13 mai 2009

LA PENSEE DE LA MEDITERRANEE

Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur le Dialogue en Méditerranée

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LA PENSEE DE LA MEDITERRANEE

La pensée de la Méditerranée ne peut être que plurielle, à l'image d'une famille composée de plusieurs personnes soumises aux mêmes règles, dont la pensée, c'est-à-dire l'ensemble des facultés psychologiques tant affectives qu'intellectuelles, reflète le caractère de chacun des membres. 

La pensée d'un individu varie de l'un à l'autre en fonction de multiples facteurs insondables. Un montagnard ne pense pas comme un habitant de la plaine. Un citadin n'a pas les mêmes réflexes que celui qui vit à la campagne. Un célibataire ne conduit pas sa vie comme un père de famille nombreuse. Un employé ne réfléchit pas comme son patron, etc ...

Ces variantes dans la façon de penser concernent tous les habitants de la planète, ce qui représente des millions de combinaisons potentielles, chaque homme ayant son propre mode de pensée.

Le climat, la topographie des lieux, les codes sociaux des individus, l'organisation sociale dans lequel ils se trouvent, les pratiques religieuses auxquelles ils se soumettent ou dont ils sont parvenus à s'affranchir, influent certes indéniablement sur la structure mentale de tous les êtres humains, sans toutefois parvenir à tout expliquer. Une part de nous même échappe malgré tout aux constructions intellectuelles rationnelles, ainsi qu'aux manipulations les plus sophistiquées. Rien n'est plus personnel, intrinsèque, magique, inaliénable que la pensée d'un individu qui jouit de son propre libre arbitre.

Les trois religions monothéistes qui se sont progressivement répandues en Méditerranée en fédérant des millions de personnes ont bien entendu contribué activement à former la pensée de leurs fidèles.

En France par exemple, l'Eglise Catholique qui incarne un ordre moral a été très influente et ce jusqu'à aujourd'hui. Sa tutelle sur les consciences lui a permis de régir les comportements, de participer à structurer en partie la société, mais aussi à imposer son autorité au plus haut sommet de l'Etat.

Un sondage de l'Institut Ifop pour le journal La Croix effectué en juillet 2006, montre combien l'impact de l'Eglise Catholique est encore prégnante de nos jours auprès de la population française :

" Quelques années après la seconde Guerre Mondiale, huit français sur dix interrogés par l'Ifop se déclarent catholiques. Cette proportion va rester constante jusqu'aux années 60. On assistera même à un "pic" au début des années 70, avec 87% des français se disant catholiques en 1972. Sans doute faut-il y voir pour partie l'impact de Vatican 2 sur l'image de l'Eglise Catholique mais aussi l'influence de la détente et une confrontation politique et idéologique entre les deux camps, moins virulente au sein même de la société française.

Néanmoins, l'appartenance au catholicisme va connaître un premier recul brutal dès le milieu des années 70 pour se stabiliser ensuite autour de 75% jusqu'a la fin des années 80. Depuis, et ce malgré le pontificat de Jean-Paul II, l'audience du catholicisme a entamé un nouveau mouvement de baisse assez régulier. Au terme de cette évolution, deux tiers des français se déclarent cependant catholiques en 2006". (source : Ifop pour La Croix, "Le catholicisme en France en 2006", juillet 2006).

L'Eglise continue donc à rythmer la vie de nombreux catholiques à tous les stades de leur existence, grâce au lien social qu'elle parvient à maintenir au sein de sa communauté. Ses règles, ses fêtes, sa liturgie, répétées inlassablement et respectées à la lettre chaque année à la même période, imprègnent consciemment et inconsciemment tous les esprits, comme une trace indélébile, contribuant jour après jour à façonner la pensée des gens dans une direction donnée. Les repères qu'elle propose et les valeurs qu'elle défend permettent de s'inscrire socialement dans un groupe constitué.

Ces phénomènes normatifs prévalent autant chez les Juifs, les Chrétiens que les Musulmans sous des formes hétérogènes et à des degrés divers. Les trois religions révélées ne forment pas cependant des blocs monolithiques, dans la mesure ou elles se déclinent en de multitudes branches qui véhiculent des valeurs dissemblables. Toutes les religions ont le privilège de compter dans leurs rangs de sages érudits aux conseils avisés, et par effet de balancier, des extrémistes grégaires, capables d'embraser des foules fanatisées.

La lecture de la Torah, du Talmud, de la Bible et du Coran, offrent une large palette d'interprétations possibles, chacun pouvant y trouver ce qu'il est venu y chercher en fonction de ses objectifs, de son degré d'instruction, de son ouverture d'esprit, ou de son niveau spirituel.

A SUIVRE ...

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07 mai 2009

BREVE HISTOIRE DE LA MEDITERRANEE

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BREVE HISTOIRE DE LA MEDITERRANEE

Il est indéniable que le brassage incessant des civilisations installées sur le pourtour de la Méditerranée a permis à des peuples de quitter graduellement leur condition primitive pour progresser dans le domaine des moeurs, des connaissances ou des idées. Ces peuples ne peuvent pas, non plus, ne pas s'être nourris des trois religions monothéistes aux origines communes qui se sont répondues sur l'ensemble du bassin méditerranéen, et au-delà, jusqu'à imprégner une grande partie de l'Humanité. Leur influence consciente ou inconsciente sur l'esprit des populations est une des composantes majeures des faits qui se sont déroulés en Méditerranée, la source de nombreuses conquêtes relevant souvent de considérations religieuses.

Edgard Nahoum (né en 1921 à Paris), alias Edgar Morin, célèbre sociologue et philosophe français, a parfaitement résumé les influences fécondes de l'entremêlement culturel en Méditerranée, lors d'un discours prononcé en 1994 à Barcelone, quand il reçoit le Prix International Catalunya. Attribué par Generalitat de la Catalogne depuis 1989, doté de 100 000 euros et de la sculpture "La clau i la llettra" ("la clé et la lettre") d'Antoni Tapies, ce prix est attribué chaque année aux personnes qui ont contribué de façon importante par leur travail créatif à développer les valeurs culturelles, scientifiques et humaines dans le monde entier.

Extraits choisis du discours d'Edgar Morin :

"Si mes gènes, si mes chromosomes pouvaient parler, ils vous raconteraient une odyssée méditerranéenne qui partirait à peu près comme celle d'Ulysse, mais plus au Sud, de la Méditerranée asiatique, ce Moyen-Orient d'aujourd'hui; ils vous raconteraient leurs voyages dans l'empreinte romain, leur arrivée dans la péninsule ibérique et en provence, ils vous diraient plus d'un millénaire d'enracinement et près de sept cents années dans une Espagne plurielle aux divers royaume et aux trois religions, jusqu'à pour certains 1492, et pour d'autres le 17e siècle; mes gènes, mes chromosomes vous diraient comment ces ancêtres conversos auront connu pendant deux siècles le baptême de l'Eglise catholique; puis ils vous narreraient leur séjour rejudaïsé dans le grand duché de Toscane à Livourne jusqu'à la fin du 18e siècle, ou poussés par les grands courants de l'expansion économique de l'occident, ils avaient gagné, dans l'Empire Ottoman, la grande cité de Salonique peuplée en grande majorité de séfarades qui parlaient le vieil espagnol antérieur à la jota; puis ils vous diraient le retour vers l'occident au début du siècle, et enfin l'enracinement en France.

Mes gènes vous diraient que toutes ces identités méditerranéennes successives se sont unies, symbiotisées en moi, et au cours de ce périple bimillénaire, la Méditerranée est devenue une patrie très profonde. Les papilles de ma langue sont méditerranéennes, elles appellent l'huile d'olive, elles s'exaltent d'aubergines et de poivrons grillés, elles désirent tapas ou mézés. Mes oreilles adorent le flamenco et les mélopées orientales. Et dans mon âme, il y a le je ne sais quoi qui me met en résonance filiale avec son ciel, sa mer, ses îles, ses côtes, ses aridités, ses fertilités ...

Mes gènes vous confieraient aussi qu'ils ont vécu une expérience typiquement ibérique, l'expérience marrane. Le marranisme n'est pas seulement, comme beaucoup le croient, une façon secrète d'être juif sous le masque chrétien ou une façon d'avoir dissous son ascendance juive dans un christianisme sincère, c'est aussi l'expérience dans un même esprit et une même âme de la rencontre de deux religions antagonistes. Ou bien cet antagonisme produit la dissolution de ce que l'une et l'autre religion ont de formel et dégage alors une prodigieuse combustion mystique, et c'est Thérèse d'Avila. Ou bien le choc des deux religions dissout l'une et l'autre pour faire place au doute et à l'interrogation généralisée, et c'est le cas de Montaigne, lui aussi issu de conversos. Ou bien encore le Dieu transcendant se désintègre et c'est la nature qui devient divine en devenant auto-créatrice, et c'est Spinoza. Et moi oui, je suis mystique certes à ma façon, je suis rationnel, je suis sceptique, et je n'aurais pas été tel sans Séfarad, je veux dire les Espagnes (...)"

(sources : www.archipress.org/morin/mediterranee.htm et www.gencat.net/pic/fra/index.htm)

De tout temps, des peuples, des civilisations ou des communautés ont su tirer profit des aléas de l'Histoire, s'imposer au détirment des autres, s'enrichir par le pillage, échanger des idées ou des procéder, tisser des alliances stratégiques avec les différents acteurs du moment, s'approprier des territoires par la force et la ruse, ect ...

La réalité brutale du cheminement de la Méditerranée est tout, sauf poétique.

A SUIVRE ...

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04 mai 2009

DIALOGUE EN MEDITERRANEE

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DIALOGUE EN MEDITERRANEE

Les spécialistes en géopolitique savent qu'il ne sera pas possible d'amener tout le monde à dialoguer ensemble en Méditerranée. Prétendre le contraire, c'est faire preuve d'une grande naïveté. Les intérêts politiques et économiques de tous les pays du pourtour méditerranéen ne convergent pas dans la même direction. L'intégrisme religieux, qui gagne du terrain, est un facteur aggravant de la situation. Et le poids de l'histoire qui pèse sur les consciences, ranimant à l'occasion les rancoeurs accumulées au fil des ans, - transmis de génération en génération-, constitue également un frein non négligeable à la réalisation de ce grand dessein.

Et pourtant, rien ne pourra jamais réparer les fissures du passé des deux côtés de la Méditerranée, quand le sentiment de victimisation est partagé par une palette aussi large d'individus disparates. Rejeter sur les autres le poids de son passé douloureux est peu constructif. Il est vrai que la capacité de l'histoire officielle à ne retenir souvent qu'une version parcellaire des faits, apporte généralement peu de réconfort à ceux qui attendent une réhabilitation quelconque. La réalité commande de dire que la mise en perspective des évènements, diffère en fonction du camp dans lequel on se trouve. Les vainqueurs ont toujours pris soin également de réécrire l'histoire à des fins de propagande, ce qui ne facilite pas la tâche. A l'ère du politiquement correct, nous avons le tord d'oublier ces réalités triviales, alors qu'elles participent à empêcher l'émergence de la vérité historique.

C'est une raisons pour laquelle la repentance actuelle en vogue, n'apporte aucune solution aux problèmes posés, si ce n'est de faire assumer par les générations suivantes, moralement et/ou financièrement, un passé auquel ils sont étrangers. Quelle valeur cette démarche peut-elle revêtir dans ces conditions ? Cette manière de procéder est d'autant moins perspicace, que la repentance suppose dans son principe, l'idée de disposer de tous les éléments susceptibles d'établir la véracité des faits étudiés. C'est malheureusement rarement le cas. Et lorsque la vérité historique parvient à être établie, il est difficile de déterminer l'interprétation à lui donner, les parties en présence, essayant se s'en emparer à des fins partiales. Les conclusions les plus tangibles peuvent ainsi être contestées indéfiniment. Ressasser la passé n'est donc pas le meilleur moyen pour engager le dialogue.

Il apparaît alors en filigrane la nécessité de changer de schéma mental, c'est-à-dire de façon de penser. Faut-il vraiment blâmer son voisin pour mettre son travail en relief, ou accuser de tous les maux ceux qui ne partage pas vos opinions ? Le syndrome de la pensée unique, rend pénible l'hypothèse que la vérité peut être plurielle. Chacun détient sa part de vérité, nourrie à la fois de son expérience personnelle, son héritage culturel, ses liens sociaux, etc...

La crise financière mondiale, dont les ravages politiques, économiques et sociaux n'en finissent pas de se faire ressentir, présente la caractéristique de redistribuer les cartes géopolitiques. Il est toutefois difficile de pronostiquer les changements qu'elle va entraîner dans nos vies. Cette guerre économique qui ne dit pas son nom est en train de bouleverser nos repères, et nous incite à repenser différemment notre façon d'agir.

Une économie mondiale plus solidaire se dessine, nous obligeant à nous adapter sans cesse à ses exigences pour ne pas mourir. Cette solidarité pourrait voir le jour autour de connexions complémentaires, invitant chaque pays du pourtour méditerranéen à exploiter ses ressources naturelles. Est-il nécessaire de cultiver la fraise dans la région Nord-Pas-de-Calais, quand l'Espagne dispose du climat le plus propice à sa production ? Est-il logique de consommer des fruits hors saison, sous prétexte que la mondialisation offre tous les conforts ?

Si la raison prime sur les intérêts économiques à court terme, les pays méditerranéens devraient pouvoir tirer profit de leurs propres atouts, à condition de pratiquer le juste prix. La crise mondiale qui nous affecte tous, sans distinction de race ni de religion, est opportune pour engager le DIALOGUE. Nous allons avoir besoin de créer ensemble des synergies nouvelles pour faire face aux défis à venir. Ces contraintes structurelles augmentent la probabilité de nous amener à nous découvrir mutuellement, à nous enrichir de nos différences, et à partager le meilleur de nos cultures respectives. Ces échanges vont réduire irrémédiablement l'impact des thèses religieuses obscurantistes, et conduire à faire preuve de plus de tolérance.

Quand la sagesse des hommes ne suffit pas à les conduire dans la bonne direction, les forces de la nature et les crises financières les obligent à reconsidérer leur position pour ne pas disparaître. Le temps des diktats économiques est en passe de laisser le champ libre à une économie plus solidaire. Le DIALOGUE est un atout utile dans ce nouveau monde en construction dans lequel les chefs d'entreprise vont jouer un rôle central. La politique du carnet de chèques qui corrompt les consciences vit ses dernières années de gloire.

A SUIVRE ...

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