Gilles Lecler le 17 mars 2005 dans l'émission "Questions Ouvertes" sur France 2, Laurent Fabius a souhaité "faire entendre sa musique", même s'il a refusé de courir les meetings électoraux à l'instar d'Henri Emmanuelli, sans pour autant "taire ses convictions personnelles". Tout en apportant les arguments du NON, Laurent Fabius a poursuivi son numéro d'équilibriste afin de donner l'illusion d'accorder l'inconciliable, le OUI des militants socialistes et son souhait de voir le NON l'emporter : "Le Parti Socialiste, j'en suis un des responsables, a pris une position officielle après le vote des militants. Cette position est favorable au OUI, je respecte cette décision. (...) Beaucoup de socialistes, dont je suis, ont une conviction différente. Et quand le problème est posé aux français, pas simplement posé aux socialistes, il faut exprimer sa conviction".

Son fidèle lieutenant, le député Claude Bartolone a rajouté : "Il y a en France une politique pour faire reculer l'emploi et les services publics et quand on regarde la Constitution on voit les mêmes orientations". Pour lui la directive Bolkestein était "un avant-goût de la Constitution européenne". 

Invité dimanche 8 mai 2005 sur le plateau du journal de 20 heures sur TF1, Laurent Fabius plaide pour le rejet de la Constitution européenne : "Elle risque d'aggraver cette situation, et c'est la première raison pour laquelle je dis NON, parce que je veux une Europe forte mais qui donne du travail et qui garde notre protection sociale. L'autre raison, c'est que cette Constitution risque de cadenasser complètement l'avenir de l'Europe. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais à partir du moment ou on adopterait ce texte il ne pourrait être modifié dans la moindre virgule qu'à l'unanimité. C'est à dire qu'il y en a pour trente ans".

Laurent Fabius s'en prend aux "conséquences" du OUI, renversant ainsi l'un des principaux angles d'attaque dont le camp du NON est l'objet : "(...) Je pense qu'avec ce texte (...) le risque c'est qu'il y ait un décrochage de la situation sociale et économique des français. Pourquoi? Jusqu'à présent l'Europe c'était 6 pays, puis 12, puis 15 pays. Aujourd'hui c'est 25. On va aller vers 30 pays, certains parlent même de la Turquie, je ne suis pas d'accord mais certains en parlent, et désormais il y a une énorme hétérogénéité de situations. Songez qu'en Pologne par exemple le salaire minimum, c'est six fois moins qu'en France. A partir du moment ou on dit la seule règle c'est la concurrence entre tous ces pays, il va y avoir un risque terrible de baisse de nos salaires, de baisse de nos protections sociales, de baisses des pensions. Et il est dit dans ce texte qu'il sera interdit à l'Europe d'aller vers le haut en harmonisant. D'ou le problème des délocalisations".

Pour conclure, Laurent Fabius demande que le traité constitutionnel soit renégocié: "(...) Il faut le renégocier. C'est d'ailleurs écrit noir sur blanc page 186 dans la déclaration n°30. Il est dit : si à échéance de deux ans tous les pays n'ont pas adopté le texte, ce qui est archiprobable, les chefs d'Etat et de gouvernements vont se retrouver...(...) Je ne veux pas d'une Europe, comme aujourd'hui, dictée par la finance. J'ai une expérience de cela, j'ai été Ministre de l'Economie et des Finances. Or je constate qu'aujourd'hui c'est la finance qui domine tout. Moi je veux que la finance fasse la place à l'économie et l'économie surtout au social. Cela nécessite qu'on commence par dire NON et ensuite qu'on rediscute. (...) Il y a des exemples ou la France a dit NON et ce sont de grands exemples. On pense bien sûr à de Gaulle, mais plus près de nous Mitterrand a dit NON à la conception européenne de Madame Thatcher, et lorsque nous avons dit, nous français NON à la guerre en Irak, la France s'est sentie plus forte. Je pense que ce sera la même chose avec cette renégociation".

Dans un entretien accordé au Figaro (10 mai 2005), Roland Dumas "confie" à Myriam Lévy qui lui demande comment il explique l'opposition de Laurent Fabius à ce traité constitutionnel: "C'est purement tactique. C'est une resucée du congrès de Rennes. Laurent Fabius était Premier Ministre lorsque j'ai négocié les traités européens. Je serais le dernier à le taxer d'anti-européen. Mais, dans la situation actuelle, l'Europe n'est pas sa préoccupation. Il sait trop bien comment elle fonctionne pour ne pas mesurer l'incapacité dans laquelle nous nous trouverions si la France votait NON". 

Pour Michel Sapin, ancien Ministre socialiste de l'Economie et des Finances de Pierre Bérégovoy, actuel Président du Conseil Régional du Centre : "(...) Le positionnement de Laurent Fabius est une injure à la morale politique. Il incarne l'insécurité et le cynisme portés à un niveau rarement atteint. (...) C'est la caricature du double discours : "Dire le contraire de ce que l'on fera et faire le contraire de ce que l'on dit". Cette maxime reste sa règle de base. Son attitude me rappelle la girouette d'Egard Faure: Si le vent tourne aujourd'hui, il tournera demain. Quelle sera alors la position de Fabius?" (source : Le Point, semaine du 3 novembre 2005, n° 1729).

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